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Mario Armel, le chanteur voyageur
Né un vendredi 13, Mario Armel croit fort dans le déterminisme des dates. Ainsi, c?est un 13 juillet 1967, qu?il décroche, à 18 ans, son premier contrat. Il est alors membre du groupe Night Birds, une formation qui anime les bals et les kermesses. Le groupe est contacté pour animer une soirée pour le 14 juillet, à la salle des fêtes de Saint-Benoît, à la Réunion. Une occasion en or pour le jeune musicien.
Mais la première prestation se passe mal. Les jeunes musiciens ne font pas l?impact espéré et ils galèrent quelques jours dans Saint-Denis. Mario Armel est alors chanteur et guitariste du groupe. Il est accompagné d?un batteur, d?un bassiste et d?un soliste. Il chante des reprises des Beatles, de Bobby Solo ou de Christophe.
La chance veut qu?ils rencontrent par hasard le propriétaire de l?hôtel d?Europe, un établissement de Saint-Denis qui leur confie l?animation des soirées. Les Night Birds font un tabac et décrochent un contrat de trois ans. Le groupe devient même le meilleur orchestre de la Réunion.
C?est à partir de ce moment que la popularité de Mario Armel commence à grandir. Avec son groupe, il donne quelques concerts à Maurice, notamment au Cinéma des Familles, à Port-Louis, en 1969. ?Le groupe était au complet et nous étions épaulés par une section de cuivres?, se rappelle Mario Armel, ?nous en avons profité pour introduire la mode des pattes d?éléphants que nous avions importé de la Réunion et qui était notre tenue de scène.?
Le chanteur fait un détour par Madagascar. Un long détour de trois ans durant lequel il continue à se produire en cabaret. Mais ce séjour à Madagascar lui permet surtout de découvrir Mike Brant. On est au début des années 70 et le chanteur israélien fait un tabac en Europe. Mario Armel est touché. Il reprend les plus grands succès de Mike Brant et le fait découvrir à ses amis mauriciens. On lui colle rapidement l?étiquette de ?Mike Brant mauricien.?
Entre-temps, Mario Armel avait fini par se mettre au séga, lui qui chantait déjà des chansons créoles depuis l?âge de 13 ans. Au début des années 1970, il lance donc son premier 45 tours, Maria Teresa. ?Je suis issu d?un mélange de Chinois, de Breton, de Portugais et ce sont toutes ces influences qui m?ont inspiré dans mes chansons?, précise le chanteur qui avoue avoir un faible pour le rythme afro-cubain, un beat que l?on retrouve sur Maria Teresa.
Durant les années 1970, Mario Armel travaille et vit en Afrique du Sud. Il signe un contrat avec CBS et lance un nouveau groupe, Hot Sounds of Mauritius. à Johannesburg, il aide à créer le Mauritius by night, une boîte de nuit de la métropole sud-africaine où il se produit. C?est en 1978 qu?il sort l?un de ses plus grands succès, Anita my love. La chanson atteint très vite des sommets et monte jusqu?à la troisième place du hit-parade en Allemagne !
Après les choses se sont gâtées? ?J?ai découvert l?univers du show biz. Je suis artiste, pas businessman, et je me suis fait avoir dans tous les sens?, raconte Mario Armel. La jungle? Il ne touche pas un sou sur les ventes de Anita my love. Le groupe connaît des déboires et Mario Armel décide de rentrer à Maurice. Il prend de l?emploi dans un hôtel où il gagne Rs 315 par mois. On est en 1980 et le chanteur décide de tourner la page. Il s?associe au groupe Features of life puis sort une nouvelle chanson, Cari posson? qui dérange les susceptibilités ethniques et est interdite sur les ondes !
Mario Armel décide alors de poursuivre sa route. Il part pour la Côte-d?Ivoire où il aide à créer une autre boîte de nuit à Abidjan. Puis c?est le début de son périple européen qui va durer presque dix ans et le mener de Paris à Moscou, en passant par Genève et Rotterdam et un petit détour par Chicago. Puis en 1988, Mario Armel décroche un nouveau contrat en Afrique du Sud où il restera jusqu?en 1994, l?année où il rentre enfin à Maurice.
Mais, ces dix dernières années Mario Armel n?a jamais arrêté de voyager même s?il reste durablement dans son île. Il fait des déplacements en Asie, en Afrique, en Australie? Depuis quelques années, il travaille sur un gros projet qu?il tient secret.
Cette année, il sort donc son album souvenir de quarante ans de carrière, avec dix de ses meilleures chansons. Mais l?album est surtout le prétexte pour lancer un nouveau style que Mario Armel baptise ?Mollywood?. ?C?est le remix de chansons à la mauricienne, avec ses influences multi-culturelles et l?accent mis sur le créole et le hindi?, explique-t-il un peu schématiquement.
Mais c?est pour lui surtout une façon de répondre à la culture occidentale somme toute plutôt dévorante, surtout dans l?industrie du disque. Le parcours de Mario Armel dans les coulisses de la musique internationale continue et le chanteur voyageur ne semble pas prêt de s?arrêter.
Sangeeta Deerpaul, les saveurs de Bollywood
?Quand j?étais enfant, mon père s?amusait à me chanter Carri Poson.? Un beau jour, voilà que Mario Armel frappe à la porte de Indurduth Deerpaul, le père de Sangeeta. ?Il est venu lui demander conseil parce qu?il cherchait une chanteuse pour ses remix. Mon père lui a dit : Pas de problème, ma fille est chanteuse.?
Embarquée dans cette expérience de fusion, Sangeeta Deerpaul n?hésite pas un seul instant et pose sa voix sur des trois titres de l?album anniversaire de Mario Armel. ?Il n?y a pas de mal à essayer.? C?est son mari, Deepak Sharma, ressortissant indien qui s?occupe de la traduction des paroles du créole en hindi.
Dans un autre genre, Sangeeta Deerpaul a eu l?occasion de chanter avec Shaan lors de son concert chez nous en 2004. Après un bref passage sur les ondes d?une radio privée, elle enseigne le chant depuis trois mois au Sanskriti Centre à Moka. Elle se produira à Belle-Rive le 18 septembre, dans le cadre des festivités marquant le 105e anniversaire de Sir Seewoosagur Ramgoolam.
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