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Une belle réussite
Plus court, plus adulte, plus dynamique. Le troisième volet des aventures d'Harry Potter, porte la griffe du cinéaste mexicain Alfonso Cuaron. Harry, Ron et Hermione, s'échappent du monde de l'enfance, pour entrer de plain-pied dans celui de l'adolescence. En prise direct avec le monde des Moldus, Harry contrôle mal ses réactions, perd patience et fugue. Hermione, plus mûre et définitivement plus héroïque, devient la véritable chef de file du trio.
Quant au sympathique Ron, entre couardise et fidélité, il a du mal à s'affirmer. Pourtant, nos trois héros ont du pain sur la planche. Arrivés en troisième année à l'école de Poudlard, ils apprennent que le cruel Sirius Black s'est échappé de la prison d'Azkaban. Ce dernier est à la poursuite d'Harry. Tel est le point de départ de ce troisième volet des aventures du célèbre sorcier à lunettes.
L'univers de ce troisième épisode est résolument plus sombre, voire gothique. Peuplé de créatures fantastiques telles que l'hyppogriffe, moitié aigle, moitié cheval, de détracteurs, spectres qui aspirent votre âme, cet opus tranche résolument avec les deux précédents épisodes. L'aventure ne manque ni de rebondissements ni de spectacle. On y croise notamment un serpent changé en clown ou une araignée géante faisant du patin à roulettes, sans oublier la vilaine tante Marge, transformée en mongolfière.
Le réalisateur prend certaines libertés avec l'?uvre originale, puis avec les tenues vestimentaires des héros. En jean et baskets, ils sont plus libres de leurs mouvements. Le cinéaste développe davantage la dimension psychologique des personnages et apporte ainsi une profondeur supplémentaire au roman.
Sans forcer, Alfonso Cuaron conjugue distraction populaire et ambition esthétique et cinématographique. Du coup, le film perd quelques longueurs, gagne en suspense et en intensité dramatique, s'étoffe de fort belle manière et peint avec réalisme, le passage à l'adolescence et ses tourments. Rehaussé par la présence de Gary Oldman, un Sirius Black troublant de mystère et d'une Emma Thompson en prof de divination, et de Sir Michael Gambon, en remplacement de Richard Harris dans le rôle du professeur Dumbledore, décédé quelques semaines avant le tournage, cet opus est absolument festif.
Entre sourire, rire et terreur, angoisse et fantasmagorie, démons et merveilles, ce troisième volet criblé d'effets spéciaux aussi réussis qu'originaux, insiste sur l'aspect sombre et horrifique des aventures du sorcier le plus célèbre au monde.
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