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Le phénomène des tags gagne du terrain en zone urbaine
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Le phénomène des tags gagne du terrain en zone urbaine
Ils tapissent les murs, les panneaux et les vitrines des magasins. A Saint-Denis, les tags sont partout. En moyenne, 300 inscriptions sont effacées par la brigade anti-tags chaque semaine. Art à part entière ou acte de vandalisme ? Les avis sur ce phénomène urbain sont partagés.
A la Réunion, ils font depuis longtemps partie de l’environnement urbain ordinaire. Tantôt, ils sont évoqués comme une forme de pollution et d’agression visuelle et tantôt, comme des oeuvres d’art. Les tags appartiennent en fait à la catégorie des graffiti : ce sont des inscriptions non-autorisées.
Dans la ville de Saint-Denis, les tags tapissent les murs, les devantures des magasins, les façades des grandes surfaces, les panneaux publicitaires ou de signalisation. Bref, toutes les surfaces suffisamment grandes pour y déposer un ou plusieurs signatures. Les “zones à risques” sont le centre-ville, particulièrement la rue du Maréchal Leclerc, le Chaudron et les boulevards.
L’ampleur du phénomène est tel que le service environnement de la mairie de Saint-Denis, (qui dispose déjà une petite équipe anti-tags), a conclu un accord avec le Groupement local d’employés pour la médiation (Glem), basée à Saint-Denis, pour le nettoyage de ces graffitis.
Le Glem a mis sur pied il y a deux ans, une brigade anti-tag. Celle-ci, explique Claudine Marouvin, directrice du Glem, travaille en étroite collaboration avec la mairie de Saint-Denis et les forces policières. “Notre brigade est composée d’une équipe de six hommes. Nous intervenons sept jours sur sept. La brigade doit parfois nettoyer jusqu’à 300 tags par semaine. L’équipe effectue aussi des relevés de terrain, font des photos des tags et les renseignements sont ensuite transmis à la police et à la mairie”.
Fait intéressant, les autorités policières arrivent parfois à identifier les tagueurs par leurs signatures. Le nettoyage des tags n’est pas simple. La méthode la plus facile est le recours aux bombes antigraff, lancées au carsher. Les tags les plus tenaces nécessitent souvent des produits spéciaux (appropriés selon le support tagué) et des “lingettes” imprégnées de solvants. Un travail long et minutieux, qui relève du mythe de Sisyphe. Car une fois nettoyées, les surfaces sont recouvertes très rapidement par d’autres tags.
<B>“Zot Mag” : fenêtre ouverte sur la société réunionnaise</B>
Télé Réunion a diffusé à 20 heures hier, une nouvelle émission intitulée Zot Mag. D’une durée d’une heure et 15 minutes, elle comprend un magazine, qui sera suivi d’un débat. Pour lancer cette première émission, la rédaction de Télé Réunion s’est intéressée à la précarité à travers le travail de l’association Pour La Possession, fondée par Roland Lambert, ancien Sans domicile fixe (SDF).
Intitulée La caravane de la solidarité, ce magazine de 26 minutes, signé par la journaliste Marie-Ange Frassati, sur des images de Leila Chaïbï, montre comment cette caravane a sillonné l’île du 1er au 5 août 2005. Pendant cinq jours d’affilée, la petite camionnette, chargée de vivres et de vêtements, s’est arrêtée de commune en commune pour offrir un peu d’humanité aux plus démunis. Ce qui a permis à Marie-Ange Frassati et à Leila Chaïbï de rencontrer près de 700 SDF et des familles vivant dans une misère noire. Des récits de vie incroyablement durs, des témoignages bouleversants, des réalités révoltantes.
Au Tampon, on y rencontre par exemple Emmanuel, un jeune homme épileptique de 21 ans. Il fait cinq crises par semaine, ne peut travailler et ne touche aucune aide de l’Etat. Il y aussi l’histoire de “Popeye”, ancien militaire qui a servi la marine pendant 19 ans. Il passe désormais ses nuits sur le port de Saint-Gilles, jouant de l’harmonica pour “rendre hommage au rhum”. Et que dire du destin tragique de cette femme qui a fui son domicile parce qu’elle était battue par son mari. Devenue SDF, elle est aujourd’hui avec un autre homme qui lui fait subir le même enfer. Les causes de cette dégringolade sociale : le chômage, la délinquance, l’éclatement de la famille réunionnaise, le manque crucial de logements…
“Avec ce reportage, souligne Marie-Ange Frassati, nous voulions pointer du doigt les dysfonctionnements de la société”. “Zot Mag, explique de son côté Alain Rodaix, rédacteur en chef de Télé Réunion, est avant tout une émission de société qui montre la réalité des gens au quotidien”. Et pour provoquer une réflexion, un débat d’une demi-heure avec trois invités suit le magazine. Puis, pendant un quart d’heure, les téléspectateurs peuvent réagir en direct.
Après cette première émission axée sur la précarité, les prochains thèmes qui seront exploités sont : l’emploi, la communauté musulmane à la Réunion, la campagne sucrière et la sécurité routière. Zot Mag sera diffusée tous les troisièmes mercredis du mois à 20 heures. L’idée conclut Alain Rodaix, est de faire du mercredi, la soirée locale sur Télé Réunion.
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