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Zidane incontournable leader

13 octobre 2005, 20:00

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En ouvrant le score contre Chypre (4-0) mercredi soir sur la pelouse de Saint-Denis, Zinédine Zidane a une nouvelle fois débloqué la situation pour les Bleus. À 33 ans, il reste le joueur d’exception dont la France ne pourra se passer l’an prochain en Allemagne lors de la phase finale de la Coupe du monde 2006.

Ce but est tout un symbole. Bien au-delà de l’exceptionnelle virtuosité technique manifestée par l’enchaînement contrôle de la poitrine-frappe millimétrée à la réception d’un long centre de Willy Sagnol, il a ouvert la voie au premier succès des Bleus au Stade de France sous l’ère Raymond Domenech.

Les cinq précédents matches, sans Zizou, s’étaient soldés par des nuls, dont les trois 0-0 concédés à l’Eire, la Suisse et Israël dans les qualifications au Mondial. Sans lui, la France avait piétiné dans ce groupe 4, avant de battre les Iles Féroé 3-0, l’Eire 1-0 et de faire match nul 1-1 en Suisse.

Raymond Domenech est l’un des seuls à relativiser l’influence de Zizou, ex-meilleur joueur de l’année pour la FIFA et Ballon d’Or France Football. “On peut supposer cela . Mais avant le retour des anciens, nous étions déjà en tête du groupe qualificatif”, a déclaré hier le sélectionneur français.

“Plus de volupté dans son dribble”

Pourtant, même tournant sur la moitié de ces cylindres comme à Berne, Zidane rassure son monde par sa seule présence, son aura, son charisme. Personne n’a oublié ses deux buts de la tête en finale de la Coupe du monde 1998. Personne n’a oublié sa capacité à transcender ses coéquipiers. Son retour en août un an après sa retraite internationale, prise à la suite de l’élimination des Bleus en quart de finale de l’Euro 2004, a redonné le moral aux supporters français qui l’ont ovationné mercredi au Stade de France.

Il demeure la personnalité préférée des Français, et le quotidien suisse Le Temps en expliquait la raison samedi dernier, le jour de la rencontre Suisse-France à Berne.

“Il y a plus de volupté dans son dribble que dans le timbre d’Aznavour, plus de masculinité dans sa tonsure que dans les pectoraux de Belmondo, plus d’enfance dans son regard que dans les pitreries de Michael Youn”, était-il écrit dans un beau portrait qui lui était consacré.

Mercredi, il a donc fait basculer la rencontre à sa première occasion franche, alors que Djibril Cissé, pointe de l’attaque attitrée, gâchait, lui, six énormes occasions. C’est tout sauf un hasard si Zizou a prénommé le premier de ses trois fils Enzo, comme Francescoli, l’ex-virtuose du football urugayen.

Dès le coup d’envoi, il avait d’ailleurs tenté un geste d’anthologie, un lob de 40 mètres qui avait contraint le gardien chypriote à dégager difficilement en corner.

L’ex-gamin de la Castellane a désormais les adducteurs qui sifflent plus souvent qu’à leur tour. Mais il n’est qu’à huit mois du dernier grand rendez-vous de sa carrière. Il fera tout pour l’honorer de son génie.

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