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Pétrole contre nourriture : La France impliquée
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Pétrole contre nourriture : La France impliquée
Jean-Bernard Mérimée, représentant de la France à l’Onu de 1991 à 1995, a été présenté cette semaine au juge Philippe Courroye en vue de sa mise en examen dans l’enquête sur le programme “pétrole contre nourriture” en Irak, a-t-on appris de source judiciaire. Il pourrait être poursuivi pour “trafic d’influence” et “corruption d’agents publics étrangers”.
Le parquet a requis son placement sous contrôle judiciaire. Le juge Courroye l’a fait placer en garde à vue lundi à la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE). La liste où son nom figure, annexée à un rapport interne de l’Onu sur le scandale, précise qu’il aurait perçu l’équivalent de deux millions de barils de pétrole, revendus ensuite à deux sociétés agréées pour traiter avec l’Irak.
Jean-Bernard Mérimée est également soupçonné d’avoir reversé une partie des fonds à des officiels irakiens. Interrogé à ce sujet lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le garde des Sceaux Pascal Clément a rappelé que les hauts fonctionnaires concernés avaient été mis en cause “après leur départ en retraite”. “Aujourd’hui, rien n’est connu de personne sauf, sans doute, du juge d’instruction. Ni moi-même, garde des Sceaux, ni personne ne pourront vous dire ce qui se passe à l’intérieur de cette instruction”, a-t-il déclaré.
Pascal Clément a émis le souhait que “toute la lumière soit faite” sur cette affaire et que “l’aide internationale puisse garder toute sa crédibilité dans le monde entier”. Le programme “pétrole contre nourriture”, censé organiser une partie de la vente du pétrole de l’Irak pour limiter les privations de la population civile alors soumise à un embargo, aurait permis au régime de Saddam Hussein de corrompre de nombreuses personnalités à travers le monde. Plus de dix milliards de dollars auraient été détournés, selon le rapport de l’Onu. Les “coupons” étaient revendus via des intermédiaires à des sociétés pétrolières qui pouvaient in fine exploiter le pétrole irakien malgré l’embargo.
Trafic d’influence
Dans ce dossier, quatre personnalités françaises ont été mises en examen par le juge Courroye pour trafic d’influence et, dans certains cas, pour “corruption d’agents publics étrangers”. Il s’agit de Bernard Guillet, bras droit de l’ex-ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, de Serge Boidevaix, ancien secrétaire général du Quai d’Orsay, de l’homme d’affaires Claude Kaspereit et de Gilles Munier, secrétaire général de l’Association des amitiés franco-irakiennes.
La liste, versée au dossier du juge Courroye, mentionne par ailleurs Charles Pasqua, Michel Grimard, ancien membre du conseil national du RPR, et Patrick Maugein, homme d’affaires proche de Jacques Chirac. Plusieurs cadres de Total sont aussi mis en examen dans ce dossier. Diplômé de l’Ena, Jean-Bernard Mérimée, 68 ans, a été ambassadeur de France en Australie, en Inde et au Maroc, avant de représenter la France au Conseil de sécurité de l’Onu du 13 mars 1991 au 23 août 1995. Il a été ensuite ambassadeur à Rome, jusqu’en 1998, puis à Saint-Marin.
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