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PIERRE DE COUBERTIN

10 septembre 2005, 20:00

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Les yeux sont bleus, la chemise aussi. Un visage sympathique et un accent qui ne passe pas inaperçu ajoutent une touche plaisante. Du haut du neuvième étage de la Mauritius Union, Jacques de Nava-celle de Coubertin, 59 ans, directeur de cette compagnie d’assurances prend place dans un fauteuil, s’accoude à une table ronde, se met à parler des pays où il a travaillé, des nouveaux défis à relever ou des domaines dans lesquels il devrait se jeter. Un vrai travail de fourmi en perspective !

Puis, il y a aussi ses origines, on ne peut plus originales ! Pierre de Coubertin, baron de son état, philosophe, pédagogue et surtout concepteur des Jeux olympiques, était l’oncle de son père, Geoffroy, âgé de 87 ans.

« Le nom de Coubertin a été conservé par ma famille car Pierre de Coubertin n’a pas laissé de descendance directe vu que son fils et sa fille sont décédés. Mon père était depuis toujours fasciné par ses pensées. Moi, ce qui m’intéresse, c’est cette ouverture d’esprit qui ne fait pas de distinction entre les gens et d’inculquer la nécessité que les peuples se connaissent. Il faut aussi mettre l’accent sur l’éducation pour que les jeunes soient formés sur le plan humain », confie-t-il. Les idéologies de l’aïeul inspirent le père, qui fonde plus tard un comité international pour les promouvoir.

Avec Anne, son épouse, Geoffroy de Navacelle élève Jacques, Antoine, 58 ans, Jean-Maurice, 50 ans, et Agnès, 56 ans, aujourd’hui, à Versailles. De bons souvenirs de vacances défilent dans la tête de notre interlocuteur, surtout quand il se remémore la maison de campagne dans les Alpes où la famille se retrouvait.

<B>Il a encore des défis à relever</B>

À l’époque, Jacques de Navacelle rêve de devenir architecte et de suivre les traces d’un oncle. Il a aussi plein d’autres idées en tête. Il fait ses études au lycée public de Versailles, puis entre à l’Institut catholique de Paris où il effectue des études de philosophie et de théologie.

À 20 ans, il effectue son service militaire comme officier dans les parachutistes. « C’était très passionnant, car nous menions une vie sportive. Nous faisions des sauts dans le Sud de la France, à Tarbes, près des Pyrénées. » Après son service militaire, il embarque avec quelques étudiants pour les États-Unis, décou-vre au passage le Mexique, le Guate-mala, tond les terrains de golf sur un tracteur pour contribuer aux frais. Et comme il a appris l’espagnol au lycée, il n’éprouve pas de mal pour communiquer.

Trois mois après, il rentre dans son pays natal dans les années 70. L’économie est en plein essor. Jacques de Navacelle entre dans une agence bancaire parisienne. Il bénéficie ensuite d’une formation interne dans d’autres domaines, notamment dans le service des placements. Il y reste pendant quatre ans avant d’intégrer une autre banque où il devient attaché de direction et responsable du secteur de l’Amérique Latine, du Venezuela, de la Colombie et de l’Équateur pendant trois ans.

C’est alors qu’il est approché par la Barclays de France pour développer une activité de financement et de spécialisation : « J’ai pris la responsabilité d’une équipe s’occupant de grosses entreprises françaises pendant deux ans, puis je suis parti en Afrique du Sud pour créer un département spécialisé dans les affaires françaises. Cela a duré trois ans. Je suis ensuite rentré à Lyon où je dirigeais cette branche. C’était une région intéressante où j’essayais de développer au mieux la banque et de résoudre les problèmes de gestion. On m’a demandé si je pouvais mettre de l’ordre et développer un processing centre pour le marché financier. C’était pour moi un challenge, le moyen de côtoyer un domaine que je ne connaissais pas. Il fallait réorganiser des choses. J’étais content en voyant le résultat. Cela m’a fait alors réaliser que j’aimais faire marcher des choses qui ne vont pas bien. » Cela dure deux ans.

<B>Distiller son énergie dans ce qu’il entreprend</B>

En 1980, il épouse Sybylle, une Mauricienne. Au passage, il créé un nouveau département à la Barclays pour favoriser la relation avec des institutions financières. En 1998, la direction de la banque en Angleterre le contacte pour assumer la direction de la filiale mauricienne. Il accepte, d’autant plus qu’il a encore des défis à relever.

À son arrivée, il trouve une équipe peu motivée et tâche de redonner une image positive, lance des innovations – des départements de la trésorerie, des ressources humaines, réorganise le système, délègue les responsabilités, et associe aussi la banque aux activités sociales. « On devait démontrer que la Barclays, c’était du sérieux. On a donc racheté la BNP et, de 1998 à 2004, on a multiplié les profits et augmenté la taille de la banque », déclare-t-il.

Sa mission accomplie, Jacques de Navacelle de Coubertin décide de tirer sa révérence et se met à chercher un remplaçant – Kamal Taposeea. « Malgré mon grand âge, j’ai encore beaucoup d’énergie pour autre chose. C’est ainsi que j’ai pris la direction de la Mauritius Union », ajoute-t-il.

Père de trois fils, Tybaut, 24 ans, Martin, 22, ans et Arthur, 15 ans, il profite de son temps libre pour partir en mer dans son bateau ou à la chasse en hiver. Et pour ne pas échapper à la tradition, il a aussi emboîté les pas de son père. Les pensées de son ancêtre lui ont donné une idée – créer un comité olympique local.

Et à sa grande surprise, cela a suscité beaucoup d’enthousiasme chez les Mauriciens. « J’en ai parlé à Michael Glover, à d’autres personnes très actives dans le domaine sportif ainsi qu’à Anand Awootar du MIE, qui effectuait une thèse sur Pierre de Coubertin. Ils ont été très favorables à ce projet. Je pense que ce comité pourra valoriser le sport et surtout veiller aux dérives qui le ternissent comme l’argent ou la politique », explique-t-il.

Membre de ce comité lancé lors d’une cérémonie le 5 septembre dernier au MIE, Jacques de Navacelle veut contribuer en apportant une riche source d’informations à cette institution. Et mieux distiller son énergie dans tout ce qu’il entreprend.

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