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Le DBM se convertit à l?image
Soixante-quatre ans après la parution de son premier fascicule (en février 1941), le Dictionnaire de Biographie Mauricienne (DBM) se convertit enfin à l?image et au principe voulant qu?une photo vaut mille mots. La parution du n° 57 de ce document inestimable nous apporte cette bonne nouvelle. 72 pages d?hommages biographiques, riches en informations historiques, les unes plus instructives que les autres, chacune donnant, bien sûr, à ceux que l?histoire de Maurice passionne, l?envie de se replonger avec délices dans ces différents courants nautiques, botaniques, politiques, judiciaires, littéraires, artistiques, religieux, journalistiques, généalogiques, scientifiques, qui forment le patrimoine mauricien et qui ont lentement mais progressivement édifié la nation qui est la nôtre aujourd?hui.
Rendons grâce à Raymond d?Unienville, Guy Rouillard, Philippe La Hausse de Lalouvière et à Alain Mathieu du comité de publication mais aussi à l?ensemble de la Société de l?Histoire de Maurice et à son comité exécutif. Ils nous offrent la possibilité de nous délecter de ces 72 nouvelles pages consacrées à l?histoire de notre pays et à ceux et celles qui ont contribué à la civiliser. Le travail d?impression de J&S Printing Ltd est irréprochable.
Avec ce 57e fascicule, notre DBM franchit allégrement le seuil des 2000 pages. C?est dire la richesse et la valeur de ce travail de bénédictin inestimable. Ce que nous apprécions par-dessus tout, c?est que la qualité scientifique du contenu des différentes notices conserve toujours le niveau d?excellence et de perfection qu?imposèrent au DBM ses pères fondateurs, à savoir Sir Edouard Nairac, Patrick Barnwell, André d?Emmerez de Charmoy, Louis Halais, René Lincoln, Stanislas Pelte, Maxime Pierrot, Auguste Toussaint, Jean Urruty et Reginald Vaughan.
On ne peut en vouloir au DBM de privilégier une certaine austérité dans la mise en page et l?impression des fascicules même s?ils s?agrémenteront désormais de petites photos passeport en noir et blanc. La devise demeure sagement la même : l?essentiel et rien de superflu. Cela a l?avantage de conserver le prix d?acquisition de ce précieux document à la portée de tous et même des bourses les plus modestes.
Le comité de rédaction gagnerait cependant peut-être à réfléchir aux avantages d?une jaquette en couleurs pouvant réunir de multiples avantages : un look plus commercial peut-être mais aussi la possibilité offerte aux lecteurs de pouvoir contempler par exemple l?une ou l?autre toile de Gaëtan de Rosnay ou de Maurice Loumeau ou encore une illustration de Siegfried Sammer de l?inoubliable Kélibé Kéliba de Marcel Cabon.
Des cartes en noir et blanc de l?Océanie et des Caraïbes permettraient aux lecteurs d?avoir une idée plus exacte du parcours professionnel des marins et savants ayant participé aux expéditions de Baudin, de Lapérousse et autres. Pourquoi pas une carte de France et de Grande-Bretagne, situant les localités mentionnées dans les différentes notices ? L?essentiel demeure toutefois, rappelons-le, que les fascicules paraissent le plus souvent possible et au moindre coût afin qu?ils demeurent accessibles au plus grand nombre de personnes se passionnant pour l?histoire de Maurice.
La présente chronique se contentera d?exprimer notre gratitude sans réserve à l?égard des auteurs des différentes notices. D?autres chroniques rendront justice, espérons-le, à l?intérêt historique suscité par le contenu des différentes notices biographiques.
Nous devons à Raymond d?Unienville, un de nos meilleurs légistes, la rédaction de sept notices dont celles consacrées à notre dernier gouverneur et premier gouverneur général, Sir John Shaw Rennie (1917-2002), du juge et conférencier Louis Leconte (1881-1957), du beau-père de Ferdinand de Lesseps et hôte de Charles Baudelaire tant dans sa maison portlouisienne de la rue des Tribunaux (aujourd?hui rue Georges-Guibert) qu?en son habitation de Cressonville, Gustave Adolphe Autard de Bragard (1808-1876), d?un militaire mauricien, mort au champ d?honneur pendant la bataille de Magenta, Gabriel Vincent Alphonse Charlier (1804-1859), d?un marin et combattant mauricien, blessé pendant le combat naval du Grand-Port au point d?être amputé d?une jambe, à bord de la Minerve, ce qui ne l?empêche pas de crier : ?Vive l?Empereur !? pour galvaniser ses compagnons d?armes, Sargines Olivier (1798-1859), du dernier survivant du combat du Grand-Port, ce qui ne l?empêcha pas d?être trépané au château de Robillard avant même la fin des hostilités, Paul Auguste Adèle Fraigneau (1798-1882), Charles Mengaud de la Hage, compagnon et confident de La Pérouse, l?amoureux de la Mahébourgeoise Eléonore Broudou (1791-1779), le sauveteur héroïque chagossien Arthur Tallat (c. 1900 ? c. 1960).
Avec l?aide de Patrick Harel, Raymond d?Unienville a aussi rédigé les notices consacrées aux politiciens Maurice Curé (1886-1977), Sir Guy Forget (1902-1972), au polémiste d?extrême-droite Noël Marrier d?Unienville et père de l?écrivain Alix d?Unienville (1888-1959), du sculpteur peintre et architecte Maurice Loumeau (1878-1945), et de l?émigré australien Théophile Lionnet (1819-1881). Patrick Harel ranime le souvenir du Dr Léon François Keisler (1862-1938) et du peintre Gaëtan de Rosnay, célèbre des deux côtés de la Seine (1912-1992).
Pahlad Ramsurrun, l?infatigable directeur du magazine trilingue (hindi, anglais, français) Indradhanush, nous offre les notices consacrées au journaliste-politicien Aunauth Beejadhur (1904-1981) et au journaliste-poète Marcel Cabon (1912-1972). Signalons en passant que les deux prochains numéros d?Indradhanush sont consacrés au poète national Léoville L?Homme et au philosophe indien Sri Aurobindo.
Ally H. Orjoon, l?excellent chroniqueur historien de l?hebdomadaire Impact News, nous présente deux sympathiques figures de la communauté musulmane : le sheik Yacoob Ramjan, le fondateur de la mosquée de Quatre-Bornes (1885-1939) et l?instituteur journaliste Noormamode Nooraya (1880-1944).
Autre biographe prolifique : Edward Dryker. Nous lui devons la notice de Pierre François Bernier (1779-1803), de Stanislas Levillain (1774-1801), de René Maugé (1758-1802), et du jardinier Anselme Riedlé (1768-1801).
À Rivaltz Quenette, Noël Régnard, Guy Rouillard, Anne Marie Chatelain, Jean Louis Chatelain, Camille Hardy, Lyn Duclos, Pauline Mc Gregor Currien, nous devons respectivement les biographies de Sir Harilall Vaghjee (1912-1979), Pierre Basile Sornay (1727-1801), Octave Béchet (1906-1990), Jean Armand Jossey Dubreuil (1724-1776), Jean Baptiste Henry Vigoureux (1705-1760), Hippolyte Victor Hardy (1814-1881), Marie Louis Edouard Duclos (1858-1900), George Bennet (1775-1841). Pauline Mc Gregor Currien et Edward Duyker se font aider de Raymond d?Unienvielle pour retracer les étapes de la vie de James Cameron (1800-1875) et de Jean François Guillemeau (1772-1860).
Une ultime suggestion : une brève présentation des rédacteurs des notices biographiques rendra les fascicules du DBM encore plus attrayants.
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