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S.O.S. humour à la radio

3 septembre 2005, 20:00

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Bien installés dans la grille de programmation des différentes radios privées, le rire et l'humour permettent de désarçonner les crises du quotidien et de regarder droit dans les yeux, les travers de notre société. Chez les pirates de Radio One, autant que pour Mamie Kloun, la mascotte de Radio Plus ou encore pour Linsay Mootien et Shakeel Madani de

Top FM, il s'agit de détendre l'auditeur tout en lui donnant matière à réflexion. « Kan ou rié, tout stress aller, » déclare d'emblée Mamie Kloun.

Nos humoristes radiophoniques savent en un tour de rire, saisir à vif nos petitesses, nos lâchetés, nos misères, nos grincements de dents, pour leur donner une autre aura. Grâce à un talent inné, mais travaillé, ils sont capables de sonder les gouffres, d'explorer l'absurde et de tricoter la bêtise grave et légère.

De leurs dons pour l'écriture, le sketch notamment, ils brossent sans détour, un autre visage de nos vies, de nos politiciens et de notre société. Le rire se présente alors comme le dernier rempart pour ne pas sombrer dans la déprime. Pour ces humoristes, jouer la comédie est un moment de pur bonheur, parce que l'humour devient une arme, un moyen de communication important et imposant. « Mo gagne bokou aide are piblik. Zot raconte moi zot problem ek moi, mo fer li vine enn sketch. En mem temp mo aide zot à travers bann ti mesaz ki mo fer passé, » précise Mamie Kloun.

Le tout pour ces humoristes, c'est de rester complètement libres. « Il y a très certainement des limites à respecter, compte tenu des sensibilités nombreuses qu'il y a chez nous, » explique Linsay Mootien. Pour lui, comme pour les autres, être libres, signifie aussi être responsables. C'est le cas également du côté des pirates de Radio One. « Nous faisons le maximum pour éviter d'abord les

poursuites légales. Nous nous imposons également une limite morale, parce qu'il y a des sujets d'actualité où il n'y pas matière à rire. Enfin, nous nous imposons une limite intellectuelle afin de ne pas tomber dans l'humour facile. C'est le genre d'humour qui fait beaucoup rire mais qui ne nous fait pas rire, » explique Jean-Pierre Catherine de Radio Pirates. « Ou capav fer riyé, mé bizin koné ki pé dir, » explique l'attachante Mamie Klown. « Par exemple, zamé mo pas pou capav koz kozé grossier lor radio, » confie la sympathique grand-mère.

Si les politiques restent le sujet de prédilection de nos humoristes, pas question de se brûler les ailes, en prenant trop de libertés. « Nos politiciens sont des personnages hauts en couleur. Ils osent tout dire, semblent sincères et sont absolument convaincus du bien-fondé de leurs propos », explique Linsay Mootien de Top FM. Cela dit, du côté des pirates de Radio One, ils sont d'avis que la politique peut parfois lasser des auditeurs peu friands de la chose politique. « C'est la raison pour laquelle, nous puisons souvent notre inspiration des travers de la société. Nous fouillons les journaux à la recherche de choses insolites », précise Jean-Pierre Catherine.

Energiques et forts en gueule, avec une gouaille sans faille, nos humoristes réinventent l'actualité du jour, avec comme seul mot d'ordre : la ?déconne?. Si les sketchs abondent dans leur imagination fertile, savent-ils se fixer des limites, surtout quand il s'agit des politiques ? « Il faut savoir rester tout en nuance, dire à demi-mot, suggérer, voire de faire des allusions, afin de ne pas se mettre dans de beaux draps, » explique Lindsay Mootien.

Une fois que naissent les idées, il s'agit de travailler à la construction de chaque sketch, dont le temps de diffusion tourne autour de cinq à dix minutes. Ensemble, ils triturent, ils nettoient, ils peaufinent. « Ce qui nous fait douze heures de travail pour dix minutes de diffusion à la radio, sans parler des six heures que peut durer en moyenne l'enregistrement, » explique Jean-Pierre Catherine.

Et comment se déroule ce travail sur l'humour ? « On ne se moque pas pour le plaisir de se moquer. C'est loin d'être un acte gratuit. Nous ajoutons du ridicule à une situation en apparence sérieuse. Tout ça pour déclencher l'hilarité, » précise Marc Randabel, l'autre cerveau derrière Radio Pirates. « C'est un travail en amont qui demande une grande concentration, » ajoute Jean-Pierre Catherine. Ce dernier avoue que d'ici le mois de décembre, les pirates cesseront leurs activités. « Il faut savoir s'arrêter pour se renouveler. Faire de l'humour à la radio, c'est un hobby. Ce n'est en aucun cas un métier. »

Compagnons fidèles de nos réveils ou de nos dimanches après-midi, nos humoristes, jamais en panne d'inspiration, nous émeuvent et nous attendrissent. Leur désopilante galerie de personnages, sont résolument installés au c?ur de nos vies.

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