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Les pharmaciens veulent l?aide de l?Etat

18 septembre 2005, 20:00

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Entre les prix jugés prohibitifs et les calculs de marges complexes, les pharmaciens croient avoir trouvé le remède : la subvention, par l?Etat, d?un certain nombre de médicaments. Cette formule fait partie des propositions qui seront faites au gouvernement aujourd?hui. Les pharmaciens relaieront aussi les mesures préconisées par les importateurs.

L?objectif est de trouver une solution à court et à long termes et qui, à leurs yeux, ne lèsera personne : ni les 225 pharmacies que compte le pays, ni les malades. Selon certains milieux proches de la Pharmaceutical Association of Mauritius et de la Société pharmaceutique de l?île Maurice, la subvention médicaments est une des propositions-clés.

Les pharmaciens souhaitent qu?elle puisse être appliquée à certains produits de marque déposée, notamment ceux qui sont largement utilisés par des malades se trouvant au bas de l?échelle ainsi que les personnes âgées. Ils arguent que de nombreux pays subventionnent des médicaments à travers la Sécurité sociale, mais ne tiennent pas compte de la capacité de Maurice à supporter de tels frais.

Cette mesure pourrait venir en aide aux diabétiques, aux personnes souffrant de problèmes cardiovasculaires, d?hypertension, ou d?asthme ainsi que les malades du troisième âge. Selon des chiffres avancés par des pharmaciens, ces médicaments pourraient coûter entre Rs 75 millions et Rs 100 millions à l?Etat annuellement.

Un proche du ministère de la Santé indique du reste que sur les Rs 450 millions déboursées chaque année par l?Etat pour des médicaments destinés aux hôpitaux et aux dispensaires, 60 % du budget servirait à l?achat de remèdes pour les maladies mentionnées plus haut. Ces génériques sont disponibles gratuitement dans les hôpitaux, mais nombre de malades ne leur font pas confiance.

C?est là une tendance que veulent renverser les pharmaciens. Une proposition sera faite, en effet, pour encourager médecins et malades à consommer davantage de génériques. Jusqu?à 60 % moins chers que les produits de marque, ils ont la même composition chimique.

Les deux associations de pharmaciens estiment qu?il est ?impossible de baisser les prix des médicaments de marques déposées?. La marge, disent-ils, est déjà contrôlée à la suite d?une décision de l?ancien gouvernement. Ils ont fait remarquer qu?une baisse drastique de leur marge entraînera ?la mort de ce business à Maurice?. Ils ont ainsi fait parvenir au gouvernement un rapport réalisé par DCDM en 1995 sur le contrôle, par l?Etat, des marges sur les médicaments. Le rapport avait conclu qu?une nouvelle réduction tuerait la profession et occasionnerait la fermeture d?officines à travers le pays.

<B>Tarifs préférentiels </B>

D?autre part, une enquête discrète menée par des techniciens du ministère de la Santé aurait permis de constater que ce sont surtout les vitamines, les fortifiants, les produits amaigrissants ou certains produits cosmétiques qui génèrent des profits énormes. Un distributeur précise que les médicaments vendus à Maurice sont moins chers que dans leur pays d?origine. Il cite la France qui vend des produits pharmaceutiques à Maurice à des tarifs préférentiels. Et de noter qu?un laboratoire de contrôle de qualité pour médicaments manque cruellement ici. Car le pays n?est pas à l?abri des médicaments contrefaits.

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