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Politique et économie
La fin des élections municipales est une bonne nouvelle, peu importe le résultat. On va peut-être enfin pouvoir consacrer l’attention qu’il faut à ce qui est réellement important : l’économie.
Pendant plus de six mois, une éternité, c’est la politique et les considérations électorales qui ont primé, souvent même au détriment de l’économie et que ce soit avant ou après l’alternance du 3 juillet. Il ne reste au calendrier électoral de cette année que les folkloriques élections villageoises prévues pour décembre et qui normalement ne devraient pas provoquer l’octroi de “bribes” électoraux au niveau de l’État.
Encore que… L’une des premières leçons à retenir de l’ampleur de la victoire des Rouges aux municipales est sans doute qu’elle est largement attribuable aux mesures populaires prises par le gouvernement sitôt son arrivée aux affaires.
Le transport gratuit pour les vieux et les étudiants, le rétablissement de la pension universelle, le retour au contrôle des prix sur le lait et les médicaments et le lancement d’une télévision numérique avec en prime un boîtier détaxé : voilà ce qui a mis fin à 30 années d’hégémonie mauve dans les municipalités.
Face à ce résultat spectaculaire, on ne peut qu’espérer que le gouvernement ne sera pas tenté de perpétuellement brosser les consommateurs-électeurs dans le sens du poil.
Les prochaines élections générales ne sont prévues que pour 2010. Le gouvernement doit maintenant oublier sa courbe de popularité et n’avoir d’yeux que pour la courbe de croissance du produit intérieur brut. Des artifices à court terme peuvent faire illusion, mais sur le long terme, les deux sont liés car pour le consommateur-électeur, il n’y a que le portefeuille qui compte.
Le Fonds monétaire international prédit que la croissance sera médiocre l’année prochaine aussi tandis qu’elle se situera autour de 3,8 % seulement cette année.
Sithanen concède que l’impact de la hausse du prix du carburant pourrait affecter légèrement le taux de croissance. Cet ajustement du prix, même si elle est inévitable, vient corser une situation économique déjà difficile, pour ne pas dire précaire.
Dans la conjoncture, le gouvernement devra faire montre d’expertise et de dextérité pour gérer l’économie. La marge de manœuvre est limitée. Si la situation se dégrade, les consommateurs-électeurs seront mécontents et risquent de le faire payer en 2010.
Si le gouvernement prend des mesures impopulaires pour redresser l’économie, il risque de connaître le même sort que le précédent. Il faut donc qu’il se mette au travail immédiatement s’il espère récolter les dividendes politiques avant 2010.
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