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Blanchiment : une mauvaise note malgré les bonnes actions

26 octobre 2005, 20:00

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En attendant que la loi contre le blanchiment d?argent blanchisse notre image, celle-ci reste terne. Maurice est citée comme un des Etats insulaires les plus touchés par le blanchiment d?argent dans un rapport du Département de recherche sur les menaces criminelles de Paris.

Selon le professeur Indur Fagoonee, qui intervenait hier lors d?un séminaire sur le blanchiment d?argent, organisé par l?Institute for Security Studies, le pays est à la troisième place sur la liste des micro-Etats victimes de blanchiment, laquelle comprend la plupart des paradis fiscaux. L?offshore mauricien est de nouveau montré du doigt.

Le vice-Premier ministre a choisi de voir l?autre côté de la médaille : Maurice reste, malgré tout, le bon élève de la Banque mondiale en matière de prévention puisqu?elle remplit un grand nombre de normes établies par l?institution internationale, a rappelé Rashid Beebeejaun. ?Mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers (?) et il est important de renforcer nos institutions à travers la formation de ceux qui combattent la délinquance financière?, a-t-il cependant ajouté.

Le ministre des Finances suppléant, Vasant Bunwaree, a rappelé les lois votées dans cette optique : Financial and Intelligence and Anti-Money Laundering Act, le Prevention of Terrorism Act et le Prevention of Corruption Act. Il a cité Maurice en exemple dans la lutte contre la corruption et le blanchiment d?argent de même que le financement des activités terroristes.

Vasant Bunwaree a comparé Maurice aux pays africains, une comparaison qui est à notre avantage. Maurice est l?un des rares pays de la région de l?Afrique de l?Est et du Sud à être dévoué à la lutte contre le blanchiment d?argent et le financement du terrorisme, a-t-il déclaré. ?Le blanchiment est devenu un phénomène global et constitue non seulement une menace pour le secteur financier mais aussi une menace pour la structure de la société (?) Maurice assume pleinement ses responsabilités et fait tout son possible pour préserver et améliorer sa réputation.?

Le Botswana, le Kenya, le Malawi, le Mozambique et la Namibie étaient également représentés à ce séminaire, à l?initiative d?une organisation sud-africaine.

RESPONSABILITÉ

<B>Bhadain appelle les banquiers à ?donner l?exemple?</B>

■ Roshi Bhadain a consacré son intervention à la responsabilité des banques. Le blanchiment d?argent, c?est d?abord leur affaire, de l?avis du nouveau directeur des enquêtes de la commission anti-corruption. Si la législation nouvellement introduite constitue une révolution, elle en appelle une au sein du milieu bancaire. Face au dilemme entre protéger à tout prix la confidentialité et dénoncer la moindre activité suspecte, les banques doivent savoir que tout acte suspect doit faire l?objet d?un rapport aux organismes comme la Financial Intelligence Unit (FIU) qui réfère le cas à l?Icac. Celle-ci dispose d?une période de sept jours maximum pour effectuer l?enquête préliminaire. La règle de confidentialité est certes toujours de mise, a-t-il ajouté, mais les banques doivent introduire la culture de la conformité (?compliance culture?). Roshi Bhadain insiste sur le fait que les conseils d?administration et les chefs de départements des banques doivent ?donner l?exemple?. Il est aussi important de former le personnel des banques. Celui-ci doit être en mesure de dépister des activités suspectes et de les traiter suivant la procédure prévue par la loi. Roshi Bhadain préconise même l?introduction d?un manuel avec des instructions de base quant à la procédure à appliquer.

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