Publicité
Bijaye Madhou un nouveau directeur apôtre du changement
Par
Partager cet article
Bijaye Madhou un nouveau directeur apôtre du changement
Après quelques minutes de retard au rendez-vous fixé, l'homme s'approche de nous et s'excuse. Dirigé vers la salle de conférence, Bijaye Madhou vient nous y rejoindre peu après en s'excusant encore une fois.
Depuis son retour, après une absence de dix ans à la MBC, le nouveau directeur de la station publique a du pain sur la planche. Mais c'est sa sérénité qui surprend. On tente en vain de trouver sur son visage une trace d'inquiétude. Mais non.
Est-il seulement conscient d'être devenu une cible à toutes sortes de récriminations ? A notre question, l'homme sourit. « C'est un peu malheureux à Maurice. On vous juge toujours sur d'autres facteurs. Mais après tout, c'est comme ça partout. Pourquoi m'inquiéter? Une décision peut rarement être unanime. Mais nous voulons travailler pour le bien-être des téléspectateurs », déclare-t-il.
<B>Fauteuil très convoité </B>
A 61 ans, Bijaye Madhou a atterri dans le fauteuil très convoité du directeur de la MBC. Ce retour ne lui fait pas peur. « Quand j'étais directeur général en 1995, c'est moi qui me suis chargé de faire construire le nouveau bâtiment. Les chefs de section étaient les mêmes. Les anciens de l'époque sont encore là. J'ai simplement retrouvé un environnement qui m'est déjà familier », souligne notre interlocuteur. La seule différence serait, pour lui, le contexte du changement et de l'attente de la population. Il ajoute alors que son défi est beaucoup plus grand qu'en 1995. « A la MBC, on est dans une situation comparable à celle dans laquelle se trouve le pays».
Le changement, qui revient au c?ur de notre conversation, ne manque pas de faire rappeler cette devise au c?ur de la campagne électorale de l'alliance sociale. La proximité de Bijaye Madhou avec le Parti travailliste n'est un secret pour personne. Tant qu'à faire autant mettre les choses au clair. « Après tout, je suis un nominé politique mais je ne vois toujours pas en quoi cela peut altérer mes compétences en tant que directeur général de la MBC », déclare-t-il en haussant presque les épaules.
<B>Passion pour la chose politique</B>
Depuis son adolescence passée dans la période de la pré-indépendance, Bijaye Madhou tombe amoureux de la politique. Une maîtresse à laquelle il est difficile de résister à l'époque. Sa rencontre avec Sir Seewoosagur Ramgoolam le conforte dans sa passion pour la chose politique. Mais il finit par choisir de ne pas en faire de manière active. Engagé dans un groupe de jeunesse, Bijaye Madhou continue à militer jusqu'à sa rencontre avec le docteur Philippe Forget. Ce dernier l'emmène dans une autre arène tout aussi passionnante : les médias.
Elu Jeune de l'Année en 1972 par l'express, Bijaye Madhou entrera trois ans plus tard à la MBC en tant que responsable de la documentation. Une nouvelle opportunité se présente à lui et il s'en va au ministère des Finances où il officiera en tant que conseiller.
Le ministre de l'Education d'alors Armoorgum Parsuramen lui demande de mettre sur pied la Mauritius Film Development Corporation. Tâche à laquelle il s'attèle alors. C'est à la suite de cela qu'il revient à la MBC en tant que directeur général pour la première fois.
Puis, nouveau gouvernement oblige, un autre directeur est nommé. Bijaye Madhou s'occupe alors en agissant en tant que consultant dans les médias. « Je sais que je suis sur un siège éjectable. Je l'ai souvent été. Il y a eu des traversées du désert mais je m'en suis sorti. C'est là que le social et le travail communautaire m'ont aidé », raconte-t-il.
En 2000, Bijaye Madhou écrit aussi un livre sur Sir Seewoosagur Ramgoolam qui a été l'un de ses mentors. Il admire aussi Nehru et Gandhi. De grands hommes ayant tous milité pour leur pays. C'est la raison pour laquelle peut-être Bijaye Madhou déclare être toujours resté un « soldat de l'indépendance, du changement ».
Ce père de deux enfants, solidement ancré dans des valeurs familiales, n'a dorénavant plus qu'un but. Faire de la MBC une vitrine de l'île Maurice. Et pas qu'en analogique ?
Publicité
Publicité
Les plus récents