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Heras en route vers l’histoire

13 septembre 2005, 00:00

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Roberto Heras, chef de file de la Liberty Seguros, a tué dimanche la Vuelta lors d’une dantesque étape de montagne et va – sauf coup de théâtre – entrer dans l’histoire comme le premier coureur sacré quatre fois roi sur les routes d’Espagne.

Bien qu’incommodé de 15 points de suture au genou gauche, de la pluie et du froid, le coureur espagnol a été le héros d’un de ces renversements comme seuls en réservent les grands tours, démontrant qu’il avait tout d’un grand. Il a suffi d’une étape, une seule, à l’ex-fidèle lieutenant du septuple vainqueur du Tour de France, pour écoeurer tous ses rivaux.

Après avoir remporté les éditions 2000 et 2003, le grimpeur espagnol avait rejoint l’an dernier au palmarès de la Vuelta le Suisse Tony Rominger. En relégant dimanche à 4’30” le Russe Denis Menchov, qui semblait pourtant contrôler la course, le coureur Espagnol s’est ouvert un boulevard vers sa quatrième couronne.

Il la doit au panache, à l’orgueil et au culot. Ces derniers jours, il n’arrivait pas à décrocher d’un boyau le Russe. Menchov suçait sa roue dans tous les cols, sans décoller de la selle, tel l’Allemand Jan Ullrich sur les lacets des Alpes ou des Pyrénées. La messe semblait dite.

Sauf pour Heras, qui a joué le tout pour le tout dans une descente, à tombeau ouvert sur un bitume mouillé, laissant seul Menchov dans le brouillard alors que quatre de ses coéquipiers l’attendaient devant pour franchir le dernière et terrible ascension de Valgrande-Pajares. “Il est descendu comme un fou, il a risqué sa peau”, a commenté, admiratif, un autre Espagnol, Paco Mancebo.

À une semaine du sacre, Heras n’a plus que deux difficultés à franchir après la journée de repos d’hier : une solide étape de montagne, demain entre El Espinar et La Granja de San Ildefonso, avant la parade finale de dimanche sur les avenues de Madrid.

Mais Menchov, vainqueur des deux premiers chronos, a laissé filer beaucoup trop de temps et de moral pour espérer encore renverser la vapeur. Heras est bien prophète en son pays, et nulle part ailleurs. Étrangement, il n’a remporté qu’une étape sur le Giro (1999), sans jamais briller sur le Tour de France, dont il a terminé cette année 45e, à 1h38’33” d’Armstrong.

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