Publicité

Un an d?internat et plus si besoin est

14 août 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Après la théorie, place à la pratique. Les vingt-quatre diplômés de la première promotion du SSR Medical College de Belle-Rive pourront, dès septembre, examiner leurs premiers malades à l?hôpital. Ce sera le début de leur internat d?une année. Mais face à une profession en perpétuelle évolution, on se demande si c?est suffisant?

Comme ses vingt-trois condisciples, Bhismadev Thakur, 25 ans, a hâte de commencer sa formation sur le terrain. « Je débute l?internat en septembre. En principe, nous ferons trois mois en médecine interne, trois mois en gynécologie obstétrique, deux mois en chirurgie, un mois en orthopédie, un mois en cardiologie et un mois en pédiatrie, sous la supervision du responsable de chaque département. »

Cependant, pour les médecins chevronnés, ces douze mois d?internat ne suffisent pas de nos jours pour parfaire la formation d?un médecin. « La médecine est tellement vaste », explique un généraliste. « Il est très important que les jeunes soient davantage exposés aux différents domaines avant d?être lâchés dans l?arène. Dans de nombreux pays, comme l?Afrique du Sud, l?internat dure deux ans. » Cela afin d?être plus efficace, pour mieux soigner le patient, mais aussi pour se mettre à l?abri des accusations de négligence médicale?

<B>Formation continue sous supervision</B>

Le président du Medical Council, le Dr Uday Ramjuttun, est pour le prolongement de l?internat. « Nous préconisons un internat de dix-huit mois ou plus, car nous sommes conscients qu?une année n?est pas suffisante pour préparer un futur médecin à travailler en toute indépendance. Une proposition en ce sens sera bientôt soumise au ministère de la Santé », affirme-t-il.

L?extension de l?internat ne privera pas le jeune de son statut de médecin. À l?étranger, poursuit le Dr Ramjuttun, après son internat, un jeune médecin travaille pendant trois ans sous la responsabilité d?un superviseur. Puis il doit passer l?examen du Member of the Royal College of General Practitioners avant d?être reconnu généraliste. « Après l?internat, on pourrait envisager que les jeunes travaillent dans un hôpital qui dispose d?un terrain de formation avec un programme de six mois dans chaque département. »

Malgré les nombreuses années d?expérience que compte la santé publique en internat, certains médecins s?inquiètent d?un manque d?encadrement des jeunes. « Il est nécessaire de revoir la politique de formation pour qu?elle soit plus détaillée. Les superviseurs doivent être formés pour enseigner et mieux encadrer ces jeunes. Je pense aussi à des case presentations où ils auront l?occasion d?étudier des cas et d?établir un diagnostic », explique l?un d?entre eux. Il souligne aussi le manque d?infrastructures appropriées pour accueillir les nouveaux venus. « En plus des vingt-quatre nouveaux médecins, nous accueillerons bientôt une centaine de jeunes formés à l?étranger. »

<B>Diplômés étrangers</B>

Son pays, c?est le Cachemire et pourtant, Gaurav Kesar a traversé tout l?océan Indien pour étudier ici. Quand il a reçu son diplôme, il a senti que tous ses efforts étaient récompensés. « C?est un grand moment pour moi, j?ai aimé ce travail constant que nous avions avec les professeurs. Vivre dans ce pays durant cinq ans, loin de mes parents, a certes été très difficile ! » Il ne mâche pas ses mots. C?est en traversant l?Inde qu?il tombe sur une demande d?admission au SSR Medical College. Gaurav n?a pas hésité. Ce qu?il apprécie avec ce collège, ce sont les stages qu?ils ont faits à l?hôpital de Rose-Belle et à Candos à partir de la seconde année.

Si Gaurav a choisi d?étudier la cardiologie en Inde, son compatriote Imtiaz Ahmed en a décidé autrement. « Je profiterai de passer encore deux semaines à Maurice avant de retourner en Inde. Il faut encore que je passe un examen d?aptitude dans mon pays avant de pouvoir exercer? », dit-il. Il se dit triste de devoir quitter notre pays. parle des facilités offertes aux étrangers à Maurice, telles que le logement sur le campus, frais d?études notamment pour lesquelles dépensé $ 26 000.

Mais ce n?est pourtant pas ce coût qui limite l?entrée des étrangers dans ce collège. Accompagnée de sa fille Danika, 7 ans, Aline Harbec-Atchia, une Canadienne établie à Maurice, s?est donné corps et âme durant ces cinq ans. C?est sa rencontre avec son époux mauricien qui l?a conduite chez nous. « Ça a été très difficile. Il fallait tout planifier d?avance et c?est mon époux qui a écopé de tout le stress ! » Elle suivra aussi l?internat d?un an proposé par le collège. Mais l?ambition de cette ancienne enseignante de sport va plus loin. Aline Harbec-Atchia souhaite exercer au Canada. « Pour une première expérience, la qualité est excellente, les professeurs indiens et mauriciens aussi. Mais il faudrait organiser un peu plus d?activités parascolaires ! » Ce collège mérite amplement de recevoir un budget plus important, comme l?a promis Navin Ramgoolam, qui l?avait lui-même inauguré, il y a six ans.

QUESTIONS À

<B>Sutej Jugessur,diplômé du SSR Medical College</B>

<B>« Nous devons aller plus loin »</B>

<B>Quel effet cela fait d?être le premier parmi cette première cuvée de diplômés ?</B>

Ça fait un grand bien ! Il faut dire que pendant cinq ans, je n?ai pas arrêté, c?était des révisions tous les soirs ! Il y avait de la compétition. J?étais obligé d?apprendre comme je l?ai fait au collège Royal de Port-Louis pour mon HSC.

<B>Quels sont vos projets maintenant ?</B>

Je ferai mon internat à Candos. Ce sera très dur aussi, avec les nuits où je serai de garde. Mais j?espère obtenir une bourse pour le post-graduate, car je suis quand même sorti premier. J?aimerais me spécialiser en médecine interne ou en gynécologie.

<B>Que pensez-vous des gens qui ont une mauvaise conception des études supérieures à Maurice ?</B>

J?avais aussi ces préjugés au début, mais j?ai compris très vite que je me trompais ! Le niveau est très haut, nous avons même reçu les félicitations de l?International Advisory Committee qui ne s?attendait pas à avoir un tel niveau. Je pense que cette mentalité changera avec le temps. À l?heure actuelle, nous sommes reconnus internationalement, mais nous devons aller encore plus loin.

Publicité