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Formation : l’île veut se forger une élite

14 septembre 2005, 20:00

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A la Réunion, les différentes études sur le développement mettent l’accent sur la nécessité de la formation. Après le besoin en ouvriers titulaires du bac dans les années 1980, d’agents de maîtrise à bac+2, dans les années 1990, les chefs d’entreprise font ressortir depuis 2000, la nécessité de développer les filières de formation à bac+5. Le niveau d’exigence s’élève. C’est donc pour répondre à ce besoin d’excellence que la Chambre de commerce et d’industrie de la Réunion (CCIR) mise de plus en plus sur la formation supérieure.

L’offre de formation supérieure a accompagné l’évolution du système éducatif. Aujourd’hui, plus que jamais, il s’agit, grâce à ces formations, “de tirer la Réunion vers le haut” déclare Gérard Arzilli, secrétaire général la CCIR. Pour atteindre cet objectif, des partenariats ont été établis avec l’Education nationale. “Avec l’université de la Réunion, la CCIR constitue l’autre partenaire de matière de formation supérieure. Dans la mesure où les barrières entre le privé et le public sont tombées, travailler avec l’université de la Réunion relève désormais de l’intelligence réunionnaise ”, ajoute-t-il.

La Réunion est dotée de jeunes candidats d’un très bon niveau. Les exercices de sélection à Supinfo océan Indien (formation de haut niveau en informatique) en sont la preuve. Pour le secrétaire général de la CCIR, il s’agit donc, avec les formations dispensées, “de dégager une élite réunionnaise qui prendra le levier de commande du monde économique et pourquoi pas politique”.

Cette élite réunionnaise sera, espère-t-on, révélée par Supinfo. Après une formation sur cinq ans, les premiers diplômés, parmi la centaine d’étudiants admis à la rentrée, sortiront en 2007. D’autre part, l’Ecole supérieure d’ingénieurs en développement agro-industriel doit ouvrir ses portes en septembre 2006. Le titre d’ingénieur diplômé qu’elle délivre sera obtenu à bac+ 5. Elle remplacera l’Institut universitaire professionnalisé agro alimentaire. Le cursus pédagogique devrait normalement être partagé avec la métropole, avec une année à l’Ecole nationale supérieure de biologie appliquée à la nutrition et à l’alimentation de Dijon.

Toutes ces formations ont néanmoins un coût : entre 6 000 et 10 000 euros par étudiant. “80 % des frais d’inscription sont ainsi pris en charge par les organismes publics. Les frais d’inscription sont bien inférieurs à ceux des régions métropolitaines. Il n’existe pas de système comparable en métropole”, indique Gérard Arzilli.

<B>Supinfo océan Indien : former des ingénieurs en informatique</B>

“Les enseignements dispensés à Saint-Benoît sont identiques à ceux de Paris, de Chine, de Martinique”, souligne d’emblée Auguste Manicom, directeur de Supinfo océan Indien. Cette école supérieure d’informatique basée à Saint-Benoît, premier centre de formation d’ingénierie informatique, vise à développer la formation d’ingénieurs qualifiés dans le secteur des hautes technologies et d’encourager l’utilisation des TIC par les entreprises”.

La rentrée de la première promotion a eu lieu en octobre, avec l’ouverture de trois classes de 30 étudiants chacune. L’enseignement est dispensé sous forme de cours magistraux, de travaux pratiques, d’e-learning et de visioconférences. Le titre international d’ingénierie Supinfo est reconnu par l’Union européenne comme un Master européen. Dès la première année du cursus, les étudiants peuvent prétendre à des certifications professionnelles Microsoft, Oracle, Cisco, Redhat... Auguste Manicom insiste également sur la notion de bilinguisme des futurs ingénieurs. Supinfo entretient ainsi des partenariats avec des universités et des écoles du monde entier.

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