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La Constitution irakienne a été adoptée

26 octobre 2005, 20:00

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Par près de 79 % des voix, les électeurs irakiens ont ratifié le projet de Constitution qui dote leur pays d’un régime parlementaire et fédéral, mais des responsables sunnites ont qualifié de frauduleux les résultats du référendum du 15 octobre publiés mardi.

Sur l’ensemble du territoire, le “oui” l’a emporté avec 78,59 % des suffrages, contre 21,41 % pour le “non”, ont annoncé les responsables de la commission électorale lors d’une conférence de presse. La participation ressort à 63% des inscrits, en hausse par rapport aux élections législatives de janvier - un succès pour les autorités américaines et le gouvernement transitoire irakien, dominé par les chiites et les Kurdes.

L’issue du référendum a été jugée digne de foi par une représentante des Nations unies en Irak et par les responsables de la commission électorale. “Le résultat est exact. Il a été vérifié selon les procédures que nous suivons tous lorsque nous avons des élections. Il a été audité, contrôlé. Cela a été véritablement mené de manière très professionnelle”, a déclaré Carina Perelli, directrice de la Division de l’assistance électorale de l’Onu, qui s’exprimait à Bagdad après la publication des résultats. Des voix se sont toutefois élevées dans la minorité sunnite, écartée du pouvoir après en avoir détenu tous les leviers sous le régime de Saddam Hussein, pour crier à la fraude.

Les sunnites avaient obtenu dans les jours précédant la consultation plusieurs amendements au texte visant à contrecarrer, selon eux, les risques de dérives sécessionnistes et de partage inégal des ressources pétrolières. “Nous savons tous que ce référendum était une fraude menée par une commission électorale qui n’est pas indépendante, elle est contrôlée par les occupants américains et devrait démissionner avant les élections législatives de décembre”, a réagi mardi Hussein al Falloudji, membre de la délégation sunnite qui a participé à la rédaction du texte.

Plusieurs provinces chiites et kurdes ont approuvé le texte à plus de 95 %. Mais dans la province d’Anbar, où les sunnites sont dominants, le texte qui instaure le fédéralisme a été rejeté par près de 97 % des votants. Ces disparités illustrent le caractère “multiethnique et multiconfessionnel” de l’Irak que sanctuarise la nouvelle Constitution, même si elle stipule que “l’islam est la religion officielle de l’Etat et une source principale du droit”. Une autre province, Salahaddine, d’où est originaire Saddam Hussein, a massivement voté “non” (82 %).

Les résultats de ces deux provinces étant déjà publiés, la dernière inconnue portait sur la province de Ninive, où vivent nombre de sunnites et qui aurait pu faire basculer le scrutin. Les règles référendaires prévoyaient en effet que le projet de Constitution soumis à la ratification des 15 millions d’électeurs irakiens serait rejeté si trois provinces au moins le refusaient à la majorité des deux tiers. Mais le “non” n’a totalisé que 55 % des voix dans la province de Ninive. Il n’a été majoritaire dans aucune autre des 18 provinces.

<B>Claudia PARSONS

Michael Georgy

© 2005 Le Monde News Service</B>

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