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Attention, ils sont Grecs !
Le sport a décidément changé d’époque. Il n’est aujourd’hui plus nécessaire de briller pour marquer les esprits. La Grèce en est l’exemple vivant. Ses footballeurs ont été champions d’Europe du non-jeu l’année dernière. Ses basketteurs ont eu le même honneur il y a quelques semaines après avoir bafoué la manière, privilégié l’enjeu au détriment du jeu.
La méthode semble vouloir faire école en Ligue des champions où le Panathinaikos, l’un des clubs historiques du pays, aspire à soulever la Coupe aux grandes oreilles sans nécessairement chercher à plaire aux puristes.
Mardi, dans un match du groupe C de la première phase, les Verts ont d’abord laissé venir les Allemands du Werder Brême pour ensuite les assommer au moment où l’on s’y attendait le moins. Résultats des courses, le Panathinaikos s’est imposé 2-1 pour garder intactes ses chances d’accéder aux huitièmes de finale.
Les amateurs de football – de vrai football, de beau football – peuvent d’autant plus craindre le pire que les Italiens d’Udinese, considérés jusque-là comme les favoris logiques pour accompagner le grand Barcelone au deuxième tour, se sont grossièrement affaissés au Nou Camp, où ils ont encaissé quatre buts, ce qui ouvre une voie royale au Panathinaikos.
Sans doute grisé par le chauvinisme grossièrement démesuré d’un public athénien qui a l’art de saluer chaque tentative de débordement de son équipe à la manière d’un but, l’entraîneur Alberto Melasani s’est réjoui de la victoire sans s’intéresser outremesure à la qualité.
“C’est vrai que nous n’avons pas le niveau d’un grand d’Europe, mais qu’importe. L’essentiel, c’est que le coeur y est. L’équipe a joué avec passion. Elle était déterminée à faire un résultat. Tactiquement, elle n’a jamais failli et c’est bien là le plus important. Chaque joueur a assumé sa responsabilité”, dit-il.
Si cela suffit au bonheur de Melasani et des Grecs, tant mieux pour eux. Ils nous excuseront d’aspirer à mieux.
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