Publicité

Les importateurs de lait font de la résistance

16 août 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?Personne ne va importer du lait pour vendre à perte?, s?exclame un importateur. La mesure du ministère du Commerce visant à baisser le prix du lait n?en finit pas de faire des vagues. Et la guerre gouvernement-importateurs s?intensifie. Car certains menacent de discontinuer l?importation pour éviter des pertes sur leurs activités. La mesure pourrait déboucher sur une pénurie.

Ces importateurs contestent que l?application de la marge de profit sur le prix CIF (cost, insurance, freight) qui est de 14 %, ne prend pas en considération les frais locaux d?opération. Et ils estiment qu?avec les prix décidés par le gouvernement, ils opéreront avec une perte de 4 à 6 %.

?Le risque d?une pénurie est bien réel. Personne ne va importer du lait en poudre pour vendre à perte ; ou alors nous vendrons le lait dans des sacs de 25 kg?, dit un gros importateur.

?Ce n?est pas raisonnable d?obliger un importateur à vendre à perte. La possibilité que nous irons en cour n?est pas à écarter. Quand le prix du lait était fixé en 1994, par exemple, les importateurs avaient la possibilité de tenir en compte les frais de stockage (holding cost), c?est-à-dire les intérêts bancaires pour 60 jours. Mais cela, non plus, n?est pas pris en considération maintenant par le ministère?, clame un autre importateur.

Empaquetage en Australie

Le ministère, lui, estime que la situation actuelle ne peut être tolérée car une étude a démontré que la marge allait parfois jusqu?à 41 %. Réplique des importateurs : le gouvernement ne tient pas compte de tous les frais encourus. Par exemple, les frais d?empaquetage se chiffrent à 6 % de la valeur CIF. Ils expliquent que la grosse majorité des importations de lait en poudre se fait dans des sacs de 25 kg. Le lait est ensuite empaqueté par les importateurs.

D?autres dépenses sont occasionnées par le financement du stock, le dédouanement et le transport. Selon un importateur, ces frais, à hauteur de 4 % à 6 %, n?ont pas été considérés. Il y a aussi les 4 % à 6 % de profits qui reviennent aux détaillants. Auxquels il faut ajouter les 4 % que les grandes surfaces et les supermarchés réclament pour vendre le lait en poudre.

Devant cette situation, si le prix continue à être calculé sur le prix CIF, les importateurs peuvent choisir de faire l?empaquetage en Australie. Dans lequel cas, une hausse de coûts d?environ 20 % est à prévoir. Résultat : le consommateur paiera le lait encore plus cher.

Mais l?empaquetage en Australie présente également deux aspects négatifs pour le pays. D?une part, cela entraîne une perte en devises et le licenciement des personnes employées pour empaqueter le lait, environ 150 personnes.

Point de départ : le lait Twin cows

Les importateurs peuvent également vendre le lait dans des sacs de 25 kg. Mais cette solution n?en est pas réellement une, notamment pour des problèmes pratiques.

D?autre part, la liste de lait en poudre importé par divers commerçants indique que le lait Twin Cows de 500 g subira la plus grosse baisse, soit de 40,8 %. ?Cela laisse supposer que Happy World faisait des profits de 54 % sur cette marque de lait. Il y a une confusion car le ministère a pris comme point de départ le prix de lait Twin Cows de 500 g en boîte. Or ces boîtes d?une telle dimension ne sont plus importés depuis avril?, dit Mubarak Sooltangos, Managing Director de Happy World Foods. Il ajoute que ?le ministère du Commerce a comparé les prix du lait Twin Cows en sachet et a divisé le prix au kilo par deux. Nous ne commercialisons pas cette marque de lait en sachets de 500 g. Ce qui fait que la baisse supposée de 40,8 % ne peut s?appliquer?.

Quoi qu?il en soit, le gouvernement semble très furieux contre certains importateurs. Car deux mois avant la tenue des élections générales, ils ont accepté de ne pas augmenter le prix de diverses denrées alimentaires. ?Cette collaboration a été faite non pas avec les partis politiques au pouvoir, mais avec le régime à la tête du pays, ce qui est tout à fait normal. Nous l?aurions fait également pour n?importe quel autre gouvernement?, renchérit-on du côté des importateurs. Autre argument avancé : la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui avait été introduite en1997. Sous le précédent gouvernement du Parti travailliste, les commerçants avaient, de la même manière, accepté de supporter la TVA à partir de leurs profits et de ne pas augmenter les prix pendant quatre mois.

Publicité