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Travaux sur l’autoroute
Les préparatifs vont bon train, en septembre 1980, afin d’étendre l’autoroute de Terre-Rouge aux Pamplemousses. Le projet d’un aéroport du Nord fait alors l’unanimité. Un spécialiste de l’aéroportuaire, Marcel Didier, rappelle aux lecteurs de l’express les avantages d’un aéroport à Plaine-des-Roches par rapport à celui de Plaisance.
Ce dernier est un accident de l’histoire et ne résulte en rien d’un choix topographique logique. Pendant la guerre 1939-45, l’armée anglaise dispose d’une base d’hydravions au Goulet, Baie-du-Tombeau. Un incendie la rendra toutefois inutilisable. Elle sera remplacée par une “Royal Navy Air Station” à Plaisance. Ce choix topographique est dicté par la proximité à Bois-des-Amourettes d’un dépôt de carburant, ravitaillé par des navires-citernes (tankers), mouillant dans le lagon du Grand-Port. Les avions militaires utilisés ne sont pas plus grands que les “Twin Otters” ayant constitué la flotte d’Air Mauritius, à ses débuts, dans les années 1970. La piste d’atterrissage alors disponible à Plaisance, est suffisante pour de si petits avions de combat, conçus justement pour pouvoir se poser dans les conditions les plus difficiles. Elle sera toujours suffisante quand, à la fin de la guerre, les autorités militaires remettent la piste d’atterrissage et quelques bâtiments de fortune aux autorités civiles et quand commencent les premières liaisons aériennes de l’après-guerre, entre autres, avec des avions de la RLAF (Réseau des Liaisons aériennes françaises), l’ancêtre d’Air France. Les avions deviendront de plus en plus gros et exigeront, par la suite, des pistes d’atterrissage plus longues. Celle de Plaisance finit, dans les années 1970, à être prise en sandwich entre les montagnes du Grand-Port et la déclivité menant à la mer. La route Plaine-Magnien/Mahébourg doit être déviée à plusieurs reprises en amont.
Des difficultés d’ordre climatique s’ajoutent à cela. Les alizés sont une contrainte permanente, s’accompagnant souvent de pluie et de brouillard. Pour les visiteurs étrangers, c’est la douche froide après 24 heures de vol ou presque. Ils peinent à croire, à leur descente d’avion qu’ils sont venus visiter une île ensoleillée. Il y a aussi l’éloignement de l’aéroport. Plaisance est à 40 kilomètres de Port Louis, alors que seulement 8 kilomètres séparent le Gillot de Saint-Denis, à la Réunion. Ces facteurs plaident pour l’aéroport du Nord même si de méchantes langues assurent que Ramgoolam veut renforcer sa popularité dans le Nord, alors qu’elle est mise à mal dans le Sud par le PSM d’Harish Boodhoo.
Il appartiendra à Anerood Jugnauth, après le 11 juin 1982, de couper ce nœud gordien. Il tranchera en faveur de Plaisance, bien que Plaine des Roches se trouve dans sa circonscription de Piton/Rivière du Rempart. Des appareils sophistiqués, facilitant l’atterrissage à Plaisance, lui donneront raison. Mais nos visiteurs étrangers doivent toujours se farcir le mauvais temps qui sévit entre Plaisance et La Vigie. Et le dernier souvenir qu’ils emportent en rentrant chez eux c’est encore ce triste aéroport, noyé de brume et fouetté par des alizés invariablement pluvieux.
Mais nous n’en sommes pas là, en septembre 1980. Seewoosagur Ramgoolam est toujours aux commandes et caresse son projet de doter le Nord d’un nouvel aéroport. Et comme il planifie mieux que ses successeurs, avant d’aménager son aéroport, il étend l’autoroute du Nord. Elle continue de suivre le tracé de l’ancienne voie ferrée, qu’elle délaisse à Piton quand, après l’abandon du projet aéroportuaire de Plaine des Roches, l’autoroute du Nord dédaignera la Rivière du Rempart pour se diriger, enfin, vers Grand-Baie qu’elle atteint au bout d’une vingtaine de kilomètres à partir de Terre Rouge, alors qu’une douzaine de kilomètres seulement séparent, à vol d’oiseau, ces deux localités.
En septembre 1980, le tronçon reliant Roches Bois à Terre Rouge est en voie d’achèvement. Son extension vers Piton est décidée malgré la situation économique désastreuse. Le tronçon Terre Rouge-Pamplemousses est long de 6,5 kilomètres. Trois entreprises sont en lice dont une mauricienne. La Société française des Grands Travaux de l’Est décroche pourtant le contrat de Rs 62 millions. Le Fonds européen de Développement en assure le financement. La fin des travaux est prévue pour début 1982. L’autoroute à quatre voies fait 25 mètres de large. Il faut déloger ceux qui résident sur son tracé, déboiser et défricher. On prévoit 278 000 mètres carrés de déblayage, 150 000 mètres cubes de terrassement, 2 300 mètres cubes de béton pour les ouvrages d’art et les drains et 20 000 tonnes de bitumeux pour les travaux de l’asphaltage. Bref, il faut ce qu’il faut.
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