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Ouverture

12 septembre 2005, 00:00

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Un grand pas a été franchi, la semaine dernière, quand le Premier ministre et le leader de l?opposition ont pris le chemin du dialogue. Cela a débouché sur l?adoption d?un texte de loi revu et corrigé sur la commission anti-corruption. La concertation qui a eu lieu entre les deux principaux acteurs de la vie publique rappelle, une fois de plus, la nécessité de résoudre les problèmes sensibles sur la base d?un consensus.

Lorsqu?un débat émotionnel est provoqué par un projet de réforme controversé, les dirigeants politiques ont souvent choisi, dans le passé, de reculer plutôt que d?affronter une campagne agressive. Pour bloquer une initiative majeure du gouvernement, l?opposition peut facilement créer un environnement de suspicion et rendre l?opinion publique méfiante envers le régime. Plusieurs tentatives de réformer le système électoral, par exemple, ont échoué en raison de la passion qu?il soulève.

Aucun gouvernement n?a eu le courage d?aller de l?avant avec l?introduction de la représentation proportionnelle craignant à chaque fois de braquer une majorité de l?électorat contre lui. C?est un sujet délicat et il peut facilement être exploité par une opposition démagogique si la proposition du gouvernement du jour est faite de façon unilatérale. Cependant, si les deux principaux blocs conviennent d?une formule mise au point conjointement, la réforme passera.

Si Navin Ramgoolam avait écouté les faucons au sein de son cabinet et avait maintenu la ligne dure par rapport aux dispositions initiales du PoCA, il aurait pris le risque de mener vers une impasse la lutte contre la corruption. Beaucoup auraient trouvé la nomination du futur directeur général chargée d?une connotation politique. Par son ouverture, le Premier ministre a, fort heureusement, évité ce piège.

Si un accord entre les deux blocs politiques est souhaitable sur des mesures ponctuelles et incontestablement dans l?intérêt national, en revanche, il est dangereux pour un régime de rechercher systématiquement l?unanimisme. Le consensus à tout prix peut paralyser le pays. En démocratie, il est normal que gouvernement et opposition aient des vues divergentes sur la politique à mener. Une vraie confrontation argumentée sur les enjeux du pays est saine aussi longtemps que les intervenants ne versent pas dans la haine et l?intolérance. Si les insultes et quolibets qui émanent des travées de l?Assemblée nationale ne permettent guère d?élever le débat, la télévision, elle, peut favoriser les discussions qui éclairent le sujet.

L?ouverture politique reste un processus tout à fait salutaire pour la démocratie sauf quand elle aboutit à des liaisons dangereuses. Rien n?indique, à ce stade, qu?un rapprochement entre les deux plus grands partis, le PTr et le MMM, pourrait intervenir si la situation économique se dégrade davantage, mais cette éventualité est évoquée dans bien des salons mauriciens. Au vu de notre histoire récente, elle suscite une certaine inquiétude.

Nous avons déjà connu, à Maurice, une grande coalition entre tous les partis représentés au Parlement et personne ne souhaiterait renouveler l?expérience. Les atteintes à la liberté, le report des législatives et d?autres décisions prises par le régime né de la réconciliation politique de 1969 font l?objet de chapitres peu glorieux de l?histoire de notre jeune nation.

Notre démocratie sera sauve tant que les politiciens imposent des limites à leur entente. Il s?agit de s?entendre sur des questions trop cruciales pour être exploitées de manière partisane. Sans plus.

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