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Jean Jacques Arjoon, ?chasseur d?inédit?

16 octobre 2005, 20:00

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Cinq ans qu?il nous avait laissés en absence de feeling. Un lustre, dont l?éclat s?est tamisé dans les couloirs du ministère des Arts et de la Culture. ?Lerla enn zour Zan Zak desid pou maron.? D?échapper à la posture convenue de conseiller. De revendiquer son identité métisse. Et de renouer avec nous par la même occasion.

La sortie de Metis maron, le deuxième album de Jean Jacques Arjoon, est prévue pour la fin du mois. Une reprise de contact assortie de mille précautions. Jean Jacques Arjoon le sait, ce n?est pas sans conséquences que l?on expose ses idées. Surtout si elles ont été forgées au feu de la mixité.

?Et voilà l?auteur, chantant à la première personne, qui entreprend de charmer (...) un personnage féminin qualifié tour à tour
de «mannekin» puis «d?ange de malheur».?

Métis, mélange, mixte. Ce n?est pas pour rien que Jean Jacques Arjoon est diplômé en communication. Metis maron est venu à nous avec un savant mélange de secret et de complicité. Dose de mystère parce que l?auteur nous a fait écouter Blues Sanswel et un extrait de Limaziner kreol. Rien de plus. Pas une seule note supplémentaire des 14 titres qui composent Metis maron. Dans le genre confidentiel, on ne fait pas mieux. L?auteur préfère laisser planer (pour le moment) le flou artistique sur ce que veut dire pour lui Metis maron.

Alors, c?est notre cerveau ? largement aidé par les deux extraits entendus ? qui a construit des ponts. Liaison entre métissage et marronnage. Contradiction entre l?union de ce qui est différent et fuite vers une vie aux différentes de l?esclavage.

Jouant allégrement sur la diversité du blues et des gammes du créole, c?est à un pur moment de séduction animale que Jean Jacques nous a conviés à travers Blues Sanswel. En guise d?intro, l?harmonica d?Alain Remila dessine les volutes d?un bar enfumé

Et voilà l?auteur, chantant à la première personne, qui entreprend de charmer (voir plus, avec autant d?affinités) un personnage féminin qualifié tour à tour de ?mannekin? puis d??ange de malheur.? Et il y arrive, en utilisant des arguments de taille : saxophone et contrebasse.

C?est ce personnage sans nom et sans visage mais ?anvlope dan enn dekolte nwar? qui cristallise l?image de la métisse version Arjoon. La description réaliste flirte avec le cliché. ?To seve boukle lapo kafe ole.? Nous refusons de croire que Jean Jacques Arjoon ait consciemment voulu réduire la métisse à la femme fatale.

Sur le plan musical, l?auteur compositeur interprète s?inspire de deux modèles : Eric Triton et Menwar, admirés pour leur persévérance. ?Zot pa finn soizir pou galoupe.? Jean Jacques Arjoon non plus ne court pas. Quand on a opté pour les affres de l?auto production, il faut assurer.

Assumer les risques calculés et définir avec la plus grande netteté la liste des musiciens et des arrangeurs avec lesquels on décide de s?entourer. Travaillé par les ?impératifs de couleur?, Jean Jacques Arjoon a fait appel à une dizaine d?arrangeurs pour ses 14 morceaux. ?Monn capitaliz lor interaktion avek sak aranzer. Mo enn saser inedi.? Vivement la fin du mois.

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