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Le théâtre, ces solitudes mises en commun

23 octobre 2005, 20:00

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Festival inégal. Bourré de bonnes intentions. Mais de celles qui justement vous mènent droit en enfer. Les organisateurs ? agence Immedia et la mairie de Port-Louis - ont eux-mêmes établis les pôles d?intérêt de la quatrième édition du Festival de théâtre, qui s?est achevée hier.

En ouverture les excellents Réunionnais du centre dramatique de l?océan Indien, avec un de ces Médecin malgré lui à vous rendre malade ( dans le sens ?accro à?) de théâtre. De l?audace, de l?humour, de la générosité, de l?énergie. Rien ne manquait. évidemment, c?est sûr qu?un comédien de la trempe de Kristof Langromme ? un habitué de la scène mauricienne ? est plus près du professionalisme (que ne le seront jamais ?) les ?semi-professionnels? triés sur le volet par les organisateurs.

En guise de clôture : du Miselaine Soobraydoo en pleine mutation. Fini le ?fer riyé?, le gag à tout prix. Enter une sensibilité plus réfléchie, voire d?humour noir. Une critique encore plus acerbe qu?avant d?une situation vécue. Les tics d?un vieux ? éléments centraux de la plupart des pièces signée Soobraydoo ? ne sont plus là pour nous égayer à chaque mouvement. Ils marquent désormais une étape de la vie.

La création est-elle en train de stagner ?

C?est un peu comme si l?auteur attitré des Komiko s?était dit, ?Nous sommes tous de futurs vieux potentiels, alors pourquoi se contenter de s?en moquer. Pourquoi ne pas chercher plutôt à comprendre?. C?est ce que Miselaine a fait. Avec succès.

Entre ces deux paroxysmes d?émotion : plusieurs copies à revoir. Notamment là où l?on a fait grand cas du décor et des accessoires. Ils finissent par étouffer les comédiens, comme c?est le cas pour la malheureuse jeune fille littéralement asphyxiée par son costume de renard, dans l?adaptation de Le Petit Prince proposée par l?Atelier Pierre Poivre. Avoir recours à du maquillage ? même du type face painting qui se pratique au ?coin des enfants? des kermesses, aurait épargné au spectateur un phrasé inaudible et à elle, une performance sans reconnaissance.

La création est-elle en train de stagner ? Où sont les idées nouvelles ? Pas moins de quatre des sept pièces présentées puisent dans le répertoire existant. La Mauritius Drama League a repris une pièce écrite et jouée dans les années 80. Les Rodriguais de Dark Crystal nous ont lu une page de la bible avec Mission à Damas. Comme nous l?avons mentionné plus haut, l?Atelier Pierre Poivre a mélangé adaptation et spectacle de fin d?année d?école primaire avec Le Petit Prince de St Exupéry. L?Academy of Film and Theatre ont repris une légende locale ? celle du pauvre laitier qui trouve un ?uf en or dans Sone ka anda.

La Trup Sapsiway s?est, elle démarquée de cette tendance avec Les Chiommes. Plus engagée politiquement, plus virulente dans la langue utilisée. Une bouffée d?air frais. Saluons au passage tous les nouveaux comédiens qui savent tout donner sur scène. Persévérez.

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