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En rire ou en pleurer?
La liberté, affichée et dessinée. Thèmes abordés : la politique, les maladies morales et physiques du monde et autres fléaux. C?est sur cette note que s?est ouverte, hier, l?exposition ?Upfront and Personal? organisée par la British Council au Quality Living Centre à Castel.
?The freedom of expression embodied in such graphics can be a powerful force in commenting on human affairs?. C?est ainsi que se définit cette démarche qui met en lumière l?avancée de l?impact visuel en trente ans.
La saveur créative émane de ces photographies, publicités et caricatures des trois dernières décennies. Réunissant une pléiade d?artistes, l?exposition séduit le regard et suscite les réflexions. La palette d?agences de publicité du monde entier et les caricaturistes mauriciens font bon ménage. Plusieurs branches se dessinent : passant par le sud de l?Afrique, remontant le long du continent, jusqu?aux rivages de l?Angleterre.
Certaines affiches, incisives de par leurs thèmes et d?autres, satiriques ou subtilement moqueuses, attirent tout de suite l?attention. Comme ce visage derrière les barreaux, ravagé, bafoué et ridé : l?affiche Release Nelson Mandela a été réalisée en 1988 par Surinder Singh pour promouvoir le mouvement anti-apartheid. Le poster parle pour les yeux et se fait défenseur des opprimés.
Caricaturistes mauriciens
Ou encore Wish we weren?t here de Martin Rowson d?Angleterre, créée en 2003. C?est une bande dessinée démontrant le chaos mondial, où l?encre dépeint l?immoralité de la guerre. Vision d?un monde métamorphosé en souffre-douleur. ?At the time of war in Iraq to oppose war and raise funds for the stop?. Lutte contre les guerres. Refus d?un univers où le déchirement humain l?emporte sur la paix.
Côté mauricien, l?humeur est tout autant poignante. Plusieurs affiches publicitaires s?entremêlent. Notamment celle de Publico, avec cette campagne saignante ?Ler ou rapé à 50 km/h ou sape depi 4 létaz, kalkilé aster??. La ?râpe? ensanglantée qui a su capter et choquer la population lors de sa parution sur nos billboards en 2002. Sensibilisation pour le ministère des Infrastructures. Mais c?est l?agence de publicité Circus qui prédomine à cette exposition. Avec des bandes qui défilent comme des pellicules. Campagne pour ?nou partaz nou valer ? et diverses publicités pour le compte de l?association Pils en 2004 : ?Pils presents Out of tracas.?
Les caricaturistes s?offrent aussi une place dans ce beau faisceau de créativité. Par exemple une des ?uvres d?Abdool Kalla, caricaturiste de l?express, montrant Rama Sithanen, ministre des Finances en 1991 arborant une étiquette : ?P.A.Y.E. et tais-toi !? Une caricature, ?Au nom du fisc?, qui parle plus qu?un article diront certains. La politique satiriquement dépeinte.
Les caricatures de Deven Teeroovengadum jouissent d?une large couverture. Celle de 2003 fait sourire. Paul Bérenger, posant joliment devant le président Jugnauth, dans un costume de cowboy. A ce dernier de répliquer : ?Kit foi to croire bann américains là pou vini habiyé en ségatier?? Pour ceux qui n?auraient pas compris, l?explication est donnée. ?President Jugnauth enquires whether Bérenger, well-known for his choice of outfits appropriate to the ethnicity of his audiences, is dressed to meet Georges Bush?. De quoi attiser la curiosité et provoquer l?hilarité !
A l?affiche jusqu?au 12 novembre, ce voyage dans le temps de la liberté d?expression étonne aussi. Tant les affiches, photographies ou caricatures respirent l?innovation. Ce qui est certain, c?est que cette exposition démontre, le plus fidèlement possible, comment les affiches ont évolué à travers trois décennies. L?avancée créative est bien entamée?
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