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« Mon plus grand défi : prouver la culpabilité de Bernard Maigrot »
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« Mon plus grand défi : prouver la culpabilité de Bernard Maigrot »
<B>Après quatre années dans un placard à la SMF, vous retrouvez la CID de Curepipe, avec, à la clé, une promotion. Tout est bien qui finit bien ?</B>
Mon retour n’est que justice. J’ai été injustement envoyé au garage de la SMF à la suite de malveillances de la part de certaines personnes qui me jalousaient. Ramanooj Gopalsingh, le commissaire de police (CP), avait été très mal conseillé, et il y a eu des pressions politiques pour que l’on se débarrasse de moi. Je tiens à le remercier de me redonner la possibilité de mettre mes compétences au service du pays.
Il m’a demandé de suivre tous les dossiers en suspens à Curepipe et à Vacoas. Je suis très enthousiasmé à l’idée d’enquêter sur des cas non résolus. Je veux apporter mon concours pour aider, guider et motiver les hommes de terrain.
Quant à ma promotion comme assistant surintendant de police (ASP), elle me paraît insuffisante, vu que de nombreux jeunes policiers ont été promus et ont atteint de plus hautes responsabilités que moi. Je me dis simplement que la contribution de la majorité de ces jeunes est bien moindre que la mienne. Dois-je rappeler que j’ai mis ma vie en danger en combattant les membres de l’escadron de la mort ?
À l’étranger, cette bataille menée au péril de ma vie aurait été autrement rétribuée. Ici, en guise de récompense, on m’a envoyé au garage de la SMF !
Mais le peuple apprécie beaucoup mon retour. La preuve ? Le nombre impressionnant de personnes qui me téléphonent et qui m’écrivent pour me féliciter.
<B>Vous êtes donc une figure populaire au niveau national…</B>
Je constate que la population mauricienne demande des résultats et déplore la montée de l’insécurité et le breakdown du Law & Order. Je côtoie la souffrance des proches des victimes, et je connais leur douleur. J’aide à rendre la vie des Mauriciens plus sûre et les familles à faire leur deuil. D’où ma popularité.
Le CP qui vous a « placardisé » est le même qui vous réhabilite. Entre-temps, il y a eu un changement de gouvernement. Y a-t-il cause à effet ?</B>
Ce ne sont là que fabulations de journalistes. Je l’ai dit et le redis : le CP avait été mal conseillé et, poussé par des éléments liés à la politique, il m’avait envoyé à la SMF. Je ne le cache pas : j’ai eu un clash avec le CP quant à ma sécurité et à celle de ma famille. Cela a eu pour conséquence mon transfert et l’erreur capitale de me dessaisir de mes enquêtes. Nous avons perdu du temps et plusieurs investigations n’ont toujours pas abouti. Cela dit, j’ai été « victimisé » pendant quatre années. Mais, maintenant, comme le dit Navin Ramgoolam, il faut que bef travay, bef manze.
<B>On dit que vous êtes proche du PM et que votre réintégration serait due au fait que votre épouse a fait campagne…</B>
C’est bien que le nouveau PM sache reconnaître et réparer certaines injustices commises. Je n’ai ni rencontré, ni parlé au nouveau Premier ministre. C’est le CP Gopalsingh qui m’a réintégré à la CID.
<B>Vous ne niez pas que de nombreuses personnes vous ont accusé et vous accusent de brutalités policières…</B>
Je ne le nie pas. Mais regardons les choses calmement : tous ceux qui m’ont accusé de les avoir forcés à faire des aveux sous contrainte sont derrière les barreaux, sanctionnés par la justice.
Si les magistrats avaient eu le moindre doute, les tribunaux n’auraient pas condamné ces accusés. Ils auraient été acquittés et moi, poursuivi et condamné. À chaque fois que l’on m’a accusé d’usage de la force pour obliger des accusés à faire des aveux, les tribunaux m’ont donné raison. Croyez-vous que je procède à l’arrestation de personnes pour mon plaisir ?
Quant aux cas de brutalités policières, je crois qu’il faudrait se poser une question : pourquoi, quand un policier est blessé ou agressé, on dit que cela s’est passé dans le feu de l’action, alors que quand c’est l’accusé, on brandit tout de suite la brutalité policière ?
Dans le cas de Martine Desmarais, entre autres, la justice ne s’est pas encore prononcée…
Oui, et c’est pourquoi je ne commenterai pas cette affaire. Laissons la justice suivre son cours. Je suis très confiant…
<B>« À chaque fois qu’on m’a accusé d’user de la force pour obliger des accusés à faire des aveux, les tribunaux m’ont donné raison. »</B>
<B>Certaines personnes estiment que Bernard Maigrot, accusé du meurtre de Vanessa Lagesse, risque de s’en sortir à cause des accusations d’aveux soutirés sous contrainte et de brutalités policières…</B>
Je ne puis commenter une affaire en cours. Mais j’attends avec beaucoup de sérénité et d’excitation le début du procès. C’est de loin le plus grand défi de ma carrière : prouver la culpabilité de Bernard Maigrot et résoudre le crime atroce de Vanessa Lagesse.
<B>On met à l’actif de votre équipe, la résolution d’un certain nombre de cas difficiles. Lequel vous rend particulièrement fier ?</B>
Fier ? Plutôt très satisfait. Il y en a plusieurs : l’affaire Vanessa Lagesse, Gorah-Issac, Cheniart… Mais, j’ai un très bon souvenir d’un crime commis en 1996 : l’affaire Jugessur fut résolue en 24 heures alors qu’elle paraissait extrêmement difficile à première vue.
Avez-vous reconstitué cette équipe de limiers ?</B>
Non. J’ai sous mes ordres une quinzaine d’éléments. Pendant mon « exil », on a démantelé mon ancienne équipe. Ainsi, deux de mes plus proches collaborateurs, Robert Raimbert et Siddick Fareedun, ont été priés de faire valoir leurs droits à la retraite. Mais l’important aujourd’hui, c’est de prendre notre travail à cœur et de motiver tous les membres de notre équipe.
Quels sont les dossiers prioritaires sous votre responsabilité ?</B>
Ma tâche aujourd’hui est d’aider à donner des repères en ce qui concerne les enquêtes restées en suspens. Le CP m’a confié comme travail d’aider à résoudre certains cas comme le double meurtre de Bassin-Blanc, la disparition d’Ackmez Aumeer, etc. Comme je l’ai dit : je suis toujours sensible à la douleur des proches des victimes et je compte dans les jours qui viennent, aller rendre visite à toutes ces familles…
Pourquoi ces cas n’ont toujours pas été conclus ? La police manque-t-elle de moyens ? Est-ce un problème de formation des policiers ?</B>
Je pense que certaines enquêtes ont été mal menées… Nous avons probablement souffert du fait que les responsables de certaines enquêtes ont été lamentables et/ou, ont eu des bâtons dans les roues… Les enquêtes les plus difficiles n’ont jamais abouti alors que des résultats positifs ont été notés dans des cas simples. Il nous faut revenir aux bases de l’investigation, reprendre tout à zéro et remonter le fil de l’enquête. Toutes les pistes doivent être étudiées et suivies.
<B>Après certains crimes odieux, beaucoup réclament la réintroduction de la peine capitale. Prem Raddhoa est-il pour ou contre la peine de mort ?</B>
Je crois que l’important est d’éradiquer le crime et de punir les criminels. Mais je ne suis pas pour la peine de mort, car je ne pense pas que cela changera quoi que ce soit quant à la fréquence des crimes.
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