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Les importateurs sur la corde raide

22 octobre 2005, 20:00

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Importation de 75 tonnes de lait de l?Inde par la State Trading Corporation, projets d?importer le lait d?Australie, d?Argentine et de Hollande à meilleurs prix : ces décisions du ministère du Commerce sonneraient-elles le glas pour les importateurs locaux de lait ?

Ces derniers broient du noir pendant que Rajesh Jeetah se réjouit de la nouvelle baisse de prix du lait écrémé, intervenue hier. Il se dit surpris par la baisse de certaines marques qui affichent une réduction de Rs 70. « J?ignorais que les prix du lait écrémé baisseraient autant. La nouvelle baisse aurait dû prendre effet à partir du 10 août. Mais le retard des importateurs à nous soumettre leur cost insurance freight a retardé le travail des officiels de mon ministère », explique-t-il.

Les importateurs, quant à eux, disent accuser le coup une nouvelle fois et envisagent d?autres solutions afin de garder la tête hors de l?eau. Happy World Foods, qui importe le lait Twin Cows, se plaint d?un manque à gagner d?environ Rs 5 millions depuis la baisse des prix. La compagnie étudie donc sérieusement l?option d?importer du lait déjà empaqueté. « Il nous coûtera plus cher, mais nous permettra de subir moins de pertes », explique un cadre. Ce scénario pourrait changer si l?État leur accorde une allocation pour l?empaquetage. « On reste dans l?expectative. »

D?autres importateurs de lait en vrac déclarent être dans l?impasse. L?un d?entre eux envisage de réduire le personnel de son unité d?empaquetage. Pour un autre, c?est le spectre de la fermeture qui plane sur l?entreprise. « On demande au gouvernement d?être très attentif à ce sujet. Ce n?est pas le moment de faire perdre leur emploi aux gens », souligne un distributeur.

Pour certains, la course a été faussée dès le départ. « Il aurait fallu un same level playing field dans le secteur », déclare Paul Ah Lim, directeur général de New Zealand Milk, un des plus gros importateurs de lait en poudre.

Depuis le 10 août, dit-il, le gouvernement a fixé à 14 % la limite maximale du mark-up, c?est-à-dire la marge de man?uvre des opérateurs depuis l?arrivée du lait à sa vente au consommateur. Ce qui inclut tous les frais que nécessite le processus de commercialisation de ce produit.

Or, il existe deux catégories d?importateurs : ceux qui importent le lait empaqueté et ceux qui l?importent en vrac pour l?empaqueter à Maurice. Les deux sont soumis au même mark-up. Or, ceux qui importent le lait en vrac soutiennent que ce dernier ne tient pas compte des 10 % attribués aux frais d?empaquetage, ce qui réduit alors leur marge de man?uvre à 4 %. D?où, leur sentiment de ne pas être placés sur le même pied d?égalité.

En attendant, les petits opérateurs sont les premiers à tomber. Latrobe Ltd, distributeur du lait Snowy, a déjà mis la clé sous la porte.

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