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Josiane, l?ange gardien des squatters
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Josiane, l?ange gardien des squatters
Leur combat arrive à terme. Ils obtiendront lundi leur terrain. Josiane Prosper, 45 ans, qui a accompagné la vingtaine de squatters de la région de Roche-Bois dans leur revendication pour un logement, est toujours à leur côté.
L?oreille tendue aux moindres sollicitations, la casquette à l?envers, la travailleuse sociale de Caritas console ici, rassure là. Les mains sur les hanches, la posture haute, elle dirige de son timbre de voix le petit groupe de sans-abris réuni à la paroisse de l?Assomption de Roche-Bois. ?Ce qui m?intéresse, c?est l?interaction avec ces gens qui sombrent. Je suis aussi squatter à Karo Kaliptis depuis neuf ans et je me bats dorénavant pour eux !?
Ils étaient venus partager leurs inquiétudes, comprendre ce qui les attend. Josiane était là pour écouter, expliquer. ?Avec le Trust Fund, nous nous battons pour sortir ces gens de leur pauvreté et leur permettre de mieux sortir de cet état de vulnérabilité. Permettre aux enfants d?aller à l?école et leur donner un terrain adéquat, ils le méritent amplement?, soutient-elle.
C?est sans doute parce qu?elle a touché le fond qu?elle a cette faculté d?empathie. ?Avant je portais ma misère comme une plaie. Avec mes quatre enfants et mon époux sans endroit où habiter, oui, j?ai touché le fond. Mais aujourd?hui, je me sens plus confiante à militer pour ceux qui se retrouvent dans la même situation que moi?, confie-t-elle. ?Je comprends leur appréhension et leur peine??, susurre-t-elle dans le même souffle souffle. Comme un exutoire, comme une libération.
Les questions sont parfois désarmantes. Les solutions, loin d?être du ressort de Josiane. L?un veut un terrain hors de la région qu?il squatte actuellement, l?autre s?inquiète des facilités d?hygiène, l?autre encore de la connexion à l?eau et à l?électricité. Josiane ne perd pas patience. ?Pa tracas, mo dir ou vinn dans buro, nu pu fer nu possible pu aid ou??, n?arrête-t-elle pas de dire naturel. Comme si la solution, elle la possédait.
En plus d?être de Caritas, Josiane fait partie de l?association féminine de Karo Kaliptis. Ailleurs, d?autres réunions semblables se tenaient pour aider les 150 squatters en difficulté à toucher le but. Pris en charge par le Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups, ils recevront chacun un terrain de 50 toises. Ils auront droit à quatre options pour la construction de leur maison : utiliser leurs propres matériaux, accepter l?aide proposée par les diverses firmes privées, demander un prêt bancaire ou simplement choisir de bénéficier de l?assistance du Trust Fund qui leur fournira des matériaux de construction pour deux chambres seulement de 22 par 11 pieds. Ils ont un délai de quatre semaines pour construire leur maison. Le partage de lot se fera lundi prochain.
C?est une première victoire, mais Josiane sait à quel point ils doivent encore être aidés. Avant de partir, elle nous glisse un petit mot : ?Pas condamne ça bann dimounn qui dan la peine, dan la misère? Nu bisin redres zot !?
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