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Motivation

15 août 2005, 00:00

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Une bonne entente entre les hauts échelons de la fonction publique et les dirigeants politiques est une condition essentielle à l?application du programme gouvernemental. La réunion de samedi, entre l?exécutif et l?establishment de l?administration publique, a servi justement à rapprocher les deux partenaires. Ce dégel était d?autant plus important que le Premier ministre a semblé rabrouer les fonctionnaires la semaine dernière en parlant ?des blocages qui freinent le développement?.

Il avait alors annoncé la création d?un comité pour éliminer les trop longs délais pour l?octroi des permis au sein des ministères. Il avait critiqué les procédures tatillonnes de la fonction publique et expliqué qu?il les a déjà contournées dans le passé pour le projet d?agrandissement de l?aéroport.

Samedi, Navin Ramgoolam a invité les fonctionnaires au dialogue et leur a expliqué combien importante est leur collaboration à ses yeux. Ce contact est une source de motivation pour les fonctionnaires. Cela les aidera à travailler pour la concrétisation des objectifs que s?est fixés le régime. De leur volonté à se remettre en question, à s?atteler avec enthousiasme à leur tâche, dépendra le succès des réformes annoncées. Les ministres le savent : aucun changement ne saurait se réaliser sans leur engagement.

La fonction publique s?estime injustement accusée d?inertie. Elle considère qu?elle est désignée comme le bouc émissaire idéal à chaque fois qu?un problème grave affecte un service public. Samedi, le discours officiel n?avait pas pour but de dénigrer les fonctionnaires mais, au contraire, de les couvrir de louanges et même d?excuser certaines de leurs faiblesses comme le retard au bureau.

A cette occasion le président du comité d?organisation des réformes du service civil, Armand Maudave, a fait un constat juste et équilibré. Il a égratigne les ?chief executives? et secrétaires permanents ?encore peu enclins à remettre en cause les procédures?, mais a tenu à faire ressortir un aspect peu connu de l?administration publique. ?Une dizaine de départements sont aujourd?hui reconnus comme constituant des centres d?excellence?. Il a cité, à cet effet, la ?Companies Division? et les services météorologiques tout en précisant que 14 secteurs de services sont déjà certifiés ISO et

16 autres se préparent à l?être bientôt. Armand Maudave croit que la fonction publique est capable de faire preuve d?excellence si elle est bien motivée. Cette profession de foi ne peut que remonter le moral de ces employés qui sont le plus souvent accablés de reproches.

Puisque l?intention des organisateurs de l?événement n?était pas de bousculer la bureaucratie ni de s?interroger sur les procédures contraignantes de la fonction publique, l?exercice est resté incomplet. Aucun des intervenants n?a évoqué les questions sensibles touchant au ?downsizing?, au départ volontaire à la retraite, à l?incapacité de passer rapidement à l?administration électronique, à la promotion sur la base de la performance plutôt que de l?ancienneté, à la transparence que requiert le ?Freedom of information?, à l?égalité des chances pour le recrutement, etc.

L?ingérence des politiciens dans la gestion quotidienne des services publics est également un sujet occulté. Par exemple, un ministre, fut-il le premier d?entre eux, a-t-il le droit de décider de l?affectation d?un policier ou de sa mutation contre l?avis du commissaire de police ? C?est le genre de questions auxquelles il faudra bien trouver une réponse afin de parvenir à une gestion saine de la fonction publique.

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