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Questions à?Professeur Soodursun Jugessur
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Questions à?Professeur Soodursun Jugessur
● Quel poste occupiez-vous avant d?être nommé président du Mauritius Research Council (MRC) ?
Avec ma maîtrise en physique et mon doctorat en génie électronique, j?ai été chargé de cours à l?université de Maurice et j?ai gravi les échelons en 12 ans jusqu?au poste de pro-vice chancelier. Les Nations unies (NU) qui m?avaient vu faire, m?ont débauché pour que j?agisse comme chef de la section sciences et technologies pour l?Afrique. J?ai été basé d?abord en Ethiopie puis à Tanger au Maroc où j?ai pris la direction du bureau de l?Afrique du Nord. Mon rôle était de promouvoir le développement et l?application de la science et de la technologie en Afrique, en liaison avec le bureau de New York et celui de Genève.
● Avez-vous réussi votre mission ?
Je le crois. J?ai été l?initiateur d?un concept qui est la commercialisation des résultats de la recherche. Quand les gens parlent de sciences et de technologies, ils ont tendance à placer le débat à un niveau très élevé alors qu?elles doivent être comprises par la masse. J?ai pu convaincre les Etats membres de l?Onu de mettre davantage l?accent sur l?application des résultats de la recherche dans leurs politiques scientifiques et technologiques pour que Monsieur Tout-le-Monde profite de ces résultats. C?est bien joli de faire de la recherche mais, si elle n?est pas appliquée et commercialisée, c?est de l?argent gaspillé.
● En tant que président du MRC, quelles seront vos priorités ?
J?ai fait un état des lieux du MRC créé en 1992. Jusqu?ici, cette instance a initié 250 projets de recherche, embauchant 240 assistants de recherche, au coût total de Rs 93 millions. L?an dernier, le MRC a animé 70 séminaires et réuni 4 000 participants. C?est très bien mais, de tous ces projets de recherche, seuls une dizaine ont eu un impact sur la masse. Parmi, un nouveau matériau de construction pour logements sociaux, la fabrication d?achards et le laboratoire scientifique mobile dont il n?existe qu?un prototype. C?est insuffisant. Comme les gens ne connaissent pas le rôle du MRC, je ferai connaître cette instance par le biais des médias. Nous ventilerons les résultats de recherches valables pour qu?elles soient mises à la disposition d?entrepreneurs intéressés à les commercialiser et de là, atteindre la masse. Nous allons conseiller le ministère de l?Education pour qu?il y ait davantage de pratique ou une hands-on approach dans les cours de sciences dans les écoles primaires et secondaires. Nous encouragerons les programmes régionaux avec la Southern African Development Community et allons créer des réseaux avec les enseignants de sciences et les chercheurs.
Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE
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