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« Mes dix mois en taule »
« Ce sont les pires jours de ma vie. » Propos de Subiraj Caunhye, gardé en détention préventive pendant dix mois. Un calvaire qu?il n?arrive pas à oublier.
Arrêté dans le cadre de l?enquête sur le meurtre de Gérald August, il a passé dix mois on remand à Beau-Bassin et à Grande-Rivière-Nord-Ouest. « Je n?aurais jamais imaginé que c?était aussi dur que cela la prison », lâche, dans un sanglot, le jeune homme.
Subiraj sait maintenant que sa vie comporte deux parties : il y a « l?avant » et « l?après » son arrestation.
« La vie en taule est un véritable martyr. On n?imagine pas comment c?est derrière les barreaux », raconte-t-il, en sanglotant. Repas indigestes, manque de loisirs, promiscuité, absence d?hygiène? autant de critiques contre le milieu carcéral. « Mais le pire reste le manque de sécurité. Vous pouvez être agressé n?importe quand. Les menaces sont monnaie courante. »
La cour, où sont rassemblés quelque 170 détenus, est placée sous la « surveillance » d?un unique gardien. « Il y a quatre cours. On peut très bien égorger quelqu?un sans que les gardiens s?en aperçoivent? »
« Dire que je me suis retrouvé en prison pour avoir acheté un portable volé lors du meurtre de Gérald Auguste. Je ne méritais pas ce calvaire », conclut Subiraj, d?une voix à peine audible.
Le jeune homme estime ainsi que ceux, qui sont en détention provisoire, ne devraient pas être incarcérés dans les mêmes quartiers que les condamnés. Il plaide également pour des prisons avec moins de détenus. « Il faut penser à la remise des peines. »
Maintenant que la page est tournée, il compte se marier avec la jeune fille à qui il avait offert le fameux portable.
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