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B.P. 247
Lettre ouverte au BEC Atann lapli pasé...
?L?atmosphère est très lourde. Les élèves ont raison de rester chez eux?, pouvait-on lire dans la presse de mardi dernier au sujet de la situation au Collège de La Confiance. Encore plus lourde est-elle quand nous apprenons que le BEC, à travers Hervé de St.-Pern, joue les médecins qui font leur rapport sans présence du patient principal, le porte-parole du staff : la SPSTU, le syndicat, la voix des plaignants. Le panel proposé par le BEC diagnostiquera la situation et devra parler du refus de la SPSTU de déposer devant le panel dans son rapport !
Adding insult to injury, ?En temps et lieu, nous examinerons la demande du syndicat?, a déclaré Hervé de St. Pern, directeur du BEC (ibid). La demande, un fact-finding committee qui décongestionnera la situation, où en toute légalité chaque membre du staff, pour ou contre la gestion actuelle du collège, ainsi que la rectrice elle aussi, auront le droit de s?expliquer, de s?exprimer et de répondre à des questions de représentants légaux.
Mais pour le BEC, le staff sera ?e-diagnostiqué? par le panel dans un probable souci, sûrement du BEC d?être à l?ère de l?Internet et du ?e-commerce? plus que pour le souci du personnel du collège. ?Le BEC est au courant que nous n?allons pas entamer une action au détriment des élèves, surtout ceux des SC et HSC? N?est-ce pas effectivement de la mesquinerie que de rejeter la demande du staff ??, a déclaré un prof au staff, indigné, durant un compte rendu syndical.
La situation fut telle, mercredi dernier, que les mots de Hervé St. Pern dans la presse étaient qu?une grève devenait évidente? Les esprits calmes ont pu modérer les choses : accepter, ?accueillir l?insulte?, par souci des étudiants.
Mood du staff : Les nerfs à vif, tension chez le personnel enseignant, la forte majorité, soutenue par le syndicat, frictionne avec les quelques enseignants/non-enseignants qui ont une autre façon de voir, pendant que la rectrice attend une décision et que les élèves se tournent vers la PTA pour un évident secours.
Irritant et stigmatisant sont les commentaires tous simples de : ?Hé ! Ki dezord ena dan to lekol ?? quand profs ou élèves croisent un ami ou un proche en chemin chaque matin. Dans sa tour d?ivoire, le BEC joue à un match de foot à l?italienne : laisser venir et faire passer le temps (pour ne pas dire tuer le match) en attendant un coup de sifflet : les vacances de décembre comme morphine au cancer du staff.
Jargon éducatif oblige : le BEC semble ?waiting for the bell to ring?. Les profs condamnés par responsabilité, toute opinion confondue, à ne pas boycotter les examens, l?avenir des étudiants, c?est l?occasion rêvée au BEC de clouer son bec? et jouer à la politique de l?autruche.
Fini la grande période de l?homoculture, muets sont les grands discours sur la spécificité des collèges catholiques. Les murs de La Confiance, symboles de pionniers du Prevoc à Maurice, de l?Ecole complémentaire, de l?agriculture comme matière, de l?éducation pour les pauvres, font pâle figure face aux gueules de bois que font profs et élèves en mettant les pieds chaque matin sur l?asphalte du collège.
L?homoculture, le développement du corps, du coeur et de l?esprit de l?enfant, leitmotiv de La Confiance, est-ce de la rhétorique ? Nous le demandons bien car nous planons dans un scénario d?Animal Farm qui donne l?air au BEC de nous dire : L?éducation catholique est spécifique, mais le BEC l?est encore plus !
Des héritiers lassaliens
Les maux de la police
Ils ne voient pas, ils n?entendent pas. Les choses se passent sous leurs yeux mais ils restent impassibles. Ah, indifférence quand tu nous tiens ! La police impressionne vraiment de plus en plus?
