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Les super Héros
Ils sont sur les ondes des radios. Ils font la une des journaux. Ils tonnent. Ils menacent. Ils vont changer le monde ou du moins les secteurs dans lesquels ils évoluent. Signe particulier de ces super héros : leurs discours commencent par «je» et se terminent par «moi». Ce sont de longs vibratos égocentriques où ils exultent leur capacité d?action et leur efficacité. C?est la nouvelle race de décideurs et dirigeants nommés à la tête de certaines institutions. Heureusement qu?il y a des exceptions. Des hommes qui savent qu?action rime avec discrétion. Qu?efficacité se conjugue avec vision. Mais, pour les autres, il y a lieu de désespérer.
Qu?est-ce qui pousse ces individus à agir ainsi ? Une exigence de résultat ? Une obsession de se démarquer de leurs prédécesseurs ? La conviction qu?ils peuvent tout réinventer ? Sans doute un peu de tout cela. Mais il importe aujourd?hui, au-delà du sarcasme, d?appeler à un peu de modération et d?humilité. La précipitation ne conduit à rien de concret sinon au chaos. Et le nombrilisme contient en lui-même les germes de sa destruction.
A la police, à la MBC, à la NATReSA? Il règne une atmosphère délétère. Parce que des intrépides, inconscients de la portée de leurs actes et paroles, imposent leur monomanie. Du coup, le changement perd de son sens. Parce que souvent, on ne change que pour changer. Allez comprendre cette logique ! Il faut montrer sa différence. Il faut se débarrasser de l?étiquette d?immobilisme rattachée au premier règne de Navin Ramgoolam. C?est ainsi que des exécutants deviennent des zélateurs qui tirent sur tout ce qui bouge, agissent sans planifier et surtout, discourent sans réfléchir. Le pouvoir a intérêt à retenir certains de ses hommes s?il ne veut pas à terme souffrir de leur amateurisme patent et grotesque.
Désormais, il faut être clair sur une chose. Nous ne sommes plus en campagne électorale. On ne gouverne plus, on ne gère plus pour mettre en exergue les ratages du précédent gouvernement. On agit pour faire avancer la société et pour le mieux-être des citoyens mauriciens. A ce titre, il est temps, Messieurs, de mettre de côté cette rengaine qui sert à attiser la colère et la haine des moins favorisés et des plus démunis contre les nantis. C?est un jeu bien risqué et potentiellement porteur d?une explosion sociale. Graduellement, le pays est en train de se couper en deux. Les gouvernants semblent ne pas s?en inquiéter puisque l?opinion publique semble leur être favorable. Mais ils devraient savoir qu?il n?y a pas plus volatile que l?opinion publique. Celle-ci est toujours très réceptive au populisme. Cependant, ce dernier n?est pas une démarche qui dure éternellement.
C?est ce même populisme qui justifie la critique de tout ce qui a trait à l?ordre établi, à l?establishment. On a besoin de tout le monde pour faire avancer un pays. On n?y parviendra pas en mettant sur le banc des accusés toute une partie de la population, toute une catégorie sociale et professionnelle. Nous n?avons pas besoin de justiciers mais de gestionnaires efficaces. C?est le drame qu?on vit lorsqu?on met à la tête de certaines institutions des individus aux idées simplistes et imbus de leur personne. Soyons sérieux. Désacralisons un peu tout ça ! Nous ne sommes pas en train de combattre le mal. Nous poursuivons simplement le travail enclenché depuis que le pays a obtenu son indépendance. Alors ôtez vos fagotages de super héros et soyez d?honnêtes travailleurs.
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