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Réforme sucrière : la commission européenne persiste et signe
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Réforme sucrière : la commission européenne persiste et signe
Ça bouillonne à Bruxelles. Les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) se sont à peine remis du lobbying politique de leurs chefs d’État auprès des Like-minded countries que voilà la Commission européenne se jette dans l’arène pour militer en faveur d’une réforme drastique auprès de ces mêmes instances, favorables à la cause des ACP.
La commissaire de l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, se dresse en adversaire de taille. Elle a démarré sa campagne d’explications pour rallier les politiques à sa réforme. Rappelons que celle-ci repose sur une baisse drastique de 39 % du prix garanti du sucre sur le marché européen. La semaine écoulée, elle a adressé une lettre à la Commission parlementaire sur l’Agriculture et le Développement rural. Elle y explique avec force l’urgence du changement drastique.
Or, les membres de cette instance politique, dans divers rapports et propositions d’amendement, ont toujours tenu un langage identique à celui des ACP : baisse trop importante, période moindre et moyens financiers inférieurs.
“Vous et moi sommes des responsables politiques. Il arrive un moment où nous ne pouvons plus nous réfugier derrière des études. Nous devons assumer nos responsabilités et prendre des décisions, même si elles sont délicates. Je suis prête à endosser ces responsabilités dès à présent. Ce faisant, je dois pouvoir m’appuyer sur l’apport qualitatif de votre commission”, explique-t-elle aux membres de la commission, dans une lettre en date de lundi.
Le document de sept pages aborde brièvement le sort des ACP sans pour autant étayer une politique précise quant à leur sort. En 2006, première année de la réforme, la commission a voté un budget de 40 millions d’euros pour les mesures d’accompagnement en faveur des pays ACP.
La commissaire affirme que ce montant permettra “de financer des mesures adaptées aux besoins de chaque pays en particulier en vue de son adaptation aux nouvelles conditions du marché, résultant de la réforme communautaire du sucre. (…) Mais il va sans dire que nous proposons également d’autres voies de financement.”
Empêcher les ACP d’inonder le marché
Le flou plane quant aux montants qui seront déboursés à partir de 2007, année au cours de laquelle les effets de la baisse se feront durement sentir. Tout en restant évasive, en maintenant que “le financement pour la période restante jusqu’en 2013 dépendra de la décision finale relative aux perspectives financières 2007-2013”, elle évoque la nécessité de prévoir des “montants nettement plus importants”.
La commissaire réaffirme sa volonté de parvenir à un accord politique en novembre. Et au cours des prochaines semaines, elle estime que les modalités de la réforme prendront une forme définitive. Sa campagne intensive, dit-elle, se déroule également auprès des États membres pour chercher “des solutions à leurs problèmes particuliers.”
La baisse de 39 % a pour objectif, selon Mariann Fischer Boel, d’empêcher les Pays les moins avancés (alliés des ACP) de profiter d’un prix élevé et d’inonder le marché européen au détriment des producteurs européens.
D’ailleurs, elle fait ressortir que la réforme, dans sa forme actuelle, permettra de sauver de nombreux emplois. “Dans un scénario de statu quo, on estime la perte d’emplois à 15 000 d’ici 2012, soit plus de 75 %. Il est donc évident que les conséquences du scénario de statu quo seraient beaucoup plus dramatiques”, plaide-t-elle.
L’Union européenne (UE) se retire du marché mondial à hauteur de 4,7 millions de tonnes de sucre. Pour la commissaire, c’est l’effet direct des décisions de l’Organisation mondiale du commerce et non pas les conséquences de la réforme. “Mais l’objectif de la réforme n’est pas de procurer des avantages au secteur sucrier brésilien. En outre, mise à part la possibilité d’accroître sa part du marché mondial, le Brésil n’obtient pas de meilleur accès au marché de l’UE”, répond la commissaire.
La réforme est l’occasion d’apporter les solutions à long terme au secteur du sucre européen, du point de vue de Mariann Fischer Boel. Et quid des ACP ?
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