Publicité
La surchauffe des terres
Personne ne souhaite d’une réforme agraire à la Mugabe. Cela dit, il est hors de question de laisser la spéculation foncière dicter les choix de développement. La philosophie de démocratiser l’accès à la propriété terrienne, prônée par le nouveau gouvernement, doit d’abord mettre un frein à cette recherche effrénée de plus-value à partir des transactions peu productives, voire contre-productives.
Le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, s’insurgeait à juste titre contre le fait que la spéculation foncière a trop souvent dominé le processus de restructuration de l’industrie sucrière. Ce ne sont pas la vente des terres et les morcellements qui vont sauver le sucre. Il est grand temps de réorienter la réforme afin de dégager une structure de coûts compétitifs sur l’ensemble de l’activité sucre.
La politique terrienne est au cœur du programme gouvernemental. Le gouvernement souhaite revoir certains aspects du concept “Integrated Resort Scheme” (IRS). Les projets IRS comprennent la construction de complexes hôteliers, de parcours de golf et de villas de luxe. Si les hôtels et les facilités de loisirs tel le golf ne posent aucun problème, l’idée des zones résidentielles haut de gamme est, par contre, fortement opposée par la nouvelle équipe au pouvoir.
Des investissements considérables vont être mobilisés dans des développements immobiliers et fonciers. Cela ne fera qu’accentuer le dysfonctionnement sur le marché des terres, sans que cela ne génère de la richesse durable.
Si les sucriers et les autres promoteurs estiment que les morcellements de luxe est un bon business, qu’ils s’y aventurent. Mais sans les incitations fiscales et sans les déviations de route financées à grands frais par l’argent des contribuables. De plus, ce n’est pas le rôle du Board of Investment de faire la promotion des logements cinq-étoiles à l’étranger.
L’aménagement du territoire sur le littoral ne saurait accommoder un concept qui alimentera la surchauffe des valeurs foncières contre quelques jobs pour les bonnes, les jardiniers et les gardiens.
Le gouvernement a besoin des terres pour mettre à exécution ses politiques, dont celles visant à donner des opportunités aux petits entrepreneurs. Un plus grand nombre d’opérateurs (restaurants, loisirs nautiques, excursions…), pourront faire du business dans la périphérie de l’activité hôtelière, et créer à leur tour des emplois productifs. D’autres acteurs devront trouver leur place dans les nombreux “supply chains” qui alimentent les hôtels.
La proximité physique des opérations concernées avec les hôtels est souvent importante pour faire du business. Une bonne utilisation des précieux pas géométriques et d’autres terrains de l’Etat dans le périmètre du littoral, a un rôle décisif dans la vision de démocratiser l’économie.
L’accès à la terre ne devrait en aucun cas représenter un obstacle à l’ambition d’une économie plus ouverte qui fait la part belle aux petites et moyennes entreprises
Publicité
Publicité
Les plus récents