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Quand les femmes sont en panne
Orgasme, connaît pas, jamais entendu parler. Désir et plaisir lors des rapports sexuels envolés depuis longtemps, c?est le désert complet. Rapports pénibles, douleurs et irritations, des unwelcomed visitors, toujours au rendez-vous.
Ménopause, grossesse, champignon ont entravé le plaisir sexuel. Les scénarios sont loin d?être exhaustifs en matière d?insatisfaction sexuelle. Elle ne veut pas mais il veut, parfois elle ne cède pas, d?autres fois elle accepte pour avoir la paix mais elle n?a pas de plaisir. Elle n?éprouve plus de désir pour lui, elle attend que ça s?arrange mais comme ça ne marche pas, elle fait semblant. Elle est complexée par son physique et cela gâche sa vie sexuelle. Elle se sent toujours déprimée après l?amour, elle a honte d?elle. Elle voudrait qu?ils puissent s?aimer sans sexe?
Ce n?est jamais chose facile que d?aborder les dysfonctionnements sexuels, surtout quand il s?agit des femmes, car la sexualité reste un sujet tabou. Pourtant, la santé sexuelle est reconnue par l?Organisation mondiale de la santé (OMS) comme partie intégrante de bien-être auquel chaque individu a droit.
Et si vous interrogez les gens autour de vous, vous constaterez que les pannes sexuelles arrivent à tout le monde un jour ou l?autre. Ces troubles existent bel et bien, ce n?est pas une invention des laboratoires pharmaceutiques et les femmes n?y échappent pas. Si le problème peut être transitoire et disparaître comme il est arrivé, il peut aussi perdurer et faire de votre vie un enfer.
« L?essentiel est d?avoir le courage de voir ce qui ne va pas, de se poser des questions et de se prendre en charge », avance Vyasen Pyneeandee, gynécologue, et d?ajouter que ce sont les mythes culturels, le manque d?éducation sexuelle qui amènent cette inhibition.
Alors, que faut-il faire quand une femme est confrontée à ces troubles sexuels ? Trouver l?erreur, mais la recette n?est pas simple car beaucoup de choses entrent en jeu. « Les angoisses, la culpabilité, le manque de communication, une situation de conflits. La fatigue, les soucis professionnels, le laisser-aller, les dysfonction- nements physiologiques, le seul intérêt du couple concernant les enfants et non plus le partenaire, autant de facteurs qui peuvent expliquer une absence de désir », fait ressortir la psychosociologue Mélanie Vigier de Latour.
Certes avec la formule transport, boulot, dodo, les femmes ont parfois tendance à faire passer les galipettes après tout le reste, et moins on fait l?amour, moins on a envie. Le désir sexuel s?émousse alors. Stress et surmenage ont le chic de réduire le désir.
Les traumatismes sexuels compliquent encore plus les choses, sans parler des variations hormonales, ou du manque d?affection dans le couple. « La cause peut être physique : une malformation génitale, des problèmes gynécologiques, mais aussi psychologique. Des médicaments à base d??strogènes, des lubrifiants naturels ou une intervention chirurgicale sont alors nécessaires. Et une psychothérapie peut, dans la majorité des cas, arranger les choses », explique le gynécologue.
Redonner confiance à la femme
Le médecin préconise le dialogue. Il s?agit alors de redonner à la femme confiance en elle, de lui faire mieux connaître son corps si elle souffre de vaginisme. Il est également important de discuter avec le couple car le partenaire a souvent un rôle dans les troubles sexuels de la femme. En effet, une méconnaissance de la sexualité féminine est parfois la clef du problème.
« Les hommes ne se rendent pas toujours compte que s?ils peuvent prendre du plaisir plus vite, pour les femmes, il y a plusieurs plateaux d?orgasme. » Pour réactiver le désir, le médecin propose des massages, l?utilisation d?huiles essentielles ou encore d?objets visuels qui agissent sur le cerveau.
« Les gynécologues disposent aujourd?hui des moyens pour augmenter la taille du point G, ce qui augmente l?orgasme. Il y a une opération à faire », poursuit le médecin qui explique que le point G est une zone érogène située en dessous de l?urètre, à six centimètres de la vulve.
Que ce soit clair, si on peut avoir recours à une alliance entre médicaments et psychothérapie, il n?existe pas de pilule de l?amour. Tout va dépendre de vous, de votre volonté de vouloir trouver une solution à vos problèmes. L?amour ne se mesure pas qu?à la quantité des rapports sexuels, bien qu?il paraît que faire l?amour, c?est bon pour la santé.
COMMENT FONCTIONNE LE DESIR ?
Les troubles du désir sont plus souvent évoqués par les femmes que par les hommes. Généralement l?homme a plus envie que sa partenaire, ce qui peut gêner le couple à long terme. Contrairement à celui des hommes, le désir féminin est lent à s?installer et est plus attaché aux dimensions relationnelles. Le désir peut être bloqué par des problèmes psychologiques, corporels ou émotionnels. L?absence de désir est parfois liée à l?absence de plaisir. Chez les femmes, certaines variations du désir peuvent être liées au cycle menstruel. Sous l?effet des sécrétions hormonales, le désir augmente généralement lors de la période pré-ovulatoire.