Samedi, vers 19 heures. Je me trouve à un arrêt à Baie-du-Tombeau et j?attends le dernier autobus qui me ramenèra vers Port-Louis. Au bout d?une attente plus ou moins longue, déclinant l?offre de nombreux chauffeurs de taxis marrons, apparaissent au bout de la rue les phares du véhicule tant attendu. Mais qu?est-ce qu?on entend ? Des cris, des hurlements (tout au moins est-ce ce que l?on perçoit des chansons que tentent de produire de multiples bouches en mal de grossièretés). Le bus s?arrête mais n?en tremble pas moins pour autant. Mais ce n?est pas à cause du moteur. Ils sont une vingtaine, debout là, derrière, à danser et à taper sur les vitres, les sièges et le toit, histoire de faire du bruit.
L?espace d?une seconde, j?hésite. Mais il n?y a pas d?autre moyen de rentrer. Qu?importe. On verra bien. Je choisis un des sièges qui se trouvent vers l?avant mais le brouhaha n?en est pas moins dérangeant. Le receveur est visiblement tendu. Il ne va plus à l?arrière du véhicule. Les passagers qui prennent place n?osent d?ailleurs s?y aventurer. Le bruit devient de plus en plus insupportable, les talentueux chanteurs deviennent comme enragés. Chacun redoute leur réaction s?il se retourne.
Tous ceux qui, au dehors, voient (ou plutôt entendent) passer la ?boit tapaz? ambulante se retournent, perplexes d?entendre tant de gros mots en chansons, s?étonnant sans doute aussi du fait que le bus ne tombe pas en morceaux sous la force des coups qu?il reçoit. D?ailleurs, ils ont déjà brisé deux des ampoules qui sont allumées. Chauffeur et receveur ne pipent mot. Et pour cause ! Le risque est trop gros, il vaut mieux ne pas affronter ces fous furieux.
A Roches-Bois, le chauffeur ralentit, comme pour s?arrêter. Mais il n?y a pas d?arrêt. Regardant devant et des deux côtés, je comprends sa démarche. Nous sommes devant le poste de police ! Il va enfin y avoir un peu d?ordre. J?attends, nous attendons?Une minute, deux, cinq? Rien. Derrière, ils deviennent encore plus violents. Et la police, encore plus absente. Le chauffeur reprend la route, n?osant les dénoncer.
A peine a-t-on quitté cet endroit que l?on croyait à tort, un moyen de ?délivrance?, qu?on croise un véhicule de la police. A bord, ils sont quatre. Le bruit les interpelle. Ils regardent mais ne bronchent pas. C?est sans doute l?heure du dîner. Pas le temps de s?occuper d?autre chose. Derrière, c?est le triomphe. L?ivresse de la victoire, qui s?ajoute sans doute à celle procurée par autre chose??Dir to m? asiz lor?? Et lorsque, tour à tour, ils descendent de l?autobus, le receveur se fait copieusement insulter. ?Toi, fer enn manyer to pa met lipie dan Ros boi f.. t.. m.. ? lui lance un de nos docteurs ès jurons. Le pauvre ne peut que se taire et ravaler sa frustration.
De retour chez moi, je ne peux m?empêcher d?y penser. Si la police n?agit pas, si ce n?est pour mettre un terme au sentiment d?insécurité, au moins pour le contrôler, quelle sera la prochaine révolution que connaîtra le transport en commun ? On a souvent entendu les revendications de receveurs et de chauffeurs effrayés, sans trop y prêter attention. S?attend-on à plus grave pour réagir ? Ou alors, le gouvernement serait-il en passe d?imposer un couvre-feu ? (Quand on ne veut pas affronter le monstre, on l?évite après tout ? ) Serons-nous donc contraints de rester chez nous en raison du fait que ce que l?on se croit en droit d?attendre de nos policiers dépasse de loin le rôle qui semblait jusqu?ici leur avoir été assigné ?
L.L
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