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Ramgoolam : ?Les hôteliers ne font pas assez d?efforts?
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Ramgoolam : ?Les hôteliers ne font pas assez d?efforts?
Où en est le projet de ?jeter les bases du changement? ? C?est le Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, qui pose la question? et il en donne la réponse. C?était le thème de sa rencontre avec la presse, samedi, au bâtiment du Trésor.
Changement veut d?abord dire économie. Puisque ?la situation héritée est catastrophique?, il faut prendre des mesures drastiques. Et il égratigne au passage le secteur privé. Le tourisme, dit Ramgoolam, est la priorité puisque cela peut se faire rapidement et le pays dispose de compétences. Il déplorer le fait que la décision du gouvernement d?ouvrir l?espace aérien n?ait pas été accueillie plus favorablement.
?L?ancien gouvernement en parlait sans rien faire alors que nous avons agi très vite.? Mais ?avec précaution?, pas ?enn kou sek.? Le Premier ministre estime, qu?avec la venue de Corsair, ?les arrivées augmenteront de plus de 50 000?. Mais??les hôteliers ne font pas assez d?efforts?. Il prend pour preuve un index de compétitivité qui classe la destination mauricienne? à la dernière place. ?Ce rapport n?est pas flatteur pour les hôteliers.?
En faisant appel à ces derniers pour plus d?efforts, le Premier ministre lance aussi une proposition : ?Que, pour chaque roupie qu?investit le gouvernement pour la promotion, les hôteliers mettent aussi une roupie...? Air Mauritius en prend aussi pour son grade. Ramgoolam cite un hôtelier qui disait que quand les hôtels baissaient leurs tarifs, Air Mauritius augmentait ses prix. ?Bizin kordonn nou zefor.? Et là, le Premier ministre explique l?ambition de son gouvernement. ?Si nou met latet ensam, nous pourrons faire de l?année 2006, l?année du renouveau du tourisme mauricien.?
Le droit d?intervenir
Le nouveau pouvoir conçoit le rôle de l?Etat comme ayant une obligation d?intervenir quand il le faut. C?est ainsi que Ramgoolam, bien qu?il affirme être contre le contrôle des prix, explique le besoin de contrôler ?les produits de base trop chers?. ?L?Etat doit assumer sa responsabilité et il a le droit d?intervenir. S?il y a concurrence, la loi du marché dicte les prix mais nous n?en avons pas actuellement car il y a des cartels.?
Le PM annonce la création d?un Office of Fair Trading et une révision de la loi sur la concurrence. Le secteur privé est égratigné dans le processus? car Ramgoolam affirme qu?il n?y a pas de ?vrai marché?. L?Etat interviendra aussi ?très bientôt? par rapport aux prix des médicaments ?avec la même fermeté?. Cet attitude, dit Ramgoolam, a fait que le prix de l?huile va bientôt baisser. ?Zot ti pe fer bann profi exsesif ek aster zot mem zot inn vinn dir zot pou bess pri.?
Le PM aborde le volet investissement. ?Beaucoup de projets attendent mais des décisions ne sont pas prises.? Ramgoolam qualifie le Board of Investment de ?catastrophe? et fustige Prem Nababsing. ?Li bon li ti fer kanpagn kont mwa.? Mais il reprend plus sérieusement. ?Je dis toujours : nobody owes us anything et, au lieu d?encourager les investisseurs, nous les encourageons à aller ailleurs. Nou bizin market nou later. Li bien importan.?
Pas de folies
C?est la raison pour laquelle le Premier ministre va lui-même superviser les gros projets. Il donne l?exemple d?une demande de développement pour un centre de loisirs, qui inclura un hôtel, un shopping mall etc. ?Ce ne sera pas sur la côte et les promoteurs veulent construire 12 étages. Pourquoi pas alors que l?on a déjà fait des exceptions même si la loi ne le permet pas ? BOI pe met baton dan la rou. Bizin examinn proze la.?
