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8 octobre 2005, 20:00

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Un tour des principaux clubs de natation laisse comprendre que l?idée d?une sélection ou de sélections permanentes est bien accueillie, mais sous certaines conditions. Certains sont pour, à condition qu?il y ait un débat et un consensus sur le modus operandi, alors que d?autres sont carrément réfractaires qu?une telle structure tombe sous la responsabilité d?une compétence mauricienne. Un plongeon dans le monde très restreint de la natation mauricienne permet de mieux comprendre le débat qui a lieu en ce moment au niveau des clubs et au niveau fédéral.

Pour Idris Sufraz, responsable technique au sein du Club Natation Sportive (CNS) et qui était co-entraîneur avec Jocelyn Gunnoo pour les Championnats d?Afrique juniors, toute nouvelle structure de sélection devra prendre en considération les systèmes scolaires en vigueur à Maurice.

« J?ai un sentiment mitigé à propos d?une sélection permanente. Je suis plutôt en faveur d?une structure permanente qui prenne en considération la scolarité des nageurs. Le système mauricien ne permet pas à tous les nageurs d?un club de se regrouper au même moment pour l?entraînement. Chacun a ses horaires de leçons particulières et il faut faire avec. Sinon, je ne suis pas totalement contre une telle idée, mais il faudra que les instances comme la fédération, le ministère, les clubs et les entraîneurs de clubs discutent de la façon dont une sélection permanente devra opérer », dit-il d?emblée.

Afin de pénaliser personne, l?entraîneur pense qu?il ne faudrait pas centraliser la structure ou la sélection. « Qu?on ait un système régional qui permette à tous les nageurs de profiter pleinement quel que soit l?endroit où ils se situent », préconise-t-il.

Au-dessus des guéguerres entre clubs

George Wong, représentant du Club Aquatique de Maurice (CAMO) au sein de la Fédération mauricienne de natation (FMN), est catégorique : la mise en place de tout système de sélection doit se faire avec l?apport d?un Directeur Technique National (DTN).

« Ce n?est pas le moment de penser à cela. Il faudrait d?abord faire venir un DTN qui serait au-dessus de toutes les guéguerres habituelles entre clubs pour commencer un travail de fond pour l?avenir. Il pourra, avec l?apport de tout le monde, cela s?entend, mettre en place les structures adéquates pour les sélections. Je ne diminue, en rien, les compétences mauriciennes, mais, après ce que nous avons vu lors des Championnats d?Afrique juniors, une expertise étrangère ne nous ferait aucun mal, au contraire », fait-il ressortir.

Avis que partage Doreen Tiborcz, représentante du Cercle des Nageurs de Quatre-Bornes (CNQB). Elle est, pour sa part, favorable à un regroupement régulier sur une base mensuelle.

« Nous ne sommes pas contre l?idée de se regrouper, car c?est pour le bien des nageurs. Mais nous disons que cela doit être sous certaines conditions. Disons, une fois par mois, ce serait bien. Et là encore, il faut savoir si l?entraîneur du club aura le droit d?être présent. La meilleure chose serait d?avoir un DTN pour faire la détection et mettre en place une structure digne de ce nom », explique-t-elle.

Préserver l?identité des nageurs

Jocelyn Gunnoo, l?entraîneur du Curepipe Starlight Sporting Club (CSSC) tient, particulièrement, à ce projet. Il insiste sur la nécessité de suivre les nageurs et de ne pas brûler les talents. De son point de vue, le talent au sein de la natation mauricienne est présent à l?état brut et il ne demande qu?à être développé.

« Il est important de cesser avec cette pratique d?établir des sélections à la veille des compétitions. Chaque nageur suit un programme différent dans son club. Certains ont la base pour subir toutes sortes d?entraînement, certains pas. En natation, le suivi est important. On ne peut demander à un nageur de s?entraîner cinq fois la semaine, à un autre dix fois et s?attendre à des résultats. Que voyons-nous souvent ? Jeunes, certains nageurs réalisent des bonnes performances et piétinent par la suite lorsqu?ils sont seniors. Ce sont des talents qui ont été brûlés parce que, justement, ils n?ont pas été suivis adéquatement. La solution c?est un système de détection, une structure de sélections permanentes avec des faciltés. Au départ, il y aura des problèmes, mais tout système demande à être amélioré », insiste le technicien.

Il pense, par ailleurs, un peu comme Idris Sufraz, qu?un système de sélection régionale ayant comme finalité une escouade nationale est largement envisageable.

Quant à George Etiennette du club Les Dauphins de Quatre-Bornes (LDQB) il trouve qu?il ne faudrait pas enlever l?identité de club aux meilleurs nageurs. Il rejoint Doreen Tiborcz dans l?idée de regroupements réguliers.

« Je préfère parler de structure permanente. Ce n?est pas une mauvaise idée, mais dans quelles conditions ? Il faut faire la différence entre sélection et entraînement en commun. Je suis un adepte de la seconde formule, car elle permettra aux clubs de garder leurs meilleurs nageurs et à ces derniers de préserver leur identité de club. Dans le passé, au départ du DTN, certains nageurs ne savaient plus dans quels clubs ils se trouvaient. Un regroupement régulier, toutes les semaines ou tous les mois garderait l?esprit d?équipe au niveau national et permettra à certains nageurs de progresser », remarque-t-il.

Au niveau de la Fédération mauricienne de natation, le président, Richard Meeterjoye, est en faveur de la mise en place d?une structure avec regroupements réguliers pour le suivi des nageurs. « S?il faut absolument une compétence étrangère, il faudra faire appel à quelqu?un », précise-t-il.

Mais en gros, ce sera ça : « Une façon de répertorier les nageurs de haut niveau. Il faut un suivi complet qui permettrait d?avoir un système de données et l?éclosion de nouveaux talents. Les Championnats d?Afrique nous ont ramené à une certaine réalité. Il faut des structures avec des facilités d?entraînement, d?équipements, de transport, de suivi médical, etc. Il sera, alors, facile d?identifier les nageurs pour telle ou telle compétition. Le regroupement et le travail hors-piscine devront aller de pair. Il est clair qu?il nous faut progresser pour aspirer faire des résultats au niveau continental, et, enfin, se qualifier sans passer par les wild-cards. Il n?y a pas mille solutions ». Voilà qui est dit !

En attendant, nageurs, parents et amoureux de la natation aimeraient voir se concrétiser au plus vite toutes ces bonnes intentions.

Comme c?est dans l?intérêt de tout le monde qu?il y ait sélection ou structure permanente, cela ne sert à rien de dormir sur ses lauriers. Le temps passe très vite et les défis futurs sont nombreux?

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