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Le contrôle des prix et ses implications
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Le contrôle des prix et ses implications
Idéalement, chaque individu devrait pouvoir exercer librement ses choix économiques relatifs au travail, à la consommation et au transfert de richesses. Alors, le prix, déterminé exclusivement par le jeu de l?offre et de la demande, deviendrait le meilleur instrument pour la redistribution des ressources.
Le prix pour un bien ou un service en grande demande grimperait, incitant les producteurs à y consacrer davantage de ressources. De cette manière, l?équilibre du marché serait constamment redéfini, assurant que les ressources sont utilisées de manière optimale. Il est clair que cet équilibre du marché parfait serait faussé en cas d?intervention externe pour contrôler les prix. Cela équivaudrait à forcer les acteurs économiques à se soumettre à la volonté de l?autorité qui exerce le contrôle.
Cependant, dans la réalité, le marché n?est pas parfait. Il existe d?ailleurs autant de marchés qu?il y a de produits et tous n?ont pas le même degré de perfection.
À l?extrémité de cet éventail, se trouvent les monopoles naturels qui caractérisent généralement les services publics. Compte tenu des coûts de production, la viabilité de ces services dépend de leur capacité à réaliser des économies d?échelle. Il n?y a, en général, pas de place pour plus d?un opérateur, normalement l?État.
L?État a un autre rôle dans les économies de marché, à savoir, celui de libre arbitre. Il intervient pour s?assurer qu?il n?y a pas collusion entre producteurs pour éliminer les concurrents et donc abuser les consommateurs. Cette intervention se fait idéalement grâce à une autorité pour la concurrence, dotée de pouvoirs conséquents pour faire enquêter, analyser et sanctionner.
Là où une telle autorité n?existe pas, l?État intervient directement. Il peut fixer les prix ou fixer la marge bénéficiaire. La nuance est significative entre ces deux mesures. Quand le prix est fixé, il est à l?abri des facteurs externes qui ont des impacts sur le coût de production et de distribution. Il n?augmente pas à moins que le régulateur en décide autrement. À Maurice, les prix de denrées de base, tels que le riz de ration et la farine, le sucre, la pomme de terre et l?oignon, le pain, le ciment, le gaz et les produits pétroliers, le fer de construction et les fertilisants, sont fixés.
Pénuries et marchés noirs
L?expérience, notamment avec les produits pétroliers aux États-Unis, a démontré que lorsque le coût dépasse le prix fixé, les entrepreneurs modifient le schéma de production. Pénuries et émergence de marchés noirs en sont les conséquences directes. Maurice doit importer l?essentiel de ce qu?elle consomme. Et puisqu?elle est loin des pays fournisseurs, l?État recourt à des mécanismes complexes pour garantir une certaine stabilité des prix et de fourniture, comme pour les produits pétroliers.
En revanche, le contrôle de la marge bénéficiaire n?offre aucune garantie contre les augmentations. Le régulateur ne fait qu?autoriser une marge de bénéfice fixe sur le prix CIF qui inclut le coût de production, de l?assurance et du fret. Si l?un de ces trois éléments augmente, le prix au détail augmentera même si la marge bénéficiaire du commerçant reste fixe. Avant que la bataille du lait en poudre n?ait eu lieu, l?État contrôlait la marge sur cinq produits : le caoutchouc, les pharmaceutiques et médicaments d?usage courant, le bois, les fruits frais et le lait pour enfants. Ceux qui s?opposent à ce principe avancent que le contrôle de la marge bénéficiaire tue l?entrepreneuriat. Il n?y a plus de motivation pour innover et pour améliorer l?offre.
Quoi qu?il en soit, le contrôle des prix séduit le consommateur, ce qui en fait un instrument irrésistible pour les politiciens. Le concept a cependant des implications que le secteur privé souligne. Schématiquement, des prix tenus en laisse signifient un coût de la vie un peu moins élevé. Pas nécessaire donc de réaligner les salaires chaque année. À terme, la productivité de l?économie s?en retrouve rehaussée. Idéalement.
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