Ramgoolam parle aussi d?un projet d?un promoteur du Moyen-Orient qui est ?très riche. Il y a quelques problèmes mais il n?y a aucune raison pour qu?ils ne se règlent pas. C?est un projet de $5 milliards et cet investisseur mondial dit maintenant qu?il a l?impression que nous n?avons pas besoin de lui.?
Puisque l?économie ne va pas, on ne peut se permettre des folies. C?est ainsi que les nouveaux nominés l?ont été à condition qu?ils ne voyagent pas en limousine et ne demandent pas des salaires exorbitants, dit Ramgoolam en arbordant ce volet. ?Mo konn enn part-time chairman ki gagn Rs 60 000, roul dan BMW seri 7 me ki pena biro. Zordi nou kwrasans pa bon, pa kapav fer foli. Dime si li pli bon va gete. Lerla nou tou bizin gagne.?
Ramgoolam admet que les nominations aux postes clés ont pris du temps ? et qu?il accepte les critiques mais ?il a fallu prendre le temps nécessaire pour former l?équipe qui va soutenir l?action du gouvernement.? ?Autant que possible, ce ne seront pas les mêmes personnes qui ont occupé ces postes sous mon précédent gouvernement.? Ramgoolam ajoute qu?il y aura aussi des nominés politiques ?parce que c?est normal partout dans le monde. La société civile doit pouvoir mettre ses compétences au profit de la nation.?
COLÈRE DES VERTS
Dissension dans l?Alliance sociale ?
■ ?Monn koz ek Sylvio Michel. Li pa pou partisip ofisielman me li pou ed nou.? C?est sur ce ton laconique que le Premier ministre décrit la situation entre l?Alliance sociale (AS) et Les Verts Fraternels. La nouvelle tombe samedi matin. Sylvio Michel s?est retiré des municipales. A la base, un problème de tickets. ?Michel voulait 16 tickets alors que nous lui avions proposé huit. Nous avons fait un effort et nous sommes venus avec une proposition de 10 tickets hier (NdlR vendredi) mais Sylvio a changé d?avis et en demande maintenant 19?, explique Ramgoolam. Est-ce que cela veut dire que Michel quitte l?Alliance sociale ? ?Non, il s?est retiré mais nous avons récupéré ses candidats. Nous voulions l?unité sur la question de répartition de tickets?, répond Ramgoolam de façon vague. Pause. Plus sérieux, le leader de l?AS affirme : ?Il ne faut pas oublier que c?est le PTr qui est la locomotive de l?Alliance sociale?, en ajoutant qu?il rencontrera Michel à son retour. Le PM affirme toutefois que la réunion déjà décidée n?a rien à faire avec les municipales? Sylvio Michel n?a pas voulu commenter. Il tient une conférence de presse aujourd?hui.
JUSTICE SOCIALE
Le changement en 70 jours?
■ Le bilan sur la justice sociale se compte par jour pour le Premier ministre, fier de l?action de son gouvernement. Les mesures appliquées le ?35e jour? ? transport gratuit pour les vieux, le ?56e jour? aux étudiants ? et la pension universelle (le PM n?a pas précisé le jour) coûteront à l?Etat quelque Rs 600 millions ?et cet argent reste dans les poches du consommateur. Je leur fais un appel pour qu?ils épargnent cet argent car il faut développer une culture d?épargne.? C?est la philosophie du gouvernement : une culture d?épargne. Le reste consiste à se remettre en question et prendre des décisions importantes. Surprise sur l?autoroute du Sud-Est. Le PM, (qui se dit ami de l?environnement), répondant à une question, affirme que ?tout sera fait pour que la route ne passe pas par la forêt?. Il dit que les membres de Nature Watch tiennent un tout autre langage avec lui. ?Kan monn diman zot ki zot pe dir mo pe amenn zot en bato, zot dir zournalis kinn fer zot dir sa?? 70 jours après son investiture, le Premier ministre se dit satisfait. Il va jeter les bases d?une meilleure société, disait-il pendant sa campagne. Plus que 30 jours à aller?
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