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Signaux flous
<B>Par Stéphane SAMINADEN</B>
Au compte-gouttes. Plus de deux mois après son accession au pouvoir, le nouveau régime n’a toujours pas rempli certains postes clés. Les nominations de la semaine dernière ajoutent plus à la confusion plutôt que d’éclairer la situation.
On est effectivement confronté à un curieux mélange d’hommes de métier et de nominés politiques qui n’ont pour tout bagage que d’être membre influent du Parti travailliste et plus ou moins associés au domaine dont ils auront dorénavant la responsabilité.
Ce n’est pas un crime pour un gouvernement de vouloir placer ses hommes de confiance aux postes stratégiques. Cela se pratique dans tous les pays développés.
Mais si l’on peut caser, sans grandes conséquences, un “copain” à la tête de la Sugar Industry Labour Welfare Fund on ne peut, de la même manière mettre n’importe qui en charge d’une institution clé dans un secteur comme les technologies de l’information et de la communication, appelé à être le futur de l’île Maurice moderne. Tant pis. La politique a des raisons que la raison ignore…
Il n’empêche qu’il y a encore des institutions clés qui sont encore sans capitaine. On laisse, par exemple, planer le doute sur le responsable de la politique monétaire, la Banque de Maurice.
En attendant le marché et l’économie sont toujours en attente. N’en déplaise au Joint Economic Council (JEC), le plan Sithanen n’a pas créé le déclic attendu. Mais il a des circonstances atténuantes. Nous en convenons.
Mais nous ne comprenons toujours pas la politique du gouvernement en matière de tourisme. Il a beau crier sur tous les toits que c’est le secteur qui peut prendre le relais dans la difficile période de transition de l’économie. Mais les actes et les discours ne suivent pas.
Il y a eu une pseudo annonce de libéralisation de l’accès aérien. Mais défoncer des portes ouvertes ne crée que des courants d’air.
Ne voilà-t-il pas que le Premier ministre lui-même cherche querelle avec les hôteliers les accusant de ne pas dépenser suffisamment pour promouvoir la destination Maurice. Objectivement le budget de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) est de Rs 300 millions annuellement, celui des hôteliers est de Rs 1 milliard.
Que le Premier ministre remette en cause la compétitivité de la destination Maurice est un débat sérieux qui mérite attention. Maurice n’est plus “glamour” comme il l’était dans les années précédentes. Avec le développement des liaisons aériennes, aucune destination balnéaire n’est aujourd’hui exclusive.
On a assisté ces dernières années à un tassement des arrivées touristiques. Mais les bénéfices des grands groupes hôteliers n’en ont pas souffert. Ce paradoxe est d’ailleurs un des nœuds de la politique touristique.
À la baisse des taux de remplissage, les grands groupes hôteliers ont répondu par une hausse des tarifs qu’ils appellent pudiquement un “better commercial mix”. Que Maurice soit perçue comme une destination chère était un argument de vente. Mais quand elle est perçue pour être chère pour rien, cela explique peut-être la stagnation des arrivées tandis que d’autres destinations affichent des taux de croissance à double chiffre.
D’autre part, le gouvernement continue à frustrer le secteur privé en maintenant le flou sur sa politique économique. Pour le moment, il se vante de montrer que “plus socialiste que moi tu meurs”. Monsieur Bheenick doit être ravi.
Mais, encore une fois, si le JEC se contente d’observer que le contrôle des prix ne figurait pas dans le discours de Sithanen, il n’en demeure pas moins que la réintroduction du système de “mark up” sur le prix du lait a déjà occasionné des licenciements. Et d’autres sont à prévoir.
Dans son manifeste, le gouvernement prônait la libéralisation des énergies entrepreunariales. Dans les faits on est de retour à l’interventionnisme étatique.
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