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L?Allemagne hésite entre Merkel et Schröder
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L?Allemagne hésite entre Merkel et Schröder
La conservatrice Angela Merkel, en tête dans les sondages, tentera dimanche de s?emparer de la chancellerie allemande avec une avance suffisante pour gouverner avec ses alliés libéraux, plutôt qu?avec ses rivaux du social-démocrate allemand (SPD). La dernière étude Allensbach publiée mardi crédite les chrétiens-démocrates de 41,7 % des intentions de vote, contre 32,9 % pour les sociaux-démocrates de Gerhard Schröder. En recul depuis une dizaine de jours, l?Union chrétienne-démocrate (CDU-CSU) stoppe l?hémorragie.
Le chef du gouvernement, avec l?optimisme dont il ne s?est jamais départi, a assuré lundi soir que la fin de campagne lui suffirait à combler ses neuf points de retard et à coiffer sa rivale sur le fil, comme lors du précédent scrutin de 2002 face à Edmund Stoiber. «Au cours de ces trois dernières semaines, le parti s?est de nouveau mis à croire en la victoire», a déclaré Gerhard Schröder après un discours en Rhénanie du Nord-Westphalie, où le SPD avait subi une lourde défaite le 22 mai. La perte de ce bastion avait poussé Schröder à réclamer la tenue de ces élections législatives anticipées, avec un an d?avance sur le calendrier.
Les spectres
Les analystes se montrent toutefois bien plus sceptiques et rappellent que les causes de l?impopularité de Schröder - chômage élevé, réformes libérales, usure après sept ans de coalition «rouge-verte» ? n?ont pas disparu pendant l?été. «Cette fois, il y a trop de facteurs contre lui», observe Klaus-Peter Schöppner, directeur de l?institut Emnid. «Il ne faut jamais dire jamais, mais il faudrait quelque chose de relativement exceptionnel pour qu?il l?emporte».
L?incertitude porte donc moins sur l?identité du futur chancelier que sur la nature de la coalition qui le soutiendra à la chambre basse. Le sondage Allensbach place les Verts à 7,2 % et les libéraux du FDP à 7 %. Le Parti de gauche, nouvelle alliance entre l?ex-parti communiste de l?Est et des dissidents du SPD, poursuit sa lente érosion à 8,5 % des intentions de vote. Le score cumulé de la CDU et du FDP, 48,7 % des voix, ne leur garantit pas la majorité nécessaire pour former la coalition «noire-jaune» que prône Merkel et qui a dirigé l?Allemagne pendant seize ans sous la direction de Helmut Kohl.
Les conservateurs, soucieux de remobiliser leur électorat, ont brandi lundi la menace d?une alliance «rouge-rouge-verte», pourtant jugée improbable au vu des divergences personnelles et politiques qui opposent le SPD au Linkspartei.
Arithmétiquement, l?issue la plus vraisemblable est donc une «grande coalition» entre le SPD et la CDU, configuration relativement fréquente à l?échelon régional mais exceptionnelle au niveau fédéral. Les deux formations ont officiellement exclu cette hypothèse. Mais Peer Steinbrück, ancien ministre-président SPD de Rhénanie du Nord-Westphalie, a estimé que «sur certains sujets cruciaux», l?Allemagne avait besoin d?une «coopération dépassant les clivages partisans».
S?ils veulent éviter la paralysie du Bundestag, SPD et CDU pourraient être rapidement contraints d?oublier les invectives échangées au cours de la campagne, brève mais orageuse. Au cours de la seule «grande coalition» de l?après-guerre, la gauche avait soutenu de 1966 à 1969 un gouvernement dirigé par Kurt Georg Kiesinger, ancien fonctionnaire nazi, surmontant des dissensions autrement plus importantes qu?aujourd?hui.
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