Il peut varier également avec les événements de la vie, tant sur le plan professionnel, financier, social, que relationnel. Le désir est lié à la psychologie émotionnelle pour les deux sexes, mais aussi aux réactions métaboliques et physiques de l?organisme. Le désir est stimulé par les différents sens (vue, ouïe, odorat, toucher) dont les réactions sont enregistrées puis activées par les cellules nerveuses. L?hypothalamus, qui est le relais entre le système hormonal et le système nerveux, entre ensuite en jeu. Un mécanisme complexe de transmissions de messages au niveau des cellules nerveuses et du système hormonal se met alors en place. L?hormone du désir chez la femme est la progestérone (sécrétée à partir de l?ovulation), et sa carence pourrait réduire sa libido. Le stress, la fatigue, les excitants perturbent les glandes surrénales, celles qui justement participent à la synthèse de la progestérone et de la testostérone chez l?homme.
Les troubles sexuels expliqués par le docteur Pyneeandee
L?absence d?orgasme
L?orgasme est la manifestation physique de l?extase qui emporte, du plaisir absolu, le corps, le c?ur et la tête à la fois. Beaucoup de femmes se plaignent de ne pas atteindre un tel degré d?excitation. Certaines vivent l?anorgasmie, absence totale d?orgasme, d?autres parviennent à un orgasme partiel, clitoridien ou vaginal. Pour traiter ce trouble, il faut s?intéresser soit aux blocages psychologiques personnels de la femme (peur de se laisser aller, culpabilité face au plaisir) ou aux problèmes relationnels : manque de communication avec le partenaire, méconnaissance du plaisir féminin. Il y a des techniques à mettre en pratique : séduction, activités ludiques, érotisation des préliminaires?
La frigidité
On appelle frigidité ou anaphrodisie, l?absence de satisfaction sexuelle au cours d?un rapport sexuel normal. Les femmes qui en souffrent sont indifférentes au coït, et il y a une absence de plaisir vaginal. La frigidité peut disparaître quand certaines conditions psychologiques et positions copulatrices sont réunies. Il faut revoir l?histoire des parents, les conditions de l?éducation sexuelle ou son absence. Il y a peut-être eu des épisodes traumatisants pendant l?enfance ou l?adolescence. La frigidité peut également être provoquée par un mari trop ardent, pas assez tendre ni patient, ce qui amène la femme à se renfermer dans sa coquille. Ce trouble peut être physiologique, s?il est lié à des problèmes hormonaux, à une malformation organique, à la prise de médicaments tels que les neuroleptiques, les tranquillisants ou somnifères. La redécouverte du corps, de la sensualité et la communication au sein du couple sont les meilleurs moyens pour y remédier.
Le vaginisme
Qui dit vaginisme, dit interdiction de toute pénétration vaginale. L?orifice vaginal se renferme à chaque tentative de pénétration, et il y a une contraction involontaire des muscles péri-vaginaux. Il se peut alors que la femme connaisse mal son corps et se représente le vagin comme étant étroit. Le vaginisme peut aussi être une réaction due à une infection vaginale, un accouchement difficile, un traumatisme sexuel. Le traitement consiste à cerner l?origine du problème, à amener la femme à reprendre confiance en son corps et en son partenaire. Il faut toutefois noter que certains couples développent une sexualité sans pénétration et que le vaginisme n?empêche pas les orgasmes clitoridiens. D?ailleurs, 60 % des femmes seraient clitoridiennes.
Les dyspareunies
Sécheresse vaginale, inflammation vulvaire et vaginale, maladies sexuellement transmissibles, fibrome, cicatrisation sensible, endométriose peuvent faire que la pénétration s?avère désagréable et douloureuse. 20 % des femmes souffriraient de ce trouble. Le prolapsus, descente des organes sexuels gêne aussi la relation. Une prise en charge médicale suffit alors pour rétablir la situation. Les facteurs psychiques sont à considérer. Ce peut être une frigidité douloureuse.
Les autres troubles
La ménopause et la sécheresse vaginale qui en découle, de manque de lubrification, l?incontinence urinaire etc. peuvent influer sur le désir sexuel. Les traitements hormonaux substitutifs devraient alors faire l?affaire. Après un accouchement, une femme peut éprouver des douleurs et des déséquilibres hormonaux aggravés par l?épisiotomie, incision pour éviter le déchirement du périnée pendant l?accouchement. Il y a même des femmes dont le vagin laisse échapper de l?air (dû à une faiblesse de la paroi vaginale postérieure) pendant et parfois en dehors de l?acte. Cela les gêne et les complexe. Une chirurgie est alors pratiquée.
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