Publicité

?Sone Ka Anda? : un rien convenu mais attachant?

13 octobre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Amateurs de théâtre, détrompez-vous ! Une pièce écrite et jouée en hindi n?est pas réservée qu?à un seul public. L?Academy of Film and Theatre, dirigée par Bulram Tacouri, le prouve fort honorablement. On a pu en juger mercredi soir, lors de la représentation de la pièce Sone Ka Anda ou Golden Egg, dans le cadre du Festival de théâtre de Port-Louis. Même quand on ne saisit qu?à peine les subtilités de la langue, il est facile d?interpréter la gestuelle et la déclamation des acteurs. Une histoire quelque peu stéréotypée, mais jouée de façon tout à fait désopilante.

Entrée en scène? d?une poule, qui ne caquette pas, mais ? se débat! Le public pouffe gentiment de rire. Quand surgit, à la suite de l?animal, l?acteur principal : bras en porte-voix, hurlant comme s?il était seul dans un champ de blé, Soomilduth Beejan, joue un enfant du village, pauvre mais désireux de sortir de sa condition.

C?est le début d?un numéro poignant. Le comédien n?est pas timoré. Il gambade sur les planches, vigoureux dans le verbe et dans le geste. Magnifique magnétisme. Il se fond dans le rôle l?enfant, démuni, maltraité, mais qui ne se décourage pas.

L?histoire sombre, malgré tout, dans le cliché : un pauvre enfant, dont personne n?a cure, qui fait involontairement le clown et qui reçoit un jour un trésor. Le trésor : un ?uf d?or, un Sone Ka Anda en hindi, offert par la déesse Lakshmi en personne.

Lumières multicolores

La pièce, écrite par Mahess Ramjeeawon, ne brille certes pas par l?originalité. Mais l?adaptation lui rend tout son mérite. Dans un décor d?un extrême dépouillement, l?Academy of Film and Theatre charme.Et la simplicité des costumes interpelle. Au moins, la pièce ne pêche pas par ce ?trop?, qui est la marque de certains.

La culture indienne est aussi invitée dans une scène de danse, elle aussi très sobre. Ailleurs, des acteurs mordants de naturel s?illustrent librement, à l?instar du policier, rôle tenu par Parmeshar Caulachand, ou encore de Bulram Tacouri lui-même. Les us et coutumes indiens ne sont pas sacrifiés. Et quand paraît la déesse Lakshmi, c?est au milieu de dentelles de lumières multicolores.

Le jeu des acteurs captive le public. Qui ne manifeste pas toujours son enthousiasme. Parfois la pièce s?alourdit de par des monologues assez éprouvants. Certaines situations ont un goût de déjà-vu.

On décèle d?ailleurs chez l?ensemble des acteurs une touchante humilité, un désir de prouver. Ils parviennent à émouvoir au-delà de la barrière de langue, des préjugés. Sone Ka Anda démontre qu?une modeste troupe de théâtre peut s?imposer.

Une représentation aura lieu demain 15 octobre à 20 heures, au Théâtre de Port-Louis. Le Festival de théâtre continue ce soir avec la troupe rodriguaise Dark Crystal. Elle présente Mission Adamas, toujours à 20 heures. Les billets sont à Rs 100.

Publicité