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La MATIM : développer Flacq et modérer P. Louis
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La MATIM : développer Flacq et modérer P. Louis
Au début d’octobre 1980, “l’express” reprend l’essentiel des conclusions du rapport de la Mission française d’Aménagement du territoire de l’île Maurice (MATIM), devenu par la suite le “National Physical Development Plan” (NPDP) et qui sert de base de travail au plan de développement 1980-82. Il retient plus particulièrement les besoins urgents de développer Centre-de-Flacq, de modérer la croissance de Port-Louis et de faciliter l’accès aux espaces de détente et de loisir. Avant d’aller plus loin, on peut d’ores et déjà constater, avec la plus grande tristesse, que les 25 ans qui ont suivi les études de la MATIM, ont, hélas, tourné le dos à ces sages recommandations. Centre de Flacq s’est certes développé mais pas autant que Goodlands, Triolet, Grand-Baie, Rose Belle ou Mahébourg. Port-Louis ne s’est nullement modéré pour se retrouver aujourd’hui au bord de l’asphyxie et de la paralysie. L’accès aux espaces de loisirs et de détente s’est, en revanche, considérablement amélioré encore qu’il y a beaucoup de choses à faire, à commencer par des établissements hôteliers accessibles financièrement aux Mauriciens aux abords de nos principales plages publiques afin qu’à tout moment ils puissent se dire : nous avons droit aux mêmes plaisirs que les touristes étrangers.
Le NPDP préconise en priorité le ralentissement de la croissance démographique qui paraît pourtant acquis même en 1980, la préservation du potentiel agricole (il suffit de voir les nombreux anciens champs de cannes devenus de tristes terrains vagues à Ebène et à Trianon pour saisir tout le mépris affiché depuis à cette considération prioritaire), la maîtrise des implantations industrielles (heureusement localisées à travers l’île quand elles ne ferment pas tristement leurs portes et devenir des mausolées), la protection du patrimoine naturel (ô vallée de Ferney devenue forêt endémique “fernée” à jamais).
La MATIM prône la constitution de pôles de développement dans l’espace rural pour permettre justement ce regroupement de population à la campagne, protéger le domaine agricole et le patrimoine naturel. Elle veut quadrupler le potentiel de Centre de Flacq entre 1980 et 1995. Elle met en garde contre un gonflement exagéré des banlieues portlouisiennes. Cela peut mettre en danger, selon elle, le développement portuaire de la capitale.
L’insistance de la MATIM sur l’accès facilité des Mauriciens aux espaces de détente et de loisir s’explique par l’urbanisation poussée qui rétrécit d’autant l’espace réservé à chaque famille. Au lieu d’habiter dans une cour plus ou moins spacieuse, les habitants des agglomérations urbaines mais aussi rurales vivent de plus en plus les uns sur les autres, dans des maisons mitoyennes, dans des appartements, sans courettes ou presque. D’où la nécessité de parcs publics, de jardins d’enfants, d’espaces de détente et de loisir. Ceux-ci quand ils existent sont souvent mal entretenus. Ils deviennent vite repoussants pour devenir des foyers d’accueil pour la lie de la société. C’est dire combien il faut faire attention. On croit travailler pour le bien-être de la population et faute d’un entretien, d’une bonne animation, d’un bon encadrement, un développement peut devenir une nuisance pour la population qu’on voulait au départ réconforter.
Pendant que l’express sonde les détails de la MATIM et du plan de développement 1980-82, le défunt Cernéen juge plus utile d’interroger un ancien député travailliste plutôt remuant, Marcel Mason. Il se déclare un “full partisan du PTr”. Il précise : “Cela ne veut pas dire que j’épouse toutes les idées de ce parti.” Il est heureux d’avoir été élu député de Vacoas-Floréal (n° 16) en 1967. Cela lui a permis de savoir ce qui se passe dans ce “baïka là” (le Parlement). Pour mieux se faire entendre, il crée son journal, L’Aube. Il regrette toutefois que le public ne soit pas assez talentueux pour pouvoir comprendre son message. Il estime que le PTr de Chacha Ramgoolam est, en 1980, un parti fantôme. Il se résume en la personne de son leader. Un point c’est tout. L’enseigne est là mais le magasin n’est plus. Mason rappelle que personne ne peut se considérer leader politique tant qu’il n’a pas connu les murs de la prison de Beau Bassin.
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