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Remous autour des renvois post-électoraux
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Remous autour des renvois post-électoraux
?Sois prudent ! Ne me mets pas trop au défi. Je pourrais envisager d?instituer une commission d?enquête.? Hors de lui, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, réagit aux attaques du whip de l?opposition, Showkutally Soodhun. Ce dernier est tout aussi en colère. Cela ne fait aucun doute, le récent limogeage d?employés de ministères et organismes parapublics embauchés par le précédent régime est sujet de tension et de discorde entre gouvernement et opposition.
Et c?est pourtant ce sujet qui fait l?objet de la Private Notice Question. Et face à la menace de Navin Ramgoolam d?instituer une commission d?enquête, Paul Bérenger, le défie d?aller de l?avant. Il veut que la lumière soit faite sur la question.
Le leader de l?opposition souhaitait connaître le nombre de personnes limogées après les élections dans les municipalités, les conseils de districts, les casinos, le Sugar Industry Labour Welfare Fund, le Mahatma Gandhi Institute et les ministères de la Santé et de l?Environnement. Mais il restera sur sa faim. Aucune commission d?enquête et pas de chiffres sur le nombre de limogés. Les données sont en cours de compilation et Navin Ramgoolam ne peut donner de chiffre dans l?immédiat.
Mais le Premier ministre affirme que toutes les procédures légales ont été suivies lors du limogeage des personnes concernées. Il ajoute que la résiliation d?employés recrutés et embauchés durant la campagne électorale est une politique suivie par les gouvernements successifs. Il rappelle qu?en 1982, les contrats de travail de 20 906 personnes ont été interrompus après les élections. En octobre 2000, le gouvernement ?avait également décidé que le même principe devrait s?appliquer?, affirme le chef du gouvernement. Pour éviter de tels abus, Navin Ramgoolam informe le Parlement de son intention d?introduire des législations appropriées pour assurer que de tels recrutements n?aient plus lieu dans le futur.
Le Premier ministre termine la lecture de la réponse écrite et les hostilités sont ouvertes. Paul Bérenger s?étonne que le Premier ministre n?a pas les détails du nombre de limogeages. Navin Ramgoolam se justifie en indiquant que ces recrutements ont été faits dans plusieurs catégories et grades d?employés.
Paul Bérenger soutient qu?en ce qui concerne les recrutements dans les municipalités, une liste d?attente avait été établie après des interviews en 2001. ?Les recrutements se faisaient au fur et à mesure que des postes se libéraient suivant cette liste. Est-ce que le Premier ministre est au courant de cela?, demande-t-il.
Les membres de la majorité réagissent bruyamment. Mais Paul Bérenger continue. ?Les recrutements ont été entrepris par la Local Government Service Commission. Toutes les procédures ont été suivies.?
Ramgoolam s?étonne. ?Les interviews se sont déroulées en 2001 et les embauches se font juste avant les élections.? La majorité jubile, mais Paul Bérenger explique à nouveau que chaque recrutement a été fait sur la base de la liste d?attente. ?Cet exercice s?est fait année après année?, précise-t-il.
Le Premier ministre réplique et allègue que des lettres d?embauche ont été remises à la veille des élections. ?Parfois, cela s?est fait par des personnalités importantes dont des ministres.?
Ces propos attisent la colère du leader de l?opposition. Le ton monte d?un cran. ?C?est injuste. Est-ce que le Premier ministre est disposé à déposer sur la table de l?Assemblée nationale des copies de ces documents ??
Navin Ramgoolam affirme avoir déjà montré des preuves lors d?une conférence de presse. Paul Bérenger réfute. ?Une telle chose est impossible. Chaque recrutement s?est fait par la Local Governement Service Commission?, lance ce dernier avant d?ajouter que ces recrutements ne peuvent en aucun cas être comparés avec ce qui s?est passé en 1982 et 2000. Il soutient qu?en 1982, des milliers de personnes ont été recrutées à la veille des élections à l?hôtel du gouvernement sans qu?il n?y ait de fonds disponibles et sans que les procédures n?aient été suivies. Ces recrutements avaient, par ailleurs, été sévèrement blâmés par une commission d?enquête présidée par l?ancien chef juge Rajsoomer Lallah qui avait parlé de ?colourable device? dans son rapport.
?Dans les cas qui nous concernent, certaines personnes ont été employées pendant des mois. C?est vraiment injuste. Nous parlons de ti dimoun?, s?écrie Paul Bérenger sous les réactions hostiles des bancs de la majorité. ?Li okup ti dimoun aster?, lance un député travailliste sur un ton moqueur.
Rétablir le calme
Navin Ramgoolam n?est pas d?accord. En ce qui concerne 1982, les fonds avaient été fournis par les Etats-Unis. C?est au tour des députés de l?opposition d?élever la voix. Les remarques fusent des deux côtés de la Chambre. Le deputy speaker, Jean-François Chaumière, doit intervenir pour rétablir le calme.
Paul Bérenger invite une nouvelle fois le Premier ministre à déposer ?en agissant en gentleman? une copie, ?une seule?, des lettres d?embauche qui auraient été émises par l?ancien gouvernement juste avant les élections. ?Tout ceci est bien connu?, réplique Navin Ramgoolam.
Il cite l?exemple de l?ancien ministre du Travail, Showkutally Soodhun, qui aurait distribué des lettres de recrutement à la veille des élections. Ce dernier n?attend pas pour réagir.
Dans le brouhaha général, Showkutally Soodhun met au défi le Premier ministre de prouver ce qu?il avance. Navin Ramgoolam s?énerve et brandit la menace d?une commission d?enquête.
Que les fonds soient disponibles n?étonnent pas le Premier ministre étant donné que le budget avait été voté deux mois avant les élections. Alors que Paul Bérenger affirme que les procédures ont été retardées dans certains cas à cause des ?police clearances? dont les procédures ?prennent parfois un an?, Navin Ramgoolam rit. ?Le leader de l?opposition veut faire croire que ces procédures se sont achevées juste avant les élections.?
En ce qui concerne les recrutements dans la force policière, également contestés par le gouvernement à un certain moment, Paul Bérenger demande pourquoi les critiques dans ce sens ont disparu. ?Est-ce qu?une enquête n?a rien révélé?, demande-t-il. ?Si le leader de l?opposition le souhaite, je peux enquêter?, répond Navin Ramgoolam.
Rajesh Bhagwan intervient. Il allégue que des membres du gouvernement font du canvassing auprès de ceux qui ont été limogés dans le cadre des élections municipales. Les protestations fusent.
Ramgoolam identifie Bhagwan comme un des responsables des recrutements préélectoraux, ce qui attise la colère de l?ancien ministre de l?Environnement. Et la PNQ s?achève dans le désordre?
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