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Le conflit familial pousse au suicide

25 octobre 2005, 20:00

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Une tentative de suicide sur trois chez les individus de 10 à 40 ans est liée à des conflits familiaux. Les autres raisons principales qui poussent au suicide sont les ruptures relationnelles (27,8 %) et la violence conjugale envers les femmes (13,3 %). Contrairement à ce que l?on aurait pu croire, les problèmes financiers ne viennent qu?en cinquième position (6,5 %), le chômage au septième rang (4,6 %) et les résultats décevants aux examens en neuvième position (2,4 %).

Telles sont les conclusions d?une étude nationale sur les facteurs de risques au suicide et sur ceux qui protègent contre cet acte en passe de devenir un problème de santé publique à Maurice. Ces conclusions seront rendues publiques demain. L?étude avait été commandée par le ministère de la Sécurité sociale au Mauritius Institute of Health. Elle a privilégié la méthode de cas-témoins : une comparaison entre 400 personnes ayant fait une tentative de suicide avortée et 800 autres du même âge, de sexe identique et habitant le même quartier.

Il a été constaté qu?une personne sur trois ayant tenté de se suicider a fait une ou deux tentatives antérieures. Les méthodes privilégiées sont celles à portée de main pour plus de 85 %. Il s?agit pour la plupart d?insecticides, de pesticides (54,2 %) et des médicaments prescrits mais absorbés en surdose (37,8 %). Les femmes (53,5 %) et les jeunes (près de 50 %), célibataires ou mariés, d?un niveau d?éducation peu élevé ou au chômage et vivant en régions rurales, constituent la majeure partie des tentatives de suicide.

Les facteurs de risques sont classés en trois niveaux. D?abord, individuel : la mort d?un parent durant l?enfance (42,5 %), la consommation d?alcool (41,6%), les problèmes financiers (38 %), le récent décès d?un parent (29,5 %), la perte d?emploi (29 %), un chagrin d?amour (22,8 %), des accidents graves durant l?enfance (5 %) et se savoir atteint d?une maladie incurable (2,8 %). Les abus physiques, sexuels et psychologiques durant l?enfance ou des maladies mentales sont aussi en cause. Mais ils sont davantage susceptibles de provoquer une dépression menant au suicide.

Les disputes entre conjoints

Au niveau social, la tentative de suicide est souvent causée par un environnement hostile où la violence familiale prédomine (38,5%). Là où la drogue se vend (pour 24,8 %), où existent de nombreux délits (20,8 %) et vols (40,2 %) sont aussi cause de ce mal.

En ce qui concerne le niveau familial, les dysfonctionnements dans les relations (principalement les disputes avec les parents et entre conjoints pour 71,8 %, et avec les beaux-parents pour 28,1 %) sont les facteurs de risques les plus cités.

En revanche, il existe des facteurs qui protègent du suicide. L?environnement où existe l?entraide (82,4 %), où le voisinage est sûr (78,5 %), où les parents se soucient de leurs enfants (71,9 %), minimise les risques. Les sportifs et ceux engagés dans un travail social sont peu enclins à mettre fin à leurs jours.

Cette étude fait des recommandations pour la prévention et l?action post-suicidaire, dont le suivi des comportements à risque. Une formation doit être donnée à ceux qui animeront les programmes de prévention. Il est aussi demandé des règlements pour restreindre l?accès aux produits courants utilisés dans les tentatives de suicide, de même que l?éducation du public pour que le suicide ne soit plus un tabou est recommandée. Le rapport propose aussi la formation de groupes de survivants, ceux avec une dépendance à l?alcool, à la drogue, ou qui souffrent d?une maladie mentale : ils doivent être encouragés à rechercher de l?aide auprès des instances appropriées.

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