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Buckland contre l?Amérique

11 août 2005, 00:00

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Le plus dur, en sport, n?est pas d?arriver au sommet, mais de s?y maintenir. Et les plus beaux champions sont précisément ceux qui ne cèdent pas à l?usure, qui résistent à l?épreuve du temps.

Stéphan Buckland n?a peut-être que 28 ans. Mais les plus grands consultants de la presse sportive le reconnaissent aujourd?hui comme ?un vieux routier du 200 mètres?, ?un habitué des plus grands rendez-vous?. Des compliments que lui valent son étonnante régularité au plus haut niveau de l?athlétisme mondial. Car avant Helsinki 2005, rappelez-vous, il y avait eu Edmonton 2001, Paris 2003 et Athènes 2004. Tout un programme.

Ce soir, l?Express de Mangalkhan s?élancera pour ce qui pourrait bien devenir la course référence d?une carrière déjà exceptionnelle, très certainement la plus flatteuse de l?histoire du sport mauricien, toutes disciplines et toutes générations confondues.

Le septième couloir qu?a hérité notre Buckland national n?est certes pas le meilleur, loin de là. Tous les athlètes vous le disent : partir de l?extérieur, c?est partir en aveugle. Et le Mauricien va très vite sentir souffler dans son dos un vent violent venu des Etats-Unis d?Amérique.

Avec Justin Gatlin dans le six, Tyson Gay dans le cinq, John Capel dans le quatre et Wallace Spearmon dans le trois, excusez du peu, Buckland aura forcément la désagréable sensation d?être pourchassé par quatre B-52 de l?armée américaine. Et, autant le dire tout de suite, le Mauricien a intérêt à soigner son temps de réaction sur ce coup-là. Un nouveau 0.172, on l?a compris, le privera à coup sûr d?un podium mondial dans un 200 mètres qui, moyennant des conditions climatiques plus clémentes, pourrait accoucher d?un sub-20.

Mais c?est précisément parce qu?il sera sous pression d?entrée qu?il faudra ce soir compter sur un Buckland plus expérimenté, plus fort et plus déterminé que jamais, un Buckland étonnamment facile, léger et fluide lors des séries.

Il y a quatre ans, au lendemain de son épopée royale d?Edmonton, épopée qui lui avait permis de se révéler aux yeux du monde, nous écrivions, dans ces mêmes colonnes, que Dieu reconnaîtra un jour les siens, que le tour de Buckland viendra.

Ce jour est peut-être venu. Alors, croisons les doigts et prions.

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