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Neuf contraintes à la production alimentaire

14 septembre 2005, 20:00

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Le plan d’action de diversification agricole signale neuf contraintes à l’accroissement de la production alimentaire. Elles sont dans l’ordre 1. la disponibilité des ressources foncières, 2. les possibilités d’irrigation, 3. la main d’œuvre, 4. les facilités de crédit, 5. la politique fiscale, 6. la politique des prix, 7. l’absence d’un système d’assurance des récoltes, 8. le marketing et l’entreposage des produits et 9. la recherche.

  1. Ressources foncières : selon le rapport “Arlidge and Wong” de 1975, la moitié de Maurice (441 549 arpents) est occupée par la canne à sucre. Les cultures vivrières n’occupent que 4 740 arpents (1%). Environ 78 000 arpents ne se prêtent à aucune activité agricole. Quelque 38 000 arpents de terres arables sont sous-utilisés. Le “National Food Production Committee” de 1974 parle de 15 803 arpents disponibles en interlignes de canne à sucre ou sur les terres en rotation pour les cultures vivrières. Des arrangements doivent être faits pour en assurer une exploitation maximale, notamment en les mettant à la disposition de planteurs ne possédant pas de terre. Le MSIRI procède à une enquête dont les données seront informatisées afin qu’elles puissent être utilisées à bon escient. Quelque 2 300 arpents de terres de la couronne et de pas géométriques doivent être utilisées de façon plus efficace. Un tel projet devrait être favorable à l’élevage du cerf

Le rapport Lutchmeenaraidoo de 1974 rappelle que 10 371 arpents se prêtent à la riziculture (rizières inondées). Quelque 80 000 arpents peuvent produire du riz s’ils sont adéquatement irrigués par voie aérienne

Une mise en garde concerne plus particulièrement l’urbanisation qui menace les terres agricoles. Ainsi 19 000 arpents seront requis pour des besoins de développement urbain quand la population atteindra 1,2 million d’habitants, en… 1992 (N.B. chiffre atteint une décennie plus tard). Le plan recommande la création d’une “Land Bank” (que nous attendons toujours, 25 ans après)

  1. Irrigation : Nous recevons une pluviosité moyenne de 92 pouces (2 300 mm) pour l’ensemble de l’île, soit 154 000 millions de pieds cubes. Nous en utilisons 24 200 millions dont 12 000 M.p.c. à des fins industrielles et agricoles. Nous en perdons 134 000 M.p.c. dans les rivières. Le plan recommande la soumission rapide d’un rapport intérimaire sur les ressources hydrologiques de la côte Ouest, qu’un comité soit créé pour assurer le suivi du programme d’irrigation de la côte Ouest, que des amendements soient portés aux “water rights” afin de permettre une distribution plus équitable de cette ressource

  2. Main d’œuvre : Le plan recommande une structure salariale particulière pour pour encourager les jeunes aux activités agricoles, la mécanisation de celles-ci, le regroupement des petits producteurs en coopératives agricoles pour qu’ils puissent mécaniser et embaucher une main d’œuvre permanente, étudier les problèmes affectant les travailleurs (chute de productivité, manque d’intérêt), afin de solutionner durablement le manque de main d’œuvre

  3. Crédit agricole : Le plan d’action note la nécessité de facilités de crédit dans tout programme de diversification agricole. Il identifie les sources de financement disponibles. Il souhaite la restructuration du crédit coopératif et l’élaboration d’un circuit de crédit agricole intégré. L’objectif est de procurer au planteur un seul point de service où il obtiendra ses prêts, ses fertilisants, ses “inputs”, l’encadrement nécessaire. Le plan recommande la création d’une unité de production au ministère des Coopératives, que les banques tiennent davantage compte des possibilités de production et de remboursement plutôt que d’exiger des garanties foncières. Le développement de la production agricole exige le développement d’un “capital market”. Cela suppose une stratégie commune définie par le ministère de l’Agriculture et la Banque de Maurice.

  4. Politique fiscale et politique de prix : Le plan recommande l’institution d’une structure de prix encourageant la production agricole, la création d’un “Relief and Guarantee Fund” permettant de convertir des prêts à court terme en prêts à moyen terme en cas de récolte désastreuse, l’extension au secteur agricole des certificats de développement.

  5. Marketing : Le plan suggère que les producteurs se regroupent en coopératives pour le transport et la distribution de leurs récoltes. Le système de vente à l’encan des produits maraîchers doit être revu. Les étals doivent être accordés en priorité aux planteurs voulant écouler leurs produits eux-mêmes. Le plan recommande la mise en place de facilités d’entreposage.

  6. Recherche : Un plan d’action doit coordonner les recherches effectuées par le ministère de l’Agriculture, l’Université et le MSIRI afin d’éviter les doublets. Les échanges entre ces organismes doivent s’intensifier, par des échanges de personnel et des projets de recherche communs. Le plan propose l’élargissement des services d’encadrement afin d’assurer la communication entre la recherche et les travailleurs agricoles à la base. Cela suppose la création d’un Conseil National de Recherches que nous attendons toujours d’ailleurs.

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