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Quand l’ombre de la lune croque le soleil…
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Quand l’ombre de la lune croque le soleil…
Malgré les vilains nuages qui saupoudraient le ciel hier, le phénomène a pu être observé. De petits comités se sont regroupés à l’occasion de l’éclipse du soleil visible de 14 h 58 jusque vers 18 heures. Que ce soit au Rajiv Gandhi science centre (RGSC) à Bell-Village ou au collège du Saint-Esprit (CSE), l’atmosphère était plutôt bon enfant. A part de grands passionnés, le public n’était pas présent pour admirer la lune qui croquait jusqu’à 60 % notre timide soleil...
C’est vers 15 h 30 que nous nous trouvons sur les marches du RGSC. Malgré les consignes, nous tentons de regarder le soleil. Nous ne voyons qu’une sorte d’auréole, mais rien d’impressionnant. Jusqu’à l’arrivée d’une charmante hôtesse qui nous propose de porter des lunettes spéciales. Et c’est alors que le ciel s’ouvre à nous. C’est la partie droite du soleil qui se laisse gentiment avaler par l’ombre de la lune. Le phénomène d’hier a été clairement aperçu dans tous les pays qui sont sur la ligne de totalité, traversant l’Espagne, le Portugal, certains pays d’Afrique jusqu’aux Seychelles.
L’éclipse est décrite comme “annulaire” car le disque solaire reste visible autour de l’ombre de la lune qui fait tache en son centre. Cette ombre provoque ainsi comme un anneau de lumière. De nombreux passionnés ont pu observer la lune qui se reflétait totalement sur notre soleil. “Au fait, c’est la lune qui passe entre le soleil et la Terre. C’est un phénomène qui se produit chaque année mais qui ne peut être observé de tous les pays…”, confie Sookdeo Rungoo, conservateur en Physics.
Nous rencontrons le directeur du RGSC, Mahadevan Parvathinathan. Il désigne le projecteur placé dans la cour de l’institut. Le temps de se lancer dans des explications à un passionné et il se tourne vers nous. “Vous savez, dit-il, les nuages gâchent un peu le spectacle. Mais nous avons quand même pu observer un moment superbe …”. Et il n’a pas tort.
Serge Florens, enseignant de Physics au CSE, anime une joyeuse équipe d’étudiants. Il donne des consignes à David Sawmy, enseignant au collège de Lorette de Rose-Hill, qui tient un ordinateur portable équipé d’un programme astronomique. “57 degrés de lattitude et 20 degrés de longitude…”, chuchote Serge Florens. Un “click” et nous voilà repartis sur la trajectoire de l’éclipse.
Serge Florens décortique lentement les étapes de la lune. “Nous sommes habitués à cet événement, explique-t-il encore, mais aujourd’hui nous n’avons pas eu de chance, il y a trop de nuages. Je me demandais même si j’allais venir, mais mon collègue m’a annoncé qu’il y avait un groupe de personnes qui nous attendaient ici pour observer le phénomène.”
Les deux télescopes à piles n’étaient pas capables de nous décrypter ne serait-ce qu’une infime partie du soleil à 17 heures. “Des nuages, des nuages et de la déception…”, lancent Jean-Christophe et Jean-Dominique, étudiants au CSE. Ils étaient au rendez-vous depuis 15 h 30. L’attente était longue à Quatre-Bornes, mais elle en valait la peine.
Fort de ces longues années d’observations astronomiques, Serge Florens a parlé de la mauvaise perception des Mauriciens quant aux lunettes de soleil. “Les lunettes que nous appelons des ray ban, sont tout autant dangereuses car elles laissent filtrer la lumière, les infrarouges et les ultraviolets. Beaucoup de Mauriciens ignorent cela et croient qu’ils peuvent aisément se protéger des rayons du soleil à travers ces lunettes !”
Encore un tour et nous rencontrons Bhasker Desai, trésorier de la Société astronomique de Maurice qui prévoit une éclipse quasi totale, de 92 à 96 %, visible à Maurice en 2016. Ñous sommes quand même encore loin du compte à rebours. Mais hier, la lune n’aura pas manqué de nous charmer, donnant l’envie de connaître d’autres expériences de cette nature.
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