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Quand politique et religion font bon ménage?
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Quand politique et religion font bon ménage?
La religion et la politique. «Heureux» mélange. Les célébrations officielles d?Eid-Ul-Fitr étaient encore une fois une occasion de voir à quel point ces deux systèmes sont inséparables. Les invités d?honneur à l?Eid Milan Party étaient le président de la République par intérim, le Premier ministre et le leader de l?opposition. Dans l?assistance, de nombreux ministres, des députés et les diplomates.
Navin Ramgoolam et Paul Bérenger étaient séparés par Raouf Bundhun. Les deux adversaires politiques, crispés, se détendent lorsque le président par intérim arrive. Il a pour tâche de faire le lien entre les deux?
L?Islam et le terrorisme. Deux mots associés à tort et à travers de nos jours. Les intervenants s?évertuent à expliquer à quel point cette notion est erronnée. Gorah Issac, vice-président de la Sunni Razvi Society (organi- satrice de la célébration), affirme que les musulmans ne peuvent que «compatir avec les victimes des actes terroristes et prier pour eux», Le lord-maire, Reza Issac, explique, lui, que le Coran ne permet pas «la tuerie des innocents».
Le trésorier de la société Sunni Razvi, Mahmood Cheeroo, affirme que «nous devrions dire merci que malgré toutes ces calamités et ces actes terroristes, Maurice demeure indemne». Pour le secrétaire géneral de la Chambre de commerce, être un bon musulman veut dire être un bon Mauricien. Déformation professionnelle oblige, Cheeroo ne peut s?empêcher de rappeler que «les temps durs nous attendent». Il se reprend cependant en ajoutant que «ce n?est certainement pas le forum approprié». Le Premier ministre et le leader de l?opposition esquissent un sourire. Cheeroo félicite cependant le Premier ministre pour son voyage en Inde et dit espérer que «la diplomatie économique continuera à être aussi réussie». Paul Bérenger fronce les sourcils?
Appel à protéger la diversité
Mais le leader de l?opposition congratule tout de même «notre Premier ministre pour son voyage en Inde, qui a été un grand succès». Paul Bérenger estime que nous avons tendance à prendre les choses pour acquises sans réaliser que Maurice est un «pays extraordinaire. Nous avons, réunies chez nous, les quatre grandes civilisations, nous sommes l?un des sept pays à faire partie de la francophonie et du Commonwealth. Nous avons une grande chance d?appartenir à ces deux organisations». Sourires de quelques invités qui se souviennent de la menace de Maurice de se retirer du Commonwealth. Paul Bérenger cite Indira Gan-dhi : «We are a great little country».
Paul Bérenger a aussi lancé un appel au Premier ministre pour que Maurice ratifie la Convention pour la protection de la diversité culturelle, adoptée par l?Unesco le 20 octobre. Navin Ramgoolam n?a pas précisé sa position sur cet appel.
Il s?est attardé sur le tremblement de terre en Inde et au Pa-kistan et les récents attentats à New Delhi. «Musulmans, hindous, jeunes, vieux, ils y sont tous passés (?) Tout cela parce que certains n?ont pas apprécié le fait que Musharraf et Manmohan Singh se serrent la main. Comme le disait Mahmood Cheeroo, il y aura toujours quelques personnes pour diviser mais il ne faudrait pas se laisser faire.» Le Premier ministre prend pour exemple le problème du lieu de célébration de la fête Eid. «Inn sanz plas. Enn kout isi, enn kout laba. Kouma dir ena divizion ki pe vini. Pa less zot divize.»
En effet, la cérémonie devait d?abord se tenir à Vallée-Pitot, ensuite à Vallée-des-Prêtres puis à la rue Edgar-Laurent. «parce qu?on ne pouvait pas admettre les femmes dans les autres endroits», a déclaré Gorah Issac. Les seules trois femmes de l?assisance étaient des journalistes?
Raouf Bundhun s?est excusé auprès des diplomates avant de parler créole. «Je sais que vous ne comprenez pas, mais c?est notre langue.» Il a rappelé les bagarres raciales et s?est réjoui qu?elles sont «derrière nous».
Alouda, catless et gâteaux furent servis et les diplomates sont partis tout sourire, oubliant qu?ils n?ont pas tout compris des discours. Les politiciens partageaient cette bonne humeur tandis que la fête se poursuivait pour nos compatriotes musulmans?
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