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Une opération, deux procès

25 octobre 2005, 20:00

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Marie-Lourdes Ha Soon, une habitante de la rue d?Entrecasteaux à Port-Louis, réclame des dommages de Rs 1,8 million au Dr Preetidev Ramdawon. Le litige concerne des séquelles dont souffrirait la plaignante à la suite d?une intervention de chirurgie esthétique pratiquée par le médecin. Celui-ci se défend : sa patiente n?aurait pas suivi ses consignes à la lettre. Il a même entré une contre-réclamation de Rs 2 millions contre elle, estimant que celle-ci l?a diffamé en l?accusant de négligence médicale. A la dernière audience en Cour suprême, l?affaire a été renvoyée à un an, soit au 31 octobre 2006.

Dans sa plainte, Marie-Lourdes Ha Soon raconte : à la suite d?une annonce publicitaire parue dans la presse, elle consulte le médecin, à Quatre-Bornes, pour une liposuccion aux jambes. L?intervention est fixée au 17 novembre 1998. Le jour même de l?opération, elle lui remet Rs 15 000. Conformément au traitement prescrit, elle se fait une injection quotidienne, à Rs 600 chacune, pendant les dix jours suivant. Toutefois, après les dix jours, son état de santé se détériore et elle montre des symptômes d?une infection.

Sur les conseils d?un autre médecin, elle est admise à la clinique de Lorette. Elle a dû subir deux interventions chirurgicales correctives qui lui ont coûté Rs 250 000. Depuis, elle ne peut aller travailler au casino et subit ainsi des pertes de revenus. Mariée et mère de trois enfants, la plaignante dit avoir subi des dommages moraux de Rs 500 000 et des dommages esthétiques évalués à Rs 1 million. Avec les frais médicaux, le total de la réclamation s?élève à Rs 1 821 080.

Dans sa version, le médecin soutient que la patiente a été avertie des risques que comporte une liposuccion. Il avance que la patiente a volontairement interrompu le traitement prescrit en prétextant qu?elle devait accompagner sa s?ur, venant de Belgique, dans ses visites dans l?île. Le médecin précise qu?il avait recommandé du repos à sa cliente, avec un suivi médical permanent. De plus, Marie-Lourdes Ha Soon lui aurait confessé avoir consommé une soupe de poulet, malgré ses instructions de ne manger que des plats végétariens après l?opération. Sans compter que la patiente, dit le médecin, avait cessé de prendre les médicaments prescrits.

Le Dr Ramdawon a, lui, logé une contre-réclamation de Rs 2 millions à la patiente, pour motif de déclarations fausses et malicieuses. Il déclare que Marie-Lourdes Ha Soon a accordé des entretiens à la presse, ce qui lui aurait porté préjudice. Il demande également que la réclamation de la plaignante soit rejetée pour abus de procédure.

Marie-Lourdes Ha Soon est défendue par Me Dick Ng Sui Wah, avocat, et par Me Bebakur Rampoortab, avoué. Le médecin est représenté par l?avocat Maxime Sauzier et l?avoué Sivakumaren Mardemootoo.

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