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Traiter la stérilité
Depuis la Rome antique, la stérilité est considérée comme une tare chez la femme. L?exemple le plus connu, véhiculé à travers les siècles, est celui de Calpurnia, l?épouse de César. Calpurnia avait été placée, à la demande de César et du peuple, sur le trajet des coureurs dans l?arène afin d?être touchée par le bâton de l?un d?entre eux pour être guérie de cette « maladie honteuse et dégradante » pour la femme.
Aujourd?hui, la stérilité touche une bonne partie de la population mondiale, hommes et femmes. Elle représente l?incapacité pour un couple d?avoir des enfants, de se reproduire. On a pendant longtemps attribué ce problème aux femmes uniquement, ce qui est tout à fait injuste car les « torts » sont partagés.
Le risque d?être stérile est le même chez la femme et chez l?homme. Si les problèmes de stérilité peuvent être attribués à l?un ou à l?autre, ils peuvent être aussi d?origine mixte : on parlera alors d?incompatibilité dans le couple, mais aussi d?origines inconnues.
Quoi de plus merveilleux pour un couple de voir leur amour se refléter dans les yeux d?un petit être qui représente le fruit de leur union ? C?est pour cette raison que l?absence d?enfant quand elle n?est pas voulue, est souvent mal vécue. La découverte d?une stérilité est un choc car le couple doit faire face à un véritable travail de deuil.
De là découlent des problèmes d?ordre psychologique. Un fort sentiment de culpabilité s?installe. Si c?est la stérilité vient de la femme, celle-ci peut penser qu?elle a failli à son rôle, celui de donner des enfants à son époux. Si la stérilité vient de l?homme, celui-ci se sentira coupable envers son père de ne pas avoir réussi à lui donner des petits-enfants et ainsi de ne pas pouvoir assurer une descendance ; il sera malheureux de ne pas avoir réussi à assurer la transmission familiale.
Proposer les solutions les mieux adaptées
Les causes de la stérilité sont multiples. Elles peuvent être dues à des infections, des désordres psychoaffectifs, des maladies sexuellement transmissibles, la con-séquence de longs traitements. Sans compter les problèmes spécifiques d?origine féminine ou masculine comme les anomalies congénitales, certaines malformations entraînant l?absence ou le dysfonctionnement des organes reproducteurs, ou des carences hormonales.
Enfin, à Maurice, dans 20 à 30 % des cas, l?origine de la stérilité serait inconnue : on suspecte certaines maladies génétiques, des troubles du comportement sexuel ou émotionnel dont il est difficile d?établir l?origine exacte.
Si la science a avancé dans le domaine de la procréation médicalement assistée (PMA) et qu?il est aujourd?hui possible pour un couple stérile d?avoir des enfants de manière « artificielle », cela reste la solution de la dernière chance. Dans beaucoup de cas, la stérilité peut être traitée. Les méthodes sont de mieux en mieux identifiées et testées. Et en fonction de la cause, les médecins, aujourd?hui, sont à même de proposer les solutions les mieux adaptées à chaque cas.
LES CENTRES DE TRAITEMENT
Il existe à Maurice deux centres spécialisés dans le traitement de la stérilité. Le Harley Street Fertility Centre, qui se trouve à la clinique Darné à Floréal, et la clinique du Saint Esprit à Quatre-Bornes. Chaque cas est particulier et exige un traitement adapté : il peut être médicamenteux ou chirurgical. Ces traitements sont cependant très longs et souvent difficiles à supporter pour un couple. Ce n?est qu?après avoir été totalement certain qu?il n?est pas possible de guérir, qu?un couple pourra alors se tourner vers la procréation médicalement assistée. Ces deux centres pratiquent, en autres techniques, la fécondation in vitro, les injections intra-cytoplasmique de spermatozoïdes. Il est également important de noter qu?une assistance psychologique est souvent nécessaire dans ces cas, car en plus des déficiences biologiques, le couple passe également par une phase de doute et de culpabilité sur son incapacité à procréer.
L?ENDOMÉTRIOSE
Si les anomalies chez la femme peuvent être détectées à plusieurs niveaux, il y a cependant une maladie gynécologique qui n?a pas assez été prise en compte au cours de ces dernières années. Ce n?est que récemment que le voile s?est levé sur l?importance de cette maladie qui peut être à l?origine d?une infertilité. L?endométriose est la présence d?excroissance de l?endomètre (tissus recouvrant la cavité utérine) à l?extérieur de l?utérus sur les organes environnants : les ovaires, les trompes ou même les intestins ou la vessie. Elle se traduit souvent par des règles trop abondantes, des douleurs pelviennes insupportables, d?intenses crises de fatigue ainsi que des troubles gastro-intestinaux (diarrhées, constipation, nausées etc.).On ne connaît toujours pas les causes exactes de cette maladie. Même si de nombreuses hypothèses ont été émises, aucune d?entre elles n?a été encore scientifiquement prouvée. À ce jour, il n?existe aucun traitement pour guérir de l?endométriose.
LES PRINCIPALES CAUSES CHEZ L?HOMME
La cause la plus fréquente se situe au niveau des spermatozoïdes. Ceux-ci peuvent ne pas être assez mobiles ou ne pas être assez nombreux. Ces anomalies aboutiront à une insuffisance de production de spermatozoïdes ou à des spermatozoïdes de mauvaise qualité. Cette insuffisance peut être provoquée par un mauvais fonctionnement des testicules. Ces derniers sont contrôlés par deux glandes cérébrales, l?hypothalamus et l?hypophyse, chargées de produire les hormones nécessaires. Si ces glandes fonctionnent mal, cela a des répercussions sur les testicules. Il peut aussi y avoir des anomalies au niveau du transport des spermatozoïdes. Pas assez mobiles, ils n?arrivent pas jusqu?à l?ovule pour le féconder.
L?examen à faire : le spermogramme
Afin de pouvoir détecter ce genre d?anomalies, il existe un examen indispensable que l?homme doit faire dans le but d?évaluer la « santé » de ses spermatozoïdes : le spermogramme. Cet examen va mesurer avec précision des paramètres comme le nombre de spermatozoïdes, leur taille, leur forme, leur mobilité ainsi que le volume de sperme. Après trois jours d?abstinence sexuelle, le sperme de l?homme sera recueilli en laboratoire après masturbation. L?analyse doit obligatoirement se faire dans les deux heures qui suivent la collecte du sperme afin que celui-ci soit encore frais. C?est à partir de cet examen qu?un diagnostic pourra être établi sur le volume, la viscosité, le nombre de spermatozoïdes par millilitre et leur vitalité. Si jamais on constate des anomalies, des traitements seront ensuite administrés, afin de permettre aux spermatozoïdes de se « refaire une santé ». Un sperme considéré « normal » doit contenir un nombre suffisant de spermatozoïdes ne portant aucune anomalie et qui permettront de féconder un ovule quand les conditions optimales sont réunies.
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