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Le taux d?illettrisme est encore trop élevé

20 octobre 2005, 00:00

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Le constat n?est pas très glorieux. Déchirée par des rivalités entre différentes catégories de profs, de maîtres d?école et d?inspecteurs peu intéressés, avec une pédagogie pas toujours adaptée, la National literacy & numeracy strategy (NLNS) n?a pu réduire significativement le taux d?illettrisme des écoliers à la fin du cycle primaire.

C?est la conclusion d?un rapport du ministère de l?Education. Il a été finalisé il y a quelques jours et n?a pas encore été rendu public. Parmi les remèdes proposés figurent une répartition plus équitable des classes entre les enseignants ?généralistes? et leurs collègues des langues orientales, ainsi qu?une refonte du programme d?études.

Armé de ce rapport, le comité mis sur pied en juin a la tâche de traduire ses recommandations dans la réalité. Il se réunit une nouvelle fois cet après-midi.

C?est avec la noble mission de réduire le taux d?échec au Certificate of Primary Education (CPE), qui se situe autour de 40 %, que le ministère de l?Education a introduit la NLNS en juin 2003. Il estimait inacceptable que certains écoliers ne sachent toujours pas lire, écire et compter après le primaire. Cette stratégie a été mise au point en s?inspirant notamment de l?expérience britannique. Deux ans plus tard, les rédacteurs du rapport arrivent à la conclusion qu?il y a ?un décalage entre les intentions déclarées de la stratégie et son application pratique?.

La sincérité du ministère au niveau de la démarche n?est pas mise en cause et plusieurs points encourageants sont notés, dont la bonne volonté des enseignants. Mais le côté face n?est pas aussi reluisant. Sur le terrain, la majorité des enseignants ne sait pas prendre avantage des méthodes d?apprentissage interactives ni appliquer un enseignement différencié. ?La plupart des profs enseignent aux meilleurs élèves aux dépens de ceux qui sont moins compétents.?

Absence de suivi

Les membres du comité déplorent également que la stratégie lire, écrire et compter n?ait pas été accompagnée d?autres stratégies en faveur des analphabètes. Ce qui a empêché un résultat plus satisfaisant. Le nombre d?élèves par classe est estimé trop élevé et va à l?encontre d?une ?application efficace? de la NLNS. L?absence de suivi par les maîtres d?école et inspecteurs fait également office de critiques. Tout comme l?inexistence d?effet de cascade. ?Alors que les enseignants de Standard V et VI étaient supposés disséminer la formation reçue, cela n?a pas été fait.?

Un autre chapitre, qui a toujours causé problème, a trait aux enseignants de langues orientales. Initialement, il était prévu qu?ils assistent les instituteurs ?généralistes?. Mais la réalité est tout autre. ?Dans la pratique, il n?y a jamais eu de cohabitation facile entre les deux catégories d?enseignants. Une récrimination mutuelle a été la norme plutôt que l?exception?, sont d?avis les membres du comité.

La raison : ?Les enseignants de langues orientales se sentaient diminués en devant être un support à d?autres enseignants dans des activités de classe alors qu?ils n?avaient pas été formés pour cela. D?autre part, les profs généralistes n?étaient pas disposés à accepter la présence de collègues qui, à leur avis, n?étaient d?aucun soutien pédagogique.?

Le problème aurait pris davantage d?ampleur à cause de la réaction de parents qui refusent que des enseignants de langues orientales ?prennent des classes à la place de vrais enseignants?. Le fait que les deux catégories de profs touchent les mêmes allocations est un élément qui s?ajoute à la grogne.

?Il est fâcheux de voir qu?aujourd?hui, dans nos écoles, l?enseignement a pris la place prépondérante au lieu de l?apprentissage, où l?élève devrait être au centre?, fait ressortir le rapport.

Une cause majeure pour laquelle la stratégie n?atteint pas le résultat voulu réside à un autre niveau : la dissémination de l?information. Il ressort que beaucoup de personnes ne comprennent tout simplement pas l?objectif et les intentions de la NLNS, estiment les membres du comité. Une campagne d?explication est nécessaire.

Mais il y a de l?espoir. Les remèdes pour remettre le projet sur les rails sont multiples. Au niveau de la NLNS, d?abord, les rédacteurs du rapport estiment qu?il ne faut pas se limiter à une période de 25 minutes par jour (durée dédiée à la stratégie lire, écrire et compter) pour combattre l?illettrisme des enfants. ?Il y a un besoin pressant d?intégrer des stratégies pour lire, écrire et compter dans les classes normales d?anglais, français et mathématiques.? Pour des effets plus prononcés, il faut que ces stratégies fassent partie intégrante de la journée de classe.

Former les enseignants

Recommandation est faite pour que les enseignants de langues orientales prennent en charge deux des cinq périodes que dure la NLNS, pour permettre aux ?généralistes? de souffler et de faire ?une utilisation fructueuse de ce temps libre?.

La NLNS devrait s?adresser à toutes les aptitudes de la classe et devrait être adaptée à cette optique. ?Des enseignants qui sont dans un état d?esprit de cours particuliers ont succombé aux pressions parentales en ce qui concerne les examens du CPE.?

Ainsi, les moins doués ont été laissés de côté dans certains cas. La formation du corps enseignant doit être reprise. Les matériaux pédagogiques devraient être plus adaptés et être fabriqués avec l?aide d?enseignants et d?experts. Le comité recommande également la mise sur pied d?une ?special unit for the development of teaching aids?.

L?implication effective des maîtres d?école et des inspecteurs, notamment au niveau de la dissémination d?avis pédagogiques et de l?évaluation, est également recherchée pour plus d?efficacité au niveau du suivi. Le comité est également d?avis que la stratégie ne peut être effective que s?il y a ?un révision du curriculum incluant un degré d?allégement?.